Fondée en 2016 à Lorient, l’entreprise SEAir s’est imposée par sa technologie et son savoir-faire unique : faire voler les navires. Après avoir fait ses armes dans le domaine du luxe (yachts et super-yachts) et du service (taxis marins VIP), la PME bretonne trace sa voie dans le secteur fermé et exigeant de la Défense. Repérée par l’Agence européenne de Défense, SEAir coordonne le projet Arrow pour la construction d’un navire drone de 12 mètres. Pour soutenir cette accélération, l’entreprise finalise une levée de fonds de 4 millions d’euros, destinée à passer du démonstrateur au produit industrialisable.
La technologie de SEAir apporte une réponse concrète aux défis de la marine moderne et des flottes militaires. « En faisant voler le bateau, on réduit la consommation de carburant de 50 %, ce qui permet de doubler l’autonomie des missions. Plus important encore, la stabilité offerte par les foils permet de naviguer à haute vitesse même par mer agitée, là où les drones classiques sont forcés de ralentir. Cette stabilité est cruciale pour que les radars et capteurs embarqués restent précis, offrant ainsi un avantage tactique décisif », explique Richard Forest, fondateur et président de SEAir.
Soutenue par l’Union européenne
Pour conforter son passage de bureau d’études à constructeur de navires, SEAir a besoin de renforcer ses propres moyens pour accélérer sa transformation et répondre au marché porteur sur lequel l’entreprise est désormais positionnée. « La conception d’un drone de surface autonome de 12 mètres, financé à hauteur de 8 millions d’euros par l’Union européenne dans le cadre du projet Arrow, nous a permis de franchir un cap et d’intégrer une logique industrielle », souligne le dirigeant. C’est donc pour renforcer cette logique et rester leader sur le marché militaire des drones marins de 8 à 20 mètres – marché stratégique estimé à 5 milliards d’euros –, que SEAir finalise une levée de fonds de 4 millions d’euros.
Levier de souveraineté
« Ce tour de table est stratégiquement diversifié pour garantir l’indépendance et la croissance de l’entreprise », souligne Richard Forest qui sécurise cette transformation avec l’apport complémentaire de 9 millions de fonds européens et 3 autres millions d’euros de fonds institutionnels et industriels. Parallèlement, une collecte de financements participatif est ouverte sur la plateforme SouvTech Invest à destination des potentiels investisseurs individuels.
« L’ensemble de ce capital servira à financer le passage au stade industriel avec l’objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros d’ici 2030″, annonce Richard Forest qui peut s’appuyer sur l’expertise de la technologie déployée pour bâtir l’avenir de son entreprise. En dix ans, SEAir a vendu 16 navires sur quatre continents. « Ces plus de 10 000 heures de navigation ont permis de nourrir la R&D et tester la résistance des matériaux composites, la rétractabilité de nos foils et la précision des systèmes de pilotage automatique intégrés. Cette expérience a naturellement guidé notre transition vers le secteur de la défense nationale », conclut le fondateur et président de SEAir.



