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Tourisme Bretagne
Véronique Maignant
Si la météo n'est pas toujours des plus estivales en Bretagne, la région bénéficie d'une image positive. Les touristes viennent pour son littoral, ses itinéraires de balade, sa gastronomie, sa culture, son patrimoine, son calme...

Tourisme : la Bretagne a un train d'avance

, le 25.06.2018

Avec 42 % du littoral français, sa richesse culturelle et son patrimoine, la Bretagne est la troisième région touristique de France. Et le tourisme représente 8 % du PIB breton. Pour rester une région attractive et dynamique, les acteurs économiques unissent leurs forces. Le mot d’ordre : innovation et ouverture.  

Parole d'élu

Simon Cohen

"Le tourisme représente près de 5 % des emplois en Bretagne. C’est un sujet sur lequel les CCI bretonnes sont mobilisées, notamment au travers de leur participation au Comité régional du tourisme, dont je suis trésorier. Les CCI accompagnent les entreprises du tourisme dans leur problématique de recrutement, via ses offres de formation. Mais nous nous engageons aussi sur la question des emplois saisonniers car l’hôtellerie-restauration peine à embaucher. Or, beaucoup d’entreprises de ce secteur pourraient embaucher à l’année si pendant les quatre mois d’hiver elles étaient exemptées de charges patronales. C’est une proposition sur laquelle nous travaillons.

Enfin, les CCI bretonnes encouragent leurs ressortissants du secteur touristique à miser sur un accueil le plus qualitatif possible. Il s’agit de tirer les infrastructures vers le haut tout en restant ouvert à tous les types de clientèles. C’est cela l’image de la Bretagne : une belle région, ouverte et responsable."

Jean-Paul Chapalain
Président de la CCIMBO-Morlaix et trésorier du CRT Bretagne

C'est une chance énorme : notre région bénéficie d'une forte identité. Les gens viennent pour les paysages, la tranquillité, le littoral mais aussi l'intérieur. La Bretagne est reconnue comme un territoire préservé", apprécie Anne Gallo, vice-présidente du conseil régional chargé du tourisme et présidente du Comité régional du tourisme (CRT) Bretagne depuis 2015.

Pour l'élue, la Bretagne a tous les atouts pour se positionner comme une destination phare du slow-tourisme, c'est-à-dire un tourisme au grand air (pur et iodé !) et déconnecté. Par exemple, reconnus comme particulièrement apaisants, les chemins de halage bretons enregistrent une hausse de 6 % de leur fréquentation.

"En Bretagne sans ma voiture"

La Bretagne attire chaque année 83 % de touristes français et 17 % d'étrangers. Si les familles prennent encore beaucoup leur voiture, la mise en service de la ligne à grande vitesse  a incité la direction régionale de la SNCF à travailler avec l'ensemble des acteurs du territoire à "inventer le TGV et la vie qui avec". De cette initiative est née : "En Bretagne sans ma voiture".

7 à 8 % des touristes qui visitent la Bretagne arrivent par le train. 350.000 foyers  parisiens n'ont pas de voitures et les Anglais, les Allemands, les Hollandais ou encore les Espagnols et les Italiens sont de plus en plus nombreux à venir. "De toute évidence, il manquait un maillon entre le moment où un visiteur arrive dans une gare et sa destination finale. Historiquement, le monde des transports publics est tourné vers les habitants, beaucoup moins vers les touristes. L'arrivée de la ligne à grande vitesse en Bretagne nous a donné l'opportunité de chercher des solutions et capter une nouvelle clientèle", indique Isabelle Camillerapp, responsable innovation territoriale à la SNCF Bretagne (en photo).

