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Castel Landivisiau
Simon Cohen
Bruno Madec (à gauche), dirigeant de Castel, et Laurent Jézquel, directeur commercial, dans le site de production de Landivisiau où sont notamment produits des broyeurs à céréales.

Industrie du futur : Castel (29) veut innover et conquérir de nouveaux marchés

Julie Menez, le 15.12.2017

En activité depuis 1932, l'entreprise familiale Castel a su se diversifier en saisissant les opportunités et en s'adaptant aux marchés. Aujourd'hui, la PME finistérienne s'est bâti une solide réputation en France et veut à présent accélérer son développement en Europe. Pour se faire, elle mise notamment sur l'innovation et numérise toute sa chaîne de production. A terme, elle espère aussi proposer de nouveaux services à ses clients pour continuer de faire la course en tête.

Pourquoi l'entreprise Castel, qui conçoit, fabrique et installe des systèmes de manutention à Landivisiau, a-t-elle choisi le castor comme emblème ? Cela remonte aux tout débuts de celle qui fête ses 85 ans cette année. "En 1932, mon grand-père maternel, Yves Castel. était menuisier à Irvillac. Il assurait les réparations et la maintenance des moulins du secteur. Il travaillait le bois sur les rivières... comme un castor", sourit Bruno Madec. Cet ingénieur de formation a succédé à son père, Ronan Madec : il est la troisième génération à la tête de la PME. 

Aujourd'hui, la soixantaine de salariés de Castel - qui s'est depuis installé à Landivisiau - ne travaille plus le bois mais le métal en produisant des équipements sur-mesure pour le secteur agricole, le milieu portuaire, les exploitants de carrières et les usines de traitement des déchets. "Castel a commencé à faire de l'équipement d'élevage (silos, vis sans fin..) dans les années 60, au moment de l'essor des coopératives agricoles. Jusqu'en 1987, c'était le secteur d'activité essentiel de l'entreprise", rappelle le dirigeant.

Castel intervient dans quatre secteurs d'activité

En effet, l'année 1987 marque un tournant pour Castel. Encouragé par Maurice Hartereau, le président de la Chambre de commerce et d'industrie brestoise à l'époque (il le sera de 1980 à 1989), à candidater à un appel d'offres concernant le port de Brest. "C'était pour un tapis de quai et l'appel d'offre a été remporté : le début d'une grande aventure. On a démontré qu'on était capable d'intervenir sur du matériel de fort tonnage", se souvient Bruno Madec. Depuis, Castel a exécuté d'autres équipements pour quasiment tous les grands ports français : Calais, Caen, Saint-Brieuc, Lorient, Bordeaux...

En 1991, l'entreprise fait construire son bâtiment actuel, zone industriel du Vern, à Landivisiau, et double sa capacité de production. C'est aussi le moment où elle se fait connaître sur d'autres marchés : les équipements utiles au convoyage de minéraux (pour Eurovia, Lafarge...) et le traitement des ordures ménagères. Toujours dans les années 90 et en lien avec la crise de la vache folle, les agriculteurs font appel à Castel pour s'équiper en machines leur permettant de fabriquer eux-mêmes les aliments pour leurs bêtes. Dans tous ces secteurs d'activité, Castel rayonne sur l'ensemble du territoire français.

Développement à l'international : Castel veut accélérer

"Depuis 2010, notre objectif est l'export", précise Bruno Madec, directeur général de Castel depuis 1998. L'entreprise a rapidement emporté de beaux contrats en Afrique, pour équiper des ports gérés par de fidèles clients français : en Côte-d'Ivoire, au Sénégal, en Tunisie... Quant au matériel de stockage de céréales mis au point par la PME de Landivisiau, il a trouvé des acheteurs en Ukraine, en Pologne... Encore plus impressionnant, un système de traitement des ordures ménagères signé Castel est aujourd'hui installé en Australie.

Pour peser encore plus lourd sur le marché européen, Castel a fait appel à Bretagne Commerce International. Un diagnostic export a été réalisé avec une conseillère en développement international et l'entreprise finistérienne réfléchit en ce moment à "un plan de conquête commerciale au niveau européen". Parmi les leviers de croissance évoqués : des participations à des forums internationaux en Pologne, en Roumanie, en Belgique et en Allemagne. Castel y présentera l'un de ses produits phares, un broyeur à céréales.
 

600.000 € investis dans la numérisation des process

L'innovation est le second axe de développement de Castel. Au programme de ce qui représente un investissement global de plus de 600.000 € : la numérisation complète de l'ensemble de la chaîne de production, de la prise de côte à la production avant montage. L'entreprise a changé d'ERP (progiciel de gestion intégrée) et l'achat d'un scanner 3D va permettre le traitement rapide de données par des logiciels de CAO (conception assistée par ordinateur) et de FAO (fabrication). Castel envisage aussi d'acquérir un robot de fabrication et de soudage. 

Quatre personnes travaillent à présent au département innovation de l'entreprise. Une refonte de la gamme des produits agricoles est prévue : "L'objectif est d'en baisser le coût, de rationaliser la fabrication et de reconcevoir les produits pour les produire en robotique", énumère Bruno Madec, enthousiaste. Plus ambitieux encore, ces produits repensés vont permettre à Castel de proposer de nouveaux services à ses clients... mais il est encore trop tôt pour en dire davantage ! Avec ces évolutions, l'entreprise finistérienne dont l'exercice va de 8 à 10 M€, vise les 12 M€ d'ici 2020

Sensible aux enjeux de l'Industrie du futur, l'entreprise a fait appel à un conseiller de la CCIMBO-Morlaix afin d'être accompagnée dans des demandes de financements, auprès de BPI ou de la Région. 

Si ces innovations vont avoir un impact sur l'organisation de l'activité et les clients, avec l'arrivée de nouveaux services, les employés sont aussi concernés. "Ces nouvelles technologies vont s'accompagner d'une élévation des compétences des salariés", prévient Laurent Jézéquel, directeur commercial et "pur produit Castel". Dans l'entreprise depuis 19 ans, il y a occupé plusieurs fonctions, à l'atelier de production et au bureau des méthodes et au bureau d'études, puis comme chargé d'affaires, avant d'occuper son poste actuel. Une longévité et un attachement (réciproque) à l'entreprise qui rejoint l'une des valeurs de l'animal totem de Castel : la fidélité.

 

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L'évènement

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