Malgré les incertitudes liées aux évolutions de la situation sanitaire, l’activité des entreprises en France a presque retrouvé son niveau d’avant crise : 95 % selon l’Insee. Cet indicateur plutôt positif cache des disparités selon les secteurs d’activité mais nous révèle aussi que le rebond amorcé dès la mi-mai 2020 a été presque aussi fort que la chute enregistrée entre mars et avril. Dans ce contexte, les chefs d’entreprise bretons conservent un « optimisme modéré » selon la CCI Bretagne. Les amortisseurs sociaux et économiques lissent les conséquences du ralentissement économique.
« Après avoir chuté de 30 % au second trimestre, l’activité économique a continué sa remontée progressive en septembre et presque retrouvé son niveau d’avant crise. Cependant les 5% restants seront sans-doute difficiles à atteindre », indique Eric Lesage, Directeur régional de l’Insee. A la mi-octobre, l’institution maintient ses prévisions pour 2020, à savoir un PIB en recul de 9%, une baisse du nombre d’emploi de 3% et un pouvoir d’achat en recul d’un point.
« Les mesures de soutien accordées par l’Etat aux ménages et aux entreprises ont permis de stabiliser la situation et limiter la destruction d’emplois ». C’est particulièrement vrai en Bretagne où l’emploi salarié a moins chuté qu’ailleurs en France au 2e trimestre 2020 : -2,2 % contre -2,8 %. Les chefs d’entreprise ont dans l’ensemble réussi à contenir leurs effectifs à l’exception notable des cafés-hôtels-restaurants (CHR), qui ont baissé de 12% au second trimestre. « Les intérimaires ont payé le prix fort avec 9 000 à 10 000 emplois détruits au second trimestre, au niveau régional ».
65 % des PME industrielles encore peu impactées

Des trésoreries encore solides
Cette crise ne ressemble à aucune autre. Aucune banque ne peut et ne doit l’analyser comme celles que nous avons connues jusque-là » constate Hervé Mattei, Directeur régional de la Banque de France. « Pour le moment, les trésoreries des entreprises sont encore solides. A fin septembre, 23 200 entreprises bretonnes se sont vu accorder un prêt garanti par l’Etat (PGE) pour un montant total de 4,5 milliards d’euros ». Pour 90 % de ces demandes de PGE, la somme demandée se situe entre 50 000 et 100 000 euros.

S’il est encore trop tôt pour miser sur le retour définitif de la confiance des dirigeants de PME, ils se montrent sensibles aux signaux envoyés par l’économie française et le plan de relance. C’est encore plus vrai, ici, en Bretagne où « aujourd’hui les entreprises affichent un dynamisme supérieur à la moyenne nationale », conclut Hervé Mattei.
CCI Bretagne : Enquête de conjoncture
Banque de France : Tendances régionales -Septembre 2020
Insee Bretagne : Tableau de bord conjoncture Bretagne