A Saint-Malo, Mobilect capte une clientèle touristique avec une offre tout électrique

Des séjours clés en main

D'où en 2015, la mise en place d'un groupe de travail réunissant l'ensemble des acteurs du tourisme, des transports et de la mobilité, privés comme publics mais aussi les institutionnels, au premiers rang desquels la Région, le CRT, les CCI en Bretagne et l'Ademe. Objectif : co-construire avec des hébergeurs bretons des séjours tout compris, alliant découverte du territoire et solutions de mobilités durable. "Notre défi était de permettre aux touristes d'atteindre leur lieu de séjour facilement en moins de quatre heures, se déplacer sur place et se divertir. Nous voulions que le touriste, en couple ou en famille se laisse vivre en toute simplicité, d'activité en activité, pour profiter d'une expérience de séjour innovante où même l'imprévu est prévu. La difficulté fut d'agréger le tout : réservation du train, de la voiture électrique ou du vélo, du séjour en hébergement touristique et des activités". Ils se sont bien évidemment appuyés sur des partenaires qui ont accepté les règles du jeu et également sur des agences spécialisées dans les séjours comme par exemple Funbreizh.

Le premier séjour clés en main tout compris a vu le jour au printemps 2017. "Aujourd'hui ce sont plus de 80 séjours 'En Bretagne sans ma voiture' qui sont disponibles via le site du CRT". Des séjours de deux ou trois nuits "sans mauvaise surprise où tout est vraiment prévu et programmé".  Il n'y a qu'à arriver en train et se laisser guider. Aussi bien pour découvrir la rade de Brest, la Côte de Granit rose, le golfe du Morbihan ou la Côte d'émeraude. En parallèle, le CRT a lancé une vaste action en faveur de la mobilité estimant que la Bretagne tenait là un atout différenciant. Pour imaginer de nouveaux circuits, chaque Destination peut s'appuyer sur le Trotter Game, un serious game conçu par CCI Innovation Bretagne

Sealoft, la maison flottante conçue à Lorient, un hébergement insolite

Priorité à la qualité de l'accueil 

Le CRT a "découpé" le territoire en onze destinations touristiques (dont une dédiée aux îles bretonnes) soit autant de séjours à faire. "C'est important qu'un touriste ait une idée de ce qu'il pourra visiter une prochaine fois. Chaque destination a sa stratégie de développement et de mise en valeur et il n'y en a pas que pour les côtes et le littoral ! La destination Cœur de Bretagne/Kalon Breizh a un potentiel énorme", note Anne Gallo.

La qualité de l'accueil et du service font partie des facteurs de fidélisation des vacanciers. Certes la Bretagne est connue pour sa chaleur humaine et sa cordialité mais "une entreprise doit avoir des réceptifs de qualité et adaptés si elle veut être pérenne. Les infrastructures doivent être le plus qualitatif possible", rappelle Jean-Paul Chapalain, élu à la CCI Bretagne et vice-président du CRT. Et cela est valable "pour tous les types de clientèle", insiste l'élu.

Mais il est parfois difficile d'avoir un service à la hauteur quand on manque de personnel, problématique à laquelle les professionnels de l'hôtellerie-restauration sont de plus en plus confrontés. "Ils ont du mal à recruter des saisonniers et les saisonniers ont eux-mêmes du mal à se loger car les endroits touristiques ont des loyers plus élevés, pointe la présidente du CRT. L'Umih réfléchit d'ailleurs à des solutions innovantes de logements." Autre piste, un dégrèvement de charges patronales pour les professionnels de l'hôtellerie-restauration qui embaucheraient du personnel saisonnier en CDI. Une proposition qui sera prochainement présentée au gouvernement. 

Cibles locales et étrangères 

En plus de fidéliser les vacanciers qui connaissent déjà la Bretagne, les acteurs économiques veulent développer des offres pour d'autres cibles. C'est le cas des excursionnistes, c'est-à-dire ces Bretons ou habitants de l'ouest de la France qui restent seulement une journée, sans hébergement. D'après l'étude Reflet 2016 du CRT, ils représentent 2,300 Md€ de retombées économiques.

Au Guilvinec, Haliotika, la Cité de la pêche investit 733.000 € pour augmenter l'expérience visiteurs

"Ce sont pour la plupart des séniors très dynamiques auprès desquels tout un travail de sensibilisation sur le bon usage du train est à faire", estime Isabelle Camillerapp. L'idée serait même dans un futur proche de pouvoir proposer aux voyageurs un acheminement "porte-à-porte". C'est tout l'objet du projet en phase de démarrage du "bouton j'y vais". Un outil de navigation capable de proposer au voyageur un mix des offres privées et publiques existantes pour arriver jusque chez soi. "La SNCF se plaît à expérimenter en Bretagne. C'est le territoire le plus en avance en matière de gestion mixte entre le monde du tourisme et de la mobilité. BreizhGo en est la parfaite illustration. Cet outil est interopérable avec tous ceux déployés par la SNCF".

Autre cible à l'étude, les touristes d'Amérique du nord ou d'Asie. Une délégation de professionnels du tourisme canadiens sera accueillie au moment du départ de la Route du Rhum afin de découvrir la région. Les acteurs économiques réfléchissent aussi au marché chinois. "Il ne s'agit pas d'attirer des cars de touristes, comme peuvent le craindre certains, rassure la présidente du CRT. Nous aimerions toucher une clientèle familiale, dotée d'un certain pouvoir d'achat, qui vient en France pour Paris, la Côte d'Azur ou l'Alsace mais ne pense pas encore à la Bretagne."
 

Saint-Quay-Portrieux : l’office de tourisme confectionne lui-même ses séjours pour toucher une clientèle locale

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Le tourisme est un secteur d'activité majeure pour la Bretagne.
Il représente 8 % du PIB breton et 58.000 emplois, soit près de 5 % de l'emploi régional. Chaque année, il génère 7 Md€ de retombées économiques.

Cet été, la Bretagne devrait attirer au moins 5 % des Français ayant l'intention de partir en vacances, d'après une enquête du CRT.

Repères

Il existe près de 150 sites Internet touristiques bretons... Un projet de mutualisation devant aboutir à une seule et unique plateforme Web veut simplifier les choses. Baptisé eBreizh connexion, il est porté par le Comité régional du tourisme breton.

"Il s'agit de gagner en lisibilité et de faciliter l'organisation de leurs séjours pour les internautes, avant leur arrivée en Bretagne", résume Anne Gallo. Une fois sur place, les touristes qui voudraient faire des excursions ou des activités pourraient trouver les informations auprès des offices de tourisme ou sur cette plateforme Web.

L'idée est aussi d'intégrer des contenus utilisateurs (commentaires, recommandations, avis).


TÉMOIGNAGES

Au Guilvinec, Haliotika, la Cité de la pêche investit 733.000 € pour augmenter l'expérience visiteurs

Haliotika Guilvinec
Simon Cohen

A 30 minutes de Quimper, direction Le Guilvinec et plus précisément Haliotika, la Cité de la pêche ! Un site où les visiteurs, petits et grands, viennent s'immerger dans le monde maritime. Pour l'équipe d'Haliotika, pleine de projets, l'important est de continuer d'innover pour toujours mieux valoriser les métiers de la mer.

Tout est parti d'une initiative de la mairie du Guilvinec de faire découvrir les coulisses de l'activité pêche du troisième port de France. C'est donc en 2000 qu'est né ce qui a d'abord été un centre d'interprétation sur la pêche en mer, géré par la commune. En 2006, le centre est devenue une société d'économie mixte. "Cela a marqué un véritable tournant, car il a fallu s'inscrire dans une approche plus marketing, raconte Anna Latimier, directrice d'Haliotika. Il fallait faire le marché de la demande plutôt que de l'offre afin de proposer aux familles, aux écoles ou encore aux groupes d'autocaristes des activités."

Dans les coulisses de la criée la plus visitée de France

Un pari gagnant puisqu'en dix ans Haliotika a doublé sa fréquentation. En 2017, la Cité de la pêche a accueili 35.000 individuels, 10.000 scolaires et 8.000 personnes sur le segment "groupes". A 75 %, il s'agit d'une clientèle française mais la directrice remarque que les Anglais et les Allemands sont de plus en plus nombreux (le centre propose des visites en langue étrangère). Sur place, tous ces visiteurs découvrent deux expositions très complètes sur le quotidien des marins pêcheurs (en mer mais aussi à terre) et sur le poisson, "de la mer à l'assiette". Cette dernière exposition a nécessité un investissement de 270.000 € en 2014.

Surtout, Haliotika anime des visites de la criée la plus populaire de France (53.000 visiteurs par an). "On est au coeur de l'activité et de la vente. Ca passionne les gens et ils sont nombreux à la visite de 5 h 30 comme à celle de 16 h 30", apprécie Anna Latimier. En dehors des ventes, le centre propose une autre visite, dédiée aux coulisses de la criée. "C'est un port très vivant. Et même si la vente en ligne se développe, il y a encore beaucoup d'acheteurs sur place. Il y a également des ateliers de mareyage."

Des investissements pour intensifier l'expérience visiteurs

La Cité de la pêche, qui propose aussi des virées en mer, des découvertes de l'estran et des ateliers de cuisine, prévoit 733.000 € d'investissements sur les deux ans à venir. Un événement d'importance pour le centre, dont le chiffre d'affaires, en constante progression, est de 400.000 €. "C'est la première fois que nous investissons autant. Cela va nous permettre d'avoir une nouvelle dynamique pour fêter nos 20 ans, en 2020." L'an prochain un cuisine pédagogique va être aménagée dans un espace de 200 m². Elle abritera un espace pédagogique ainsi qu'un espace dégustation, qui sera animé par des chefs du pays bigouden. On y fera évidemment la part belle aux produits de la pêche.

Ensuite Haliotika va renouveler son exposition sur les marins. Un projet ambitieux : un chalutier sera en partie reconstitué (passerelle, cambuse, carré...) et les visiteurs pourront y évoluer. "On veut provoquer une véritable expérience à nos visiteurs. Qu'ils aient le sentiment d'embarquer, de faire partie de l'équipage !"

Le dynamisme des entreprises de loisirs

Anna Latimier fait, elle, partie de l'équipage de l'association Loisirs en Finistère, qui réunit plus de 40 entreprises du département et est animée par la CCI métropolitaine Bretagne ouest. "Un bel outil de partenariat et d'échanges, apprécie celle qui en est la trésorière. A chaque rencontre naît une idée commune !" Site Web dédié et chéquier de réductions font partie des outils de communication qui font augmentent la visibilité des adhérents. Au-delà de ça, la directrice de la Cité de la pêche y voit une ressource d'informations précieuses : "On bénéficie des retours d'expérience des uns et des autres et on dresse des bilans de nos saisons, ça nous permet d'avoir des pistes d'amélioration." Un véritable atout pour la capitaine d'Haliotika, à la recherche de l'amélioration permanente.

Haliotika, Cité de la pêche, au Guilvinec 

 

A Saint-Malo, Mobilect capte une clientèle touristique avec une offre tout électrique

Nathalie Mathurin en charge du développement commercial de Mobilect
V.Maignant

Mobilect s’adapte aux usages des touristes. Son offre tout électrique s’adresse aux particuliers comme à  un réseau de dépositaires qu’elle a su convaincre de la pertinence de son modèle. En location longue durée ou à la vente, elle propose la mobilité la plus adaptée, du vélo à la voiture en passant par le scooter.

