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Agriculture : la Région Bretagne veut garder la main sur les fonds européens pour mieux accompagner la transition des exploitations

Véronique Maignant, le 02.09.2019

À quelques jours de l’ouverture du SPACE, le président du Conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais Girard, réaffirme sa volonté d’accompagner la transition des agriculteurs bretons. Celle-ci passe par une aide à l’installation et la préservation du foncier, la modernisation des exploitations mais plus encore le maintien, à l’échelle régionale, de la gestion des fonds  européens au delà de 2020.

le président du Conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais Girard,

Avec un budget dédié de 28 M€ et la gestion de 370 M€ fonds européens (FEADER) pour la période 2014-2020, la Région Bretagne s’est fixé comme priorité d’accompagner la transition des exploitations agricoles. Ainsi depuis 2015, 195 M€ ont été dédiés aux Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC) et aux aides à l’agriculture biologique (107,5 M€ FEADER / 22 M€ Région Bretagne / autres financeurs Etat et Agence de l’eau), deux outils majeurs du second pilier de la PAC pour accompagner le changement des pratiques agricoles. Désormais, 3 000 exploitations sont en agriculture biologique (sur un total de près de 26 800 exploitations recensées en Bretagne).

 

Aide à l’installation et préservation du foncier

La Bretagne est la région où l’on compte le plus de créations ou reprises d’exploitations en France. La Région indique avoir accompagné 471 agriculteurs dans leur projet d’installation en 2018.  Cette aide pose la question du foncier disponible. Loïg Chesnais-Girard l’a d’ailleurs rappelé dans le cadre d’une déclaration, le 22 août, lors du débat autour de l’usage des pesticides : s’il appelle de ses vœux l’arrêt de l’usage des pesticides, dans un cadre législatif clair qui accompagne les agriculteurs dans ces changements de pratique, il précise « ...cette discussion nécessite un corollaire : que nous nous attaquions aussi à la disparition des terres agricoles, grignotées par les lotissements et zones d’activités. Ce combat-là est tout aussi important si l’on veut continuer à assumer notre souveraineté alimentaire, mais aussi à lutter contre l’effondrement de la biodiversité ».

 

Modernisation des exploitations

Autre axe soutenu par la politique régionale : la modernisation des exploitations agricoles. L’enjeu est ici d’accompagner les agriculteurs dans l’amélioration de la compétitivité via des exploitations plus performantes d’un point de vue énergétique notamment. A travers le Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAEA), 190 M€ de soutiens publics (dont 53 M€ de la Région) ont été engagés depuis 2014 afin d’aider 9 200 exploitations qui ont investi plus d’1 milliard d’euros pour se moderniser.

La Région a notamment lancé en mars dernier un appel à projets pour développer l’agri-photovoltaïque pour aller vers l’autonomie énergétique. 170 dossiers sont en passe d’obtenir un montant total d’aides d’ 1,7 M€. Ces projets représentent, au total, la production nécessaire à la consommation électrique de 1 500 foyers bretons.

Dans le cadre du plan de soutien à la filière volaille, acté fin 2018, la Préfecture, la Région et les acteurs de la filière ont également lancé un plan pour moderniser les bâtiments : «  Ce soutien a pu être décrié ces derniers jours, mais ce sont ici des enjeux de souveraineté alimentaire de la France qui sont en question. Dans le contexte actuel de marché, si notre pays ne souhaite pas être tributaire uniquement d’importations de poulets, la France –et la Bretagne en particulier- doit continuer à produire de la volaille pour satisfaire la demande des consommateurs. La Région Bretagne a pris sa part de responsabilité en investissant 5 M€ dans le plan volailles. Elle veut ainsi accompagner une montée en gamme et le déploiement d’une filière amont performante et durable ».

Selon la Région, l’enjeu, aujourd’hui, est qu’en France et en Europe, on soit en capacité de produire les protéagineux en quantités suffisantes pour nourrir nos cheptels et donc viser l’autonomie protéique. 

 

Fonds européens : préserver une gestion régionale

Toute cette dynamique régionale est dépendante des orientations européennes. Alors que les discussions sont en cours pour définir la Politique Agricole Commune d’après 2020, la Région Bretagne se mobilise pour que les fonds FEADER (2e pilier de la PAC) soient gérés à l’échelle régionale. Coordinateur de la Coalition des AgriRégions* Sa volonté est de convaincre et de prouver, par l’exemple, à quel point l’efficacité de la PAC repose sur la prise en compte des spécificités locales qui permettent d’adapter les réponses aux réalités et besoins de chaque territoire. A l’occasion du SPACE, elle réunira les AgriRégions pour deux jours de travail en vue de rédiger un manifeste formalisant la position et les actions engagées auprès des instances décisionnaires européennes. 
 

*Réseau de 14 régions de 6 pays de l’UE, créé en 2018, qui vise à défendre une future PAC plus équitable & durable ainsi que le maintien de l’échelon régional dans sa mise en œuvre.


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