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Photos Simon Cohen
Pour Emmanuelle Legault, la réussite passe forcément par le collectif. Un avis partagé par Terence Carpentier, responsable de production qui a mis en place la politique de développement durable de l'entreprise, aujourd'hui animée par Aline Palmade.

Cadiou Industrie : à Locronan, l'entreprise familiale est toujours en mouvement

Julie Menez, le 22.09.2017

L'entreprise de menuiserie de Locronan a bien grandi depuis ses débuts il y a plus de 30 ans. Dirigée par Ronan Cadiou de 1973 à 2017, la société est aujourd'hui entre les mains de sa fille, Emmanuelle Legault, et de ses deux beaux-fils. Le trio a su prendre à bras-le-corps les problématiques et révolutionner l'organisation des ateliers grâce au lean management. 

Elle parcourt les ateliers à grandes enjambées, distribuant les bonjours, et finit par se camper devant un tableau à cases : "Vous voyez, pas besoin d'ordinateur pour savoir où en est la production du jour !", résume Emmanuelle Legault, présidente directrice générale de Cadiou Industrie, à Locronan (29). Cette méthode qui permet à la dirigeante et aux salariés de suivre ainsi l'activité, sans avoir à regarder un écran ou à analyser des courbes, vient du "lean management". Une méthode qui a révolutionné la vie de l'entreprise.

"Une entreprise peut crever à cause de sa croissance"

"Durant la saison 2012, on était complètement dans le jus !, grimace Emmanuelle Legault. On n'arrivait plus à tenir les délais et comme on travaillait pour des grands comptes, ils nous menaçaient de pénalités..." Si Cadiou Industrie se retrouve ainsi "dans le jus", c'est que l'entreprise a connu une croissance rapide. "En 2007, quand j'ai pris la suite de mon père, Ronan Cadiou, c'était déjà une belle entreprise de 150 salariés, avec un chiffre de 15 M€", se souvient celle qui n'avait alors que 30 ans et avait repris l'entreprise avec son mari, Jean-François Legault, et son beau-frère, Anthony Bihan.

Le trio donne une autre dimension à Cadiou, notamment en embauchant des commerciaux (ils sont 13 aujourd'hui, dans toute la France) et en musclant le marketing. Le savoir-faire Cadiou Industrie, mis dans les portails en acier ou dans les cuves, séduit bien au-delà de la Bretagne. L'entreprise marche bien, un peu trop même, jusqu'à ce fameux épisode de 2012 : "Nos capacités n'étaient pas adaptées aux volumes, on embauchait par vagues mais c'est un métier de savoir-faire, il faut du temps pour former les gens... Une entreprise peut crever à cause de sa croissance", résume la cheffe d'entreprise.

Mais la solution n'est pas loin : "Terence Carpentier, l'un de nos collaborateurs, est revenu d'une formation de quatre jours sur le lean management en me disant qu'il avait la baguette magique pour nous sauver. La solution à nos problèmes : le lean." Emmanuelle Legault parvient à convaincre le consultant formateur, basé à Strasbourg, de se rendre au chevet de la PME finistérienne. "Il y avait tout à mettre à plat. Un challenge pour lui mais aussi pour nous : un grand défi positif. D'ailleurs, on continue, il vient tous les quatre mois !"

Le lean et le développement durable pour philosophies

D'une boîte à outils, cette méthode est progressivement devenue une philosophie. Aujourd'hui, le lean fait partie du quotidien des 250 salariés de Cadiou. Emmanuelle Legault le résume assez simplement : "Chacun fait remonter les problèmes et on cherche les solutions les mieux adaptés. C'est difficile, ça implique de voir en face tout ce qui ne va pas mais c'est bénéfique pour avancer." Cette façon d'envisager les choses s'accompagne d'un véritable esprit d'équipe (chaque équipe fait un point de cinq minutes tous les matins, par exemple) et tend à responsabiliser chacun des travailleurs à tous les niveaux : qualité des produits, conditions de travail et développement durable...

Ce dernier point est particulièrement pris au sérieux chez Cadiou puisque, depuis dix ans, il fait partie des préoccupations. Tout a commencé par un Pré-diagnostic développement durable, à la CCIMBO-Quimper : une révélation. "Il y a toujours eu une notion de frugalité, chez Cadiou. On n'a jamais roulé sur l'or. L'économie de matériau est dans nos gènes. Notre cadre de travail, à Locronan, est au milieu de la nature, avec vue sur la mer. On est forcément sensibilisés à l'écologie. Là, l'éthique a rejoint l'économique."

En effet, Cadiou a alors des factures importantes de traitement de ses déchets : "100.000 €, c'était énorme par rapport à notre chiffre d'affaires !"

Terence Carpentier passe alors au crible les différentes bennes de l'entreprise. Il y découvre alors de vrais gisements. "Par exemple, les copeaux d'alu se vendent 400 € la tonne. On en a trouvé 20 tonnes dès la première année..." Ainsi, petit à petit Cadiou Industrie fait-elle la chasse aux déchets et, quand il n'y a pas moyen de faire sans, les transforme en ressources. 

"L'économie circulaire, c'est l'avenir !", s'enthousiasme Emmanuelle Legault, qui a partagé avec bonheur l'expérience de Cadiou lors des Blue Deiz, événement porté par la CCIMBO début septembre.

Deux nouveaux bâtiments

Aujourd'hui, Cadiou Industrie fait 50 M€ de chiffres d'affaires avec ses portails et 3,3 M€ avec les cuves. Les Finistériens ont lancé une gamme de portails premium, Kostum, récompensée d'un Trophée Kerneko cet été, et commence aussi à fabriquer des garde-corps. "Ca démarre très bien", assure la dirigeante.

Parmi les projets de l'entreprise, deux nouveaux bâtiments vont faire passer la surface de l'entreprise de 17.000 à 21.000 m². La première de ces deux constructions servira à stocker les matériaux, sans emballage, afin de réduire encore les déchets. "Ce sera aussi plus ergonomique afin de diminuer la pénibilité du travail de nos ouvriers", précise Emmanuelle Legault.

Le second bâtiment va répondre à une demande croissante de la clientèle de l'industriel : des portails avec des couleurs sur-mesure. A partir de mars 2018, les éléments seront donc peints directement à Locronan, dans ce futur atelier. "Il a fallu attirer un talent pour cette nouvelle activité... Le nôtre, il vient de Troyes. Avant de se décider à traverser la France pour nous rejoindre, il a contacté nos salariés. Il voulait savoir si ce qu'il avait lu sur notre concept managérial était vrai !", sourit Emmanuelle Legault. 

L'innovation pour moteur

Ce nouveau salarié trouvera, à la pointe finistérienne, une PME de 250 salariés qui organise depuis trois ans ses trophées internes. Un challenge auquel les employés participent en proposant des idées d'innovations, dont les meilleures sont récompensées... et mises en pratique. "L'idée d'un salarié peut se traduire en investissements lourds mais bénéfiques", s'enthousiasme Terence Carpentier, responsable de production. Par exemple le futur atelier de peinture ou encore une application de réalité virtuelle pour permettre aux clients de visualiser ce que donnerait leur jardin avec tel ou tel modèle de portails Cadiou. Le thème des prochains trophées ? La qualité de vie au travail... avec sûrement une multitude de bonnes idées à la clé.

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