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Jean-Luc Poder Bio
Simon Cohen
Jean-Luc Poder prend très à coeur les questions de sécurité des personnes et des biens au sein de l'entreprise Poder, à Mespaul et Plouvorn.

Dans le Finistère, Poder cultive son ancrage local au service du territoire et du bio

Julie Menez, le 06.05.2019

Cela fait près de 30 ans que Jean-Luc Poder s'attache à promouvoir une agriculture sans pesticide dans le Finistère Nord. Aujourd'hui, le grossiste en fruits et légumes affiche de belles performances économiques et garde le cap d'un engagement sociétal fort.

A l'origine de Poder Bio, il y a la terre. Ou plutôt une terre vivante, comme celle que le dirigeant nord-finistérien a appris à connaître auprès de son oncle producteur de lait bio, au début des années 80. Jean-Luc Poder, alors en plein milieu d'une formation commerciale, travaille sur l'exploitation l'été et fait rapidement sienne cette défense d'un sol vivant.

"J'ai démarré en 1990 par la commercialisation de choux-fleurs bio. En France, la consommation de bio était alors faible : 70 % du chiffre d'affaires était réalisés à l'export, dans les Pays nordiques, en Allemagne, en Hollande, en Suisse et en Angleterre", se souvient le dirigeant finistérien.

A 95 % en France

L'entreprise connaîtra plusieurs phases de développement, notamment portées par la création des contrats territoriaux d'exploitation (1998), défendus par le ministre de l'Agriculture d'alors Louis Le Pensec. "Il y a eu aussi la structuration progressive du réseau Biocoop, qui a participé à notre développement", note Jean-Luc Poder. De son côté, l'entreprise de Mespaul soutient la création du groupement Biobreizh (1997) et de la filière de pommes de terre Dour Den (2006). "On grandit les uns avec les autres." Car l'un des enjeux de l'essor de Poder Bio est, depuis le début, de permettre aux productions de planifier l'écoulement de leur production. "On se donne le maximum de visibilité sur les quantités dont on a besoin afin d'avoir un équilibre harmonieux entre l'offre et la demande." Ce sont ainsi 8.500 tonnes de produits qui sont commercialisés par an et écoulés à 60 % dans des réseaux de magasins spécialisés, et pour le reste en grande distribution et auprès d'entreprises de restauration commerciale ou collective, à 95 % en France.

En quatre ans, Poder a enregistré une croissance de plus de 70 %, portée par l'essor du bio. Une performance qui lui a valu une distinction lors de la dernière cérémonie du Carré, réseau d'entreprises du Nord-Finistère.

Aujourd'hui, Poder Bio a environ 150 références de légumes différents et quelques fruits, dont des pommes et des kiwis bretons (et quelques agrumes corses pour répondre aux besoins de la clientèle). "Au départ, je collectais les produits avec un camion, dans un périmètre de 30 km autour de Mespaul et Saint-Pol de Léon, précise Jean-Luc Poder. Aujourd'hui, c'est environ 50 à 60 km pour 70 % de l'approvisonnement."

Des chèques locaux nord-finistériens pour une entreprise ancrée dans le territoire

Le circuit-court, l'entreprise de Jean-Luc Poder l'intègre à un autre niveau. En effet, elle a fait partie des entreprises pilotes du dispositif de "Chèques cadeaux 100% Haut Finistère", proposé par la Chambre de commerce et d'industrie métropolitaine Bretagne ouest (CCIMBO) Morlaix. Depuis 2013, les chèques cadeaux 100 % Haut Finistère fédèrent 610 commerces et ont l'avantage d'inciter les salariés qui en bénéficient à consommer local. 

Plus récemment, c'est aux chèques culture 100 % Haut Finistère que l'entreprise a souscrit. Réservés aux magasins et établissements culturels du Nord-Finistère proposant des biens ou prestations à caractère culturel, ces chèques fonctionnent de la même manière que les chèques cadeaux 100 % Haut-Finistère. "Nous avons naturellement adhéré aux chèques cadeaux locaux car cela s'intègre parfaitement à notre démarche RSE : nous sommes une entreprise ancrée au coeur de notre territoire. Notre souhait ? Que ce territoire soit le plus dynamique possible", résume Jean-Luc Poder.