Si Armel Mathurin est le fondateur de Mobilect à Saint-Malo, Nathalie Mathurin, sa belle-sœur est bien le bras armé du développement commercial de cette TPE créée en avril 2017. Pour cette malouine d’origine, tout juste rentrée d’une « expatriation » de 15 ans à Paris, la révolution de la mobilité sera électrique ou ne sera pas : «les véhicules électriques sont incontournables si nous voulons  réduire drastiquement les nuisances environnementales et les risques sanitaires. A Paris c’est devenu une urgence. Ici, à Saint-Malo, beaucoup moins. Il est vrai que nous bénéficions d’un environnement exceptionnel et d’un air particulièrement sain».

Une dizaine de dépositaires

Mobilect s’est spécialisée dans la location et la vente de vélos, scooters et voitures électriques en construisant  une offre adaptée aux usages de chacun. « Je ne vous cache pas que jusqu’ici c’est essentiellement le vélo qui attire, car il est très difficile de stationner à Saint-Malo. Aujourd’hui, avoir des solutions multimodales sur son lieu de vacances fait partie des critères de choix d’une destination touristique». Depuis un an, une petite dizaine de dépositaires, principalement des hôtels et campings travaillent avec Mobilect. «Je propose un forfait mensuel sur sept mois, d’avril  à fin octobre pour 2, 4 ou 6 vélos  pour un montant compris entre 300 et 400 euros. Au moindre pépin mécanique, nous intervenons immédiatement. Selon le problème, nous réparons le vélo ou le changeons». Selon Nathalie Mathurin, le dépositaire rentabilise son investissement en moins de 3 ou 4 locations par mois. Une grille de tarifs conseillés est d’ailleurs mise à la disposition des professionnels du tourisme.

Saint-Malo - le Mont Saint-Michel en vélo électrique

Novotel, Hôtel Océania, Hôtel Eden, le Clos d’Enhaut  ou encore le camping le P’tit Bois comptent parmi les premiers clients. «Ils louent tous entre 4 et 8 vélos et ce service est devenu une véritable valeur ajoutée à leur établissement. Pour certains c’est même devenu indispensable. Les clients laissent leur voiture au parking et opèrent tous leurs déplacements en vélo. » Chez Mobilect, un touriste sur deux utilise le vélo électrique pour se rendre au Mont Saint-Michel. La distance est d’environ 45 km. «Il faut compter environ 2h30 pour y aller. Nos batterie, disposant d’une autonomie de 100 Km,  sont tout à fait adaptées pour ce circuit. Sans compter que nous sommes ouverts jusqu’à 19h 30, du lundi au dimanche ».  Un autre circuit très prisé est le Saint-Malo -Dinard en passant par la mer. « Les touristes prennent  le bus de mer à la cale située aux pieds des remparts d’intra-muros en embarquant leur vélo. Nous sommes d’ailleurs en train de concevoir un offre couplé bateau + vélo avec la compagnie Corsair». L’itinéraire Saint-Malo Cancale, 13 km à monter et descendre des côtes sans effort avec au bout un plateau de fruit de mer, fonctionne également très bien. Les touristes qui passent par Airbnb ont tendance à louer un vélo sur 4 jours afin de découvrir toutes les plages de la région malouine. De même, les parisiens qui ont leur pied à terre à Saint-Malo sont de plus en plus nombreux à acheter un vélo électrique.  « La CCI comme l’office de tourisme nous soutiennent. Ils recommandent régulièrement nos prestations ».

La prochaine étape pour Mobilect sera le déploiement de son offre B to B. Il se fera  en septembre, en périphérie de Rennes, plutôt au nord. «Saint-Malo restera notre première vitrine mais si nous voulons nous développer et rentabiliser notre parc de vélos, scooters et voitures, nous devons viser plus grand », conclut Nathalie Mathurin.

Saint-Quay-Portrieux : l’office de tourisme confectionne lui-même ses séjours pour toucher une clientèle locale

Cécilia Le Goff (à droite sur la photo), directrice de l’office de tourisme de Saint-Quay-Portrieux pilote une équipe de 8 personnes en haute saison
V.Maignant

Chaque année, en haute saison, l’office de tourisme de Saint- Quay-Portrieux fait face à l’afflux de touristes. De 3 000 habitants, la commune costarmoricaine passe à 20 000. L’autre challenge consiste à faire vivre la station balnéaire tout au long de l’année, en proposant des séjours packagés et à la carte à des prix abordables.

L’office de tourisme (ot) de Saint-Quay-Portrieux a cette particularité deservir aussi de point de relais à la SNCF. Les deux enseignes cohabitent mais ce sont bien les membres de l’équipe de l’office de tourisme qui assurent la billetterie pour le compte de l'entreprise ferroviaire publique. « C’est ainsi depuis 2012, indique Cécilia Le Goff, directrice de l’ot.  Saint Brieuc,  Quimper ou encore Paimpol, nous sommes de plus en plus nombreux à assurer ce service de proximité à l’année.  C’est une rentrée d’argent très appréciable».

Multi-activités toute l’année

Au pic de la saison, l’équipe atteint  huit personnes, quand le reste de l’année, elles sont cinq. Leurs missions : conseiller les visiteurs, produire et commercialiser des séjours et activités de loisir,  promouvoir la station ou encore participer à l’animation des principaux évènements, comme la fête de la Coquille Saint-Jacques qui a eu lieu chaque année, au mois d’avril.« C’est un évènement  qui tourne entre trois stations, Paimpol , Erquy et nous-mêmes. Cette année, c’était notre tour de l’organiser. Gratuite, cette fête draine énormément de monde.  En deux jours, nous avons reçu 70 000 visiteurs et plus de 800 camping-cars ». 

Une fréquentation essentiellement locale

Pour tenir son rang de station classée, l’office de tourisme de Saint-Quay Portrieux vient de renouveler sa Marque Qualité tourisme en Catégorie 1. «Cela passait par le refonte totale de notre site Internet. Les résultats se font déjà sentir. En 6 mois, nous avons enregistré une hausse de 130% de nouveaux utilisateurs, comparés  à la même période l’année précédente ».  Autre particularité de l’office de tourisme, il est resté communal. « Lors de la mise en place de la Loi NOTRe,  nous devions choisir entre  intégrer  Baie de Saint-Brieuc Tourime ou garder notre compétence comme la loi Montagne nous y autorisait. Les élus de la commune ont opté pour la seconde solution. Cela ne nous empêche pas de travailler en lien étroit avec l’agglomération de Saint-Brieuc ainsi que l’ensemble des acteurs du tourisme du département comme de la région ». 92 % des visiteurs de la station sont des français. La fréquentation locale, issue des Côtes d’Armor et du bassin de Saint-Brieuc est très élevée, près de 40%. Elle devance largement celle en provenance de la région parisienne (5,40%) ou encore celle de l’Ille-et-Vilaine (3,8%).

Séjours packagés pour les couples et les familles

Outre l’activité récurrente, l’office de tourisme est devenu un opérateur de voyages. Il produit lui-même ses séjours qu’il adapte en fonction des retours clients. « Depuis 2013, nous accusions une baisse régulière de certains séjours  packagés.  En 2018, nous avons décidé d’en conserver  4 sur les 8 que nous proposions antérieurement».  Ces séjours, de 2 ou 3 jours, valables toute l’année, sur la base de deux adultes, s’adressent à des couples ou des familles. La fourchette de prix va de 95 à 185 euros par personne. L’Amour d’Amor qui fonctionne bien affiche un tarif de 125 euros/ personne. Pour ce prix, la formule comprend deux nuits en chambre d’hôtes labellisée, petit déjeuner inclus, une traversée A/R sur l’île de Bréhat et deux dîners au restaurant. D’autres séjours sont proposés en partenariat avec Funbreizh et Haute Bretagne Vacances. Ils sont plus longs et donc un peu plus chers.  « Avec ces séjours, poursuit Cécilia Le Goff, