La filière bois reste la première contributrice de la production d’énergie en Bretagne. Ainsi, en 2022 les chaufferies bois et le bois « domestique » totalisaient 32 % de la production d’énergie, avec 1,5 millions de tonnes de bois transformés en chaleur et en électricité. Une grande partie de la ressource en bois est d’origine régionale, seulement 10 % est importée, principalement de régions limitrophes. Cette consommation à usage énergétique a augmenté de près de 60 % sur les 15 dernières années (2007-2022). « Si la consommation de bois pour le chauffage domestique s’est développée (+20 % environ), c’est surtout l’essor des chaufferies bois, sous l’impulsion du Plan Bois Énergie Bretagne, qui explique cette hausse », souligne l’OEB dans sa publication.
La moitié des maisons bretonnes chauffée au bois

En matière de chauffage domestique, désormais 50 % des maisons individuelles sont équipées d’installations au bois, dont 80 % utilisent une source d’énergie alternative complémentaire. Les appareils à bûches sont largement majoritaires (77 % des équipements de chauffage au bois), alors que les appareils à granulés connaissent une croissance significative, passant de 3 à 23 % en dix ans. Les circuits courts et informels sont prédominants pour l’approvisionnement en bûches (60 %). Seulement 16 % des utilisateurs de bois bûches passent par des circuits professionnels classiques.
Une récolte de bois en hausse de 45% en 10 ans

Face à cette pression sur la ressource, l’OEB pointe plusieurs leviers d’actions parmi lesquels : l’exploitation des feuillus issus des forêts, sous couvert d’adaptations techniques de la filière ; le regroupement des parcelles forestières privées, actuellement très dispersées, afin d’améliorer l’efficacité de leur gestion ; au niveau du bocage, la plantation de nouvelles haies et la gestion durable des haies existantes. « Outre ces défis liés à l’approvisionnement, le changement climatique intensifie les pressions sur la ressource en bois, en aggravant les sécheresses estivales et les inondations hivernales. L’accroissement annuel forestier ralentit, et la capacité des forêts bretonnes à fournir des services écosystémiques en est affectée : le stockage du carbone a été par exemple réduit de moitié en 10 ans », souligne l’OEB qui dans ce contexte appelle à un accompagnement de la filière pour préserver au mieux la ressource en bois.
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