Il aura fallu attendre 15h30 ce vendredi pour que le verdict tombe : le Tribunal de commerce de Rennes a accepté l’offre de reprise du fonds Breizh Rebond, qui devient actionnaire « très majoritaire » de l’industrie agroalimentaire La Trinitaine, placée en partie en redressement judiciaire depuis octobre dernier. « Nous injectons plusieurs millions d’euros », concède à dire Xavier Lépine, président de Breizh Rebond, gardant confidentiel le montant exact de l’investissement. Reste que cette reprise est la plus importante, en termes de valeur, opérée par ce fonds d’investissement régional, qui compte désormais onze entreprises dans son portefeuille de gestion.
Dans le cadre du plan de cession de La Trinitaine, Breizh Rebond conserve uniquement la partie « Biscuits secs », soit la production historique et originale de cette entreprise familiale, à plus forte valeur ajoutée. La partie « pâte jaune » – destinée principalement à la GMS et aux marques distributeurs – est quant à elle abandonnée sur l’autel de la viabilité de l’outil industriel. « Certes plus importante en volume (90% sur 5 lignes effectives), la production de pâtisserie industrielle ne dégageait aucune marge depuis plusieurs années. Elle n’est donc pas intégrée à notre plan de reprise », détaille Xavier Lépine. Conséquence : 84 emplois sont supprimés sur les 128, au total, dédiés à la partie production. « On ne peut que le déplorer, et sommes mobilisés pour trouver des solutions à chacun des collaborateurs concernés » , poursuit le nouvel actionnaire.
Florent Coëffec, nouveau président
Autre changement : Yann Petit, 3e génération du nom à diriger le groupe familial (l’entreprise a été créée en 1955 par ses grands-parents Lucien et Lucienne Petit), cède les rênes de l’entreprise à Florent Coëffec, directeur général de La Trinitaine depuis 2019. Ce dernier est nommé Président du groupe par Breizh Rebond, et honorera sa nouvelle fonction à compter du 28 janvier. La famille Petit, pour sa part, reste propriétaire des murs. « Sans Breizh Rebond, La Trinitaine aurait disparu. Nous avons rencontré de sérieuses difficultés ces dernières années, aggravées par le covid, la crise énergétique, la flambée du prix des matières premières… Aujourd’hui, nous sommes soulagés de cette reprise par un fonds qui plus est régional, qui saura préserver l’ADN de cette entreprise familiale. Même minoritaire au capital, nous resterons actifs, au service de l’avenir du groupe », rapporte Yann Petit, qui devient membre du Conseil de surveillance de La Trinitaine.
Revenir à un équilibre financier
L’avenir justement, est dans un premier temps de « stabiliser l’activité afin de « revenir à un équilibre financier d’ici 12 à 15 mois », explique Xavier Lépine. Plusieurs axes de développement seront ensuite explorés comme le renforcement du réseau de boutiques en nom propre (47 actuellement), l’export (entre 10 et 15% des ventes aujourd’hui) et le E-commerce (canal déjà prédominant). Pour sécuriser l’ensemble et les perspectives, Breizh Rebond abonde également au capital de la holding et du réseau de distribution interne au groupe. « Notre réseau de boutiques va devenir notre premier client, englobant plus de 50% du volume produit. La Trinitaine est une marque à forts affect et potentiel, nous saurons poursuivre sa trajectoire et continuer d’écrire sa belle histoire », confirme Florent Coëffec, son nouveau président.
En 2025, le Groupe La Trinitaine a réalisé 59 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le périmètre de reprise opéré par Breizh Rebond, à savoir la production de « biscuits secs » et leur vente, est limité à 25 millions.



