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Medaviz

Start-up. La plateforme d'appels Medaviz mise sur la téléconsultation

Julie Menez, le 02.08.2017

La start-up vannetaise Medaviz est en pleine ébullition. Un agrément est en cours de finalisation pour que les médecins de la plateforme puissent prescrire des ordonnances. Une belle opportunité d'évolution.

A l'origine de Medaviz, il y a l'usage et l'expérience. D'abord, ces coups de fil qu'on passe à des copains médecins pour être rapidement rassuré au lieu d'angoisser sur Google... Cet usage d'un premier avis médical recueilli grâce à un appel à un ami, Stéphanie Hervier (experte marketing) et Guillaume Lesdos (auditeur) en ont fait l'expérience. Les deux autres cofondateurs de la société, Jean et Anne Spalaïkovitch, respectivement médecin et pharmacienne, l'ont vécu aussi... mais de l'autre côté ! "Jean Spalaïkovitch a dirigé l'Hôpital à domicile de Lorient pendant sept ans. Il était très régulièrement sollicité, la nuit et les week-end, par les Ehpads alentours qui avaient besoin d'un avis médical", raconte Stéphanie Hervier, directrice marketing de la start-up.

Un médecin joignable en trois minutes

Le quatuor imagine donc une plateforme téléphonique qui permettrait à tout un chacun d'avoir un professionnel de santé au téléphone, rapidement. "L'idée première, c'est la levée de doute et l'obtention d'une première réponse", explique Stéphanie Hervier. L'idée a germé en novembre 2014 et en mars 2016, Medaviz était en phase de tests. En effet, 18 mois auront été nécessaires aux confondateurs pour mettre sur pied leur projet. D'abord, le développement technique d'une plateforme téléphonique qui permet à chaque appelant d'être mis en relation, en moins de trois minutes, avec l'un des 70 professionnels de santé aujourd'hui recensés sur Medaviz. "Il y a eu aussi un travail au niveau des relations avec les institutionnels, l'Ordre des médecins, le ministère de la Santé...", se souvient Stéphanie Hervier. Une Web-appli a également été développée.

Des ordonnances ponctuelles

Actuellement, les praticiens de la plateforme peuvent recommander des médicaments sans ordonnance ou accompagner les appelants dans l'automédication. Mais une nouvelle étape s'apprête à être franchie. "Nous allons contractualiser avec une Agence régionale de santé pour obtenir l'agrément nous permettant de faire de la télémédecine. A partir de la rentrée, nous devrions pouvoir proposer des téléconsultations", annonce la directrice marketing. En clair, les médecins de Medaviz pourront délivrer des ordonnances ponctuelles aux patients qu'ils auront en téléconsultation. "Ce sera valable pour une prise d'antibiotique ponctuelle, mais pas pour un renouvellement d'ordonnance", précise Stéphanie Hervier.

Medavize, un modèle B2B2C

"En France, la santé est très bien prise en charge. C'est compliqué de faire payer les gens pour leurs soins", explique la directrice marketing. La start-up a donc choisi de développer son modèle principalement en B to B. C'est-à-dire que des complémentaires de santé ou des sociétés de services aux seniors mettent à disposition de leurs bénéficiaires des forfaits d'appels à la plateforme. Mais la formule séduit aussi les entreprises. "Par exemple, des cadres en déplacement à l'étranger qui font face à un pépin de santé peuvent appeler l'un de nos professionnels de santé pour échanger directement avec un médecin français." Dernièrement, Medaviz a signé un partenariat avec le Fonds d'action sociale du travail temporaire (FASTT) : 850.000 intérimaires peuvent à présent appeler des médecins, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Dans le Finistère, la commune de Landudec a choisi de mettre la plateforme Medaviz à disposition de ses habitants. "SOS Médecins n'intervient plus que dans les villes et on entend souvent qu'il faut désengorger les urgences. Il y a aussi la question des déserts médicaux...", justifie Stéphanie Hervier. Les professionnels de santé de la plateforme (généralistes, spécialistes, sages-femmes...) font le choix de travailler via Medaviz pour plusieurs raisons : "Certains sont en pré-retraite et diminuent ainsi progressivement leur activité. A l'inverse, il y a aussi de jeunes médecins qui ne veulent pas s'installer et qui ne font pas ça à temps plein. Il y a aussi des professionnels de santé qui ont suivi leur conjoint à l'étranger et qui ne peuvent pas y exercer. C'est pratique pour nous, en termes d'amplitude horaire pour les appels !", sourit Stéphanie Hervier. La directrice marketing évoque aussi des médecins à mobilité réduite pour lesquels le télétravail est une solution.

Une innovation récompensée

Après une première levée de fonds de 600.000 € réussie en juin, Medaviz en prévoit déjà une seconde, pour la fin de l'année. La start-up attend aussi de savoir quel sera le résultat de sa participation au concours "Gagne 100 patates". Son pitch fait partie des 100 vidéos retenues. Les dix start-up finalistes seront connues le 1er septembre, l'une d'entre elles remportera 100.000 euros.

Medaviz est habituée aux distinctions. Depuis son lancement, son parcours en est jalônné. Citons  par exemple, le Trophée de l'innovation 2015 de la CCI du Morbihan, catégorie Services ; la troisième place obtenue (sur 500 candidats au départ) à la BFM Académie, en 2016, et, dernièrement, l'ID de Bronze, catégorie Société, au Grand prix de l'innovation digitale, en juillet 2017.

Des prix qui participent à la visibilité de la société et à son rayonnement. "Nous recevons 15 à 20 appels par jour, venus de toute la France et même de l'étranger. Nous ne sommes pas encore au niveau d'un cabinet médical mais on s'en approche. Nous avons beaucoup de projets en cours", assure Stéphanie Hervier. 

 

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