Une attention particulière à la maîtrise des risques

En effet, l'entreprise de 25 personnes qui a choisi pour slogan "Cultivons nos engagements" s'inscrit dans une démarche de responsabilité sociétale à laquelle Jean-Luc Poder est particulièrement attaché et qui remonte déjà à plusieurs années. "Tout est parti de Plato, se souvient le dirigeant. Après avoir fait l'accompagnement d'un an PBRH+, j'ai intégré un groupe Plato à Landivisiau et notre promotion s'est réunie pendant trois ans tellement le groupe était bien ! Ca m'a permis de 'retourner à l'école', c'est-à-dire de me former sur différents points de management, notamment. D'ailleurs, quand je croise certains dirigeants dont l'entreprise se développe bien, je suis prescripteur du réseau Plato !", sourit Jean-Luc Poder, encore très enthousiaste, plus de cinq après la fin de "son aventure Plato".

Outre un bon moyen de rompre avec la fameuse solitude du dirigeant ("même si on est proche de ses collaborateurs, il y a des problématiques sur lesquelles on est seul et qu'il est appréciable de pouvoir aborder avec d'autres dirigeants"), pour Jean-Luc Poder Plato a surtout été un vrai déclic quant aux questions de la sécurité dans l'entreprise. "Le témoignage de Magsi, à Sizun, a été marquant."

Après Plato, le Finistérien continue a réfléchir aux questions de la sécurité et de la maîtrise des risques en entreprise : "J'ai découvert que les entreprises ayant une démarche RSE étaient jugées plus performantes, plus résilientes, enregistraient moins d'absentéisme et avaient des salariés qui se sentaient mieux. Nous qui participions au développement d'une agriculture biologique plus respectueuse des sols et des hommes, il fallait que cela se traduise aussi dans notre approche managériale."

Labellisée Bioentreprisedurable

Et quand, en 2016, Jean-Luc Poder découvre le label Bioentreprisedurable, référenciel RSE inspiré de la norme Iso 26000, au cours d'une réunion du Synabio (Syndicat Réseau Entreprises Bio Agroalimentaires), en même temps que le label Generali Performance Globale, il se lance. "Nous nous sommes fixés des indicateurs. Nous avons amélioré le dialogue social, mis en place un comité de direction et fait en sorte que les informations circulent mieux ou encore changé les cafetières pour des modèles qui se coupent tout seuls pour réduire les risques d'incendie et même fait une reconnaissance pompiers", résume Jean-Luc Poder.

Labellisée Bioentreprisedurable en 2017, Poder vient de recevoir le label Generali Performance Globale décerné par sa compagnie d'assurance (*). "Nous avons eu un audit et nous sommes vus attribuer une note et des axes de progression. Nous nous sommes engagés sur un certain nombre d'évolutions... et nous sommes allés au-delà de ce qui était attendu", se félicite le Finistérien.

Les véhicules de la flotte sont progressivement remplacés par des modèles moins polluants et le chef d'entreprise affirme être en veille sur le gaz naturel vert. "Le gros des marchandises est écoulé en Bretagne et en région parisienne. Notre but n'est pas de faire rouler des camions à travers toute la France."

L'entreprise a aussi travaillé sa marque employeur et met en avant, dans ses annonces, comme sur son site Internet, ses valeurs : le développement durable, le bio et l'humain. "Nous n'avons pas de mal à recruter et le taux d'absetéisme est seulement d'1,2 %." Un peu à l'étroit, au siège, à Mespaul, Poder prévoit d'agrandir son site de conditionnement, à Plouvorn, à l'horizon 2020

(*) Pour saluer l'effort de Poder et de ses salariés, Jean-Louis Etienne, médecin explorateur sponsorisé par la compagnie d'assurance, viendra donc remettre le label au dirigeant. Pour l'occasion, ce dernier a pu organiser une journée spéciale qui permettra aux enfants de l'école de Mespaul d'échanger avec le célèbre aventurier, le 13 mai.

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