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Jean-François Jaffres, 38 ans, dirige l'entreprise familiale qui s'est récemment agrandie pour augmenter sa capacité de stockage/
Photos : Simon Cohen
Jean-François Jaffres, 38 ans, dirige l'entreprise familiale qui s'est récemment agrandie pour augmenter sa capacité de stockage.

Minoterie Frances : une entreprise entre l'artisanat et l'industrie

Julie Menez, le 07.09.2017

L'endroit est calme mais l'activité intense. A Bohars, en bord de rivière, on s'active au Moulin Neuf, de la Minoterie Frances,où le bâti ancien cohabite harmonieusement avec une extension moderne et un équipement à la pointe. Une cinquantaine de types de farine y sont fabriquées et transportées dans les boulangeries, jusqu'à Saint-Brieuc et Vannes.

Jean-François Jaffres est tombé dans la farine quand il était tout petit. Il fait aujourd'hui partie de la quatrième génération à la barre de la Minoterie Frances, entreprise familiale depuis 1933, à Bohars (29). "Il y a eu mon arrière-grand-père, mon grand-père, mes oncles... et moi", énumère le dirigeant de 38 ans qui ne se voyait pas forcément meunier. Mais quand, après ses études d'ingénieur en agriculture, un de ses oncles lui propose de revenir, en 2001, Jean-François Jaffres accepte, d'abord pour voir. Les circonstances ont fait qu'il est resté et, en 2003, l'entreprise a fait l'acquisition d'un second moulin, à Plounéour-Lanvern.

Meunier ou minotier, est-ce un métier, est-ce une passion ? Le Finistérien a du mal à le dire. "Ca dépend des jours", sourit-il, en précisant qu'il habite près du moulin de Bohars et y passe donc beaucoup de temps... 

Une extension pour augmenter la capacité de stockage

Symbole et coeur de l'activité, le moulin, justement, a conservé sa belle façade en pierres et une turbine, datant de 1946, qui sera bientôt remise en état de marche. "C'est notre prochain projet. Ainsi, nous créerons du courant et de l'énergie". Car il en faut une certaine quantité pour emmener les céréales jusqu'en haut des cinq étages de l'édifice, qui a récemment été agrandi. "Ici, nous sommes dans l'extension de 220 m². Elle est faite en polycarbone pour privilégier la lumière naturelle", détaille Jean-François Jaffres. C'est une modification du Plan local d'urbanisme qui a rendu possible ce projet, déjà envisagé par Dominique Frances, l'oncle de Jean-François Jaffres. "Nous avons fait attention à ce que l'extension ne jure pas avec le bâti existant", raconte le dirigeant, qui a fait appel à un architecte de Plouguerneau.

Cette extension s'est accompagnée d'un nouvel équipement, à la pointe. D'abord, l'ensachage a été automatisé et les sacs se sont allégés pour passer de 50 à 25 kilos. La vitesse de production est aussi augmentée. "Avant, nous mettions 3/4 d'heure ou une heure pour mélanger deux tonnes de farine. Maintenant, c'est deux minutes", illustre Jean-François Jaffres. L'extension a surtout permis d'augmenter la capacité de stockage de l'entreprise, en témoignent les hautes étagères sur lesquels les sacs sont rangés par type de farine. "Du temps de mon grand-père, le moulin faisait quatre ou cinq farines différentes. Aujourd'hui, nous en produisons une cinquantaine. Cela vient des habitudes des consommateurs qui évoluent."

Une enveloppe FEADER importante

Le coût de ces récents travaux est de 1,3 M€. Avec l'aide d'une conseillère de la CCI métropolitaine Bretagne ouest, Jean-François Jaffres a pu obtenir une subvention du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), après avoir monté un dossier assez lourd . Il a ainsi eu droit à 150.661 € de subventions européennes et 133.605 € pour la Région Bretagne.

En dépit de ce nouvel équipement performant, Jean-François Jaffres ne prévoit pas pour le moment d'augmenter le volume de production. "Jusque là, nous travaillions à flux vraiment très tendu. Ca nous permet de calmer le jeu." Autre point important auquel il a fallu s'adapter : avec des sacs deux fois plus petits, le chargement et le déchargement des camions est deux fois plus long ! Pour faire face à cette problématique, Jean-François Jaffres s'appuye sur la polyvalence des 15 salariés du moulin. "Ils ont quasiment tous leur permis poids-lourd, dont certains ont été payés par l'entreprise. Ainsi ils peuvent livrer mais font aussi de la maintenance du moulin... J'ai observé que les gens polyvalents restaient davantage en poste, puisqu'ils s'ennuyent moins."

Des conseils directs en boulangerie

Six milles tonnes de blé sont écrasées chaque année. Du blé qui vient du centre de la France. "Ici, il n'y a pas de variété meunière et, quand il y en a, en raison des conditions climatiques, le blé n'est pas optimal pour être transformé", détaille le chef d'entreprise.

La Minoterie Frances fait partie du réseau Festival des pains et livre ses sacs de farine jusqu'à une ligne allant de Saint-Brieuc à Vannes. Son chiffre d'affaires est de 3,8 M€. Ses clients sont essentiellement des artisans boulangers (environ 150, soit 80 % du chiffres d'affaires) et quelques crêpiers-restaurateurs. "Le son est vendu aux agriculteurs pour l'alimentation des troupeaux", complète Jean-François Jaffres.

Conscient de faire partie d'une chaîne et que de la bonne santé de la minoterie dépend de la bonne santé des boulangeries, Jean-François Jaffres emploie deux personnes dédiées aux clients, en plus de l'équipe commerciale. "Nous aidons nos clients à se professionnaliser. Nous mettons à leur disposition un boulanger démonstrateur qui les aide à optimiser la fabrication du pain et aussi à organiser au mieux leur production. Et nous avons aussi quelqu'un qui les conseille pour la vente et le conseil", explique le chef d'entreprise.

Ce week-end, les choses s'inversent : ce n'est plus la Minoterie Frances qui va chez ses clients mais l'inverse. Des portes ouvertes réservées aux professionnels vont permettre aux boulangers de découvrir les lieux et tout le process de fabrication des farines. Plus de 500 personnes ont répondu présent, parmi lesquelles, quelques prospects. "Il y a quatre moulins dans le Finistère et pourtant certains boulangers font venir leur farine de plus loin. Faisons-nous connaître !"

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