Accès par territoire
Menu principal

Votre territoire


Lorima Lorient
Aude Sirvain
Vincent Marsaudon dirige Lorima, à Lorient. En plus des mâts en carbone, l'entreprise a récemment fabriqué un bras pour un télescope. Huit autres doivent suivre.

Lorima : une expertise technique reconnue sur la mer et dans le ciel

Julie Menez, le 13.04.2018

L'entreprise lorientaise, implantée sur l'ancienne base de sous-marins, est en pleine ébullition. En plus d'un carnet de commandes "bien rempli" pour la fabrication de mâts destinés à parcourir toutes les mers du monde, Lorima vient de finaliser un bras en carbone pour un télescope, dans le cadre d'un programme international de recherche. Un défi qui devrait lui ouvrir des portes.

Arrivé chez Lorima comme responsable d'atelier, Vincent Marsaudon dirige l'entreprise depuis une dizaine d'années. "De 17 salariés en 2009, nous employons aujourd'hui 35 personnes. L'activité ne fait que progresser, essentiellement grâce à des projets de récurrence de chantiers", se félicite le Morbihannais. Avec cette stratégie de récurrence, Lorima valide "25 à 30 % du chiffre d'affaires (6 M€) avant d'entrer dans l'année".

L'entreprise lorientaise fabrique des mats en carbone et fait partie des leaders du marché. La qualité de ses produits est reconnue par les professionnels du monde entier et Lorima a équipé plusieurs navires détenteurs de records dans des courses autour du monde.

Au départ des plus grandes courses

"Nous sommes fournisseurs officiels d'Imoca, rappelle Vincent Marsaudon. Nous faisons tous les mâts des nouveaux bateaux. Nous sommes en contrat jusqu'en 2021." Au prochain Vendée Globe, 80 % des compétitieurs auront un mât fait à Lorient. Lorima est aussi fournisseur officiel des foils de la Classe Multi50. "Cela nous a permis un beau ricochet commercial et les foils ont représenté 20 % du chiffre d'affaires en 2016", note Vincent Marsaudon.

Autre clientèle exigeante : celle des yachts de luxe. Le fabriquant lorientais travaille ainsi régulièrement avec les chantiers monégasques Wally, concepteur de grands voiliers de luxe. "Nous avons de gros concurrents mais nous n'avons pas à rougir sur la partie technique. Et sur la partie business, on sort notre épingle du jeu", assure le dirigeant. Actions de prospections sur des salons internationaux, déplacements dans les chantiers, réseaux sociaux mais aussi présence lors de régates à Saint-Tropez ou à Palma de Majorque : Lorima a gagné en visibilité et en notoriété.

Des mâts au bras d'un télescope géant

Aujourd'hui, l'entreprise morbihannaise va même tutoyer les étoiles. En effet, elle collabore avec le Centre national de recherche scientifique (CNRS). Il s'agit d'une arche en carbone destinée à équiper un télescope nouvelle génération, dans le cadre d'un programme international de recherches. Cet immense appareil est destiné à scruter le cosmos. "Le CNRS nous a trouvés via notre site Internet. Un technicien de ce projet nous connaissait pour notre expertise dans les mâts", raconte le dirigeant de Lorima, qui y voit l'occasion d'aborder de nouveaux marchés

C'est surtout une aventure hors-norme : une prise de contact en 2012, de nombreux développements pour réaliser le produit parfait et la livraison d'une première arche aux Canaries, en mai. Huit autres doivent suivre. Pour mener à bien ce projet, Lorima a investi 250.000 €. L'entreprise a également sollicité des aides régionales et départementales afin de pouvoir construire le premier prototype. Pour cela, elle a bénéficié de l'accompagnement de la Chambre de commerce et d'industrie du Morbihan, habituée à épauler les entreprises dans leur recherche de financement. "Monter un tel dossier de demande de financement, c'est assez fastidieux", reconnaît Vincent Marsaudon, satisfait d'avoir été aidé pour cette étape.

Lorima a ainsi bénéficié d'une avance remboursable de 200.000 € de la Région et d'une aide de 87.000 € versée par le département. Outre l'aspect financier, il s'agit aussi d'une prouesse technique et humaine. "Il a fallu nous adapter pour travailler avec les techniciens et les chercheurs. On a fait énormément de tests sur les matières, les tubes..."

"Ce projet, c'est un risque que nous avons pris, mais un risque calculé", assure Vincent Marsaudon. Rien d'étonnant, de la part d'une entreprise comme Lorima, habituée à fréquenter le milieu compétitif de la course au large ou des grandes régates.

Taille du texte

L'évènement

Le 23 juillet à Rennes, "on en parle" au WTC : face aux sanctions américaines, quelle attitude adopter ?

Le 23 juillet  à Rennes, "on en parle" au WTC : Face aux sanctions américaines, quelle attitude adopter ?

Rendez-vous à partir de 17h 30 à la CCI Ille-et-Vilaine - découvrir programme et inscription