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Fruitière du Val-Evel
Aude Sirvain
Amoureux du goût et passionné d'innovation, Frédéric Guillemin dirige l'entreprise familiale La Fruitière du Val Evel. Dans ses vergers, de la framboise de ronce que l'entreprise est seule à produire en France.

Agroalimentaire : à Naizin (56), La Fruitière du Val Evel cultive son goût de l'innovation

Julie Menez, le 16.01.2019

Fondée en 1962, La Fruitière produit des purées et des coulis de fruits distribués via des négociants et des revendeurs aux professionnels de la restauration. 80 % du chiffre d'affaires total, soit 8 M€ est fait à l'export. L'entreprise vient de s'équiper d'une ligne de pasteurisation à froid qui préserve au maximum les qualités organoleptiques des fruits.

Les ingrédients du succès de La Fruitière du Val Evel ? Du goût et de l'innovation. Pour cette entreprise qui se considère comme un "Petit Poucet" dans le monde du fruit (et le seul Breton), face à ses concurrents du Sud de la France, innover pour se démarquer est une nécessité. "Si nous n'avons rien qui nous distingue, nous ne pouvons pas nous battre", résume d'ailleurs Frédéric Guillemin, le dirigeant de La Fruitière du Val Evel.

Outre les Grands prix de l'innovation reçus au Sirha en 2011, pour ses Perles de saveur surgelisées (projet d'innovation Perlice Valorial, en 2010), et en 2013 pour son aide culinaire Pouss'&Rap, La Fruitière du Val Evel s'est surtout distinguée en introduisant en France, en 2015, la framboise de ronce. Hybride naturel d'un mûrier sauvage et du framboisier, ce petit fruit d'exception s'épanouit dans les vergers de l'entreprise familiale. Sa douceur supérieure à celle de la framboise lui a permis de conquérir les utilisateurs des produits de La Fruitière du Val Evel, à savoir des pâtissiers, des confituriers ou encore des glaciers.

Des purées et coulis de fruits qui s'exportent très bien

L'entreprise morbihannaise propose ses coulis et purées de fruits en surgelés (une cinquantaine de références) ou en frais (une vingtaine, majoritairement des purées). En plus de sa propre production de fruits rouges, La Fruitière se fournit essentiellement en France (catégorie Fruits du verger), en Europe (agrumes de Sicile) ou en Asie (Inde, Thaïlande, Japon pour les agrumes ou les fruits exotiques). Ces derniers sont réceptionnés déjà transformés. "Nous travaillons sur le long terme avec des sociétés qui ont la même vision que nous du métier, explique Frédéric Guillemin. Par exemple, il y a une dizaine de producteurs de mangues en Inde mais, évidemment, toutes ne travaillent pas de la même façon. Nous sélectionnons les entreprises qui ont le respect le plus abouti du travail du fruit."

Entrent alors en compte la sélection de la variété, la bonne maturité, le taux de pasteurisation, le respect des procédures. "Le plus important pour nous, c'est la sécurité sanitaire et alimentaire et les qualités organoleptiques : le goût, les saveurs, la couleur." Une exigence qui paye car les produits morbihannais sont reconnus par de nombreux professionnels, en France (comme le Meilleur Ouvrier de France Glacier Alain Chartier) et à l'étranger, de l'Amérique du nord à l'Australie, en passant par la Russie, le Moyen-Orient et l'Asie.

"Nos produits sont distribués dans une cinquantaine de pays et 80 % de notre chiffre d'affaires de 8M€ est fait à l'international. De façon générale, la cuisine française s'exporte... et les chefs aussi ! Alors, ceux qui ont l'habitude d'utiliser nos produits veulent pouvoir les utiliser quand ils vont travailler dans de grands restaurants, à l'étranger", note le dirigeant morbihannais. L'essor à l'international est aussi porté par la présence de La Fruitière du Val Evel sur de nombreux salons internationaux, et ce depuis ses débuts. L'entreprise y promeut son savoir-faire et son attachement au goût.

La Haute Pression, un process de pasteurisation à froid

C'est d'ailleurs pour conserver au mieux la saveur des fruits frais dans ses préparations que La Fruitière du Val Evel vient de réaliser un investissement d'1,3 M€ (qui a bénéficié d'une aide de la Région Bretagne) dans un process de pasteurisation à froid, baptisé Haute Pression. Après avoir lancé la gamme Frais HP en sous-traitance, en 2016, La Fruitière est équipée de sa propre ligne, depuis le printemps 2018. Cette innovation technique permet de pasteuriser sans élévation de température mais en soumettant les produits à une pression allant jusqu'à 6.000 barres. "Couleur et goût sont préservés au maximum", apprécie Frédéric Guillemin. Cette gamme fraîche, encore récente, compte déjà une vingtaine de référence et "a une progression à deux chiffres". Elle va continuer de s'étoffer durant l'année en cours et celles à venir, avec des parfums d'agrumes ou encore de prunes.

    Après avoir investi dans la robotisation de l'atelier de production (qui employe 25 personnes), il y a quelques années, La Fruitière s'est emparée d'un nouveau sujet. Au travers du dispositif Performance IAA, qu'elle a rejoint à la rentrée de septembre, l'entreprise, qui a enregistré une croissance de 13 % en 2018, veut continuer de gagner en performance.

    La Fruitière veut renforcer sa compétitivité

    Porté par les Chambres de commerce et d'industrie bretonne, ce dispositif donne aux industriels de l'agroalimentaire les clés pour renforcer leur compétitivité. "En tant que PME, nous n'avons pas forcément le support pour être performant dans chaque métier ou dans chaque domaine. Nous avons donc saisi cette occasion pour faire un point sur les différents services de l'entreprise." Après un diagnostic complet mené par un conseiller de la CCI, les pistes d'amélioration sont identifiées. "Nous pouvons nous améliorer en termes d'organisation, de management ou encore de logistique", estime Frédéric Guillemin. Une vraie remise en question qui nécessitera une prise de décisions de la part d'un dirigeant habitué à aller de l'avant. 

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