Comme au premier semestre 2025, les entreprises bretonnes ont subi une baisse de leur activité au cours des six derniers mois avec un solde d’opinion qui se dégrade encore (-2 points en six mois) : seulement 20,5 % des entreprises ont enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires. Il n’y a que l’industrie à faire état d’un certain dynamisme , « portée par les produits informatiques- électroniques -optiques tandis que l’agroalimentaire a bénéficié d’une reprise de la consommation en fin d’année », précise Jean-Pierre Rivery, président de la CCI Bretagne .

Le secteur agricole est également impacté. « Alors que l’activité s’améliore pour les filières bovines grâce à la hausse du prix du lait et de la viande bovine, elle se dégrade fortement en porc en raison d’une baisse de la cotation (-40 cts/kg carcasse entre fin juin et fin décembre), observe Laurent Kerlir, Président de la Chambre d’Agriculture de Bretagne. Crises sanitaires (FCO qui impacte la production laitière, DNC et fièvre porcine), négociations sur le Mercosur, instabilité budgétaire, taxes à venir, les agriculteurs sont particulièrement inquiets et attendent une réponse de l’Etat en matière de soutien politique au niveau national et européen. »
Les artisans particulièrement impactés
Toutefois, ce sont les artisans qui semblent le plus impactés. Ils enregistrent la plus forte baisse d’activité par rapport à l’ensemble des activités économiques : 47,2% de baisse pour les artisans contre 45,8 % pour l’ensemble des secteurs. « 40% de nos ressortissants sont issus du bâtiment. La construction demeure dans une situation difficile avec une baisse d’activité de nouveau confirmée pour cette fin d’année 2025 (le solde d’opinion perd près de 9 points). Si l’on parle des commerces, on ne peut pas déplorer leur fermeture dans les centres et favoriser l’installation d’enseignes de la grande distribution par exemple dans des zones en périphérie. Certaines friches industrielles en cœur de ville pourraient être réhabilitées. Pour autant, certaines activités résistent, à l’exemple des boulangeries dont le nombre d’installation en Bretagne est supérieure à celui des fermetures », relève Michel Aoustin, président de la chambre des métiers et de l’artisanat (CMA). Dans ce contexte, les projets d’investissement et la rentabilité des entreprises interrogées se stabilisent à un niveau bas (12,3 % des chefs d’entreprise observent une amélioration de leur rentabilité contre 46,9% une dégradation). Point positif : l’emploi résiste encore, excepté dans la construction.
« Les projets de territoire passent par nous »

*Coceb : association créée en 1985 avec pour objectif de représenter les intérêts de 280 000 entreprises en Bretagne . La présidence tournante tous les deux ans est assurée, en 2026 par la CCI Bretagne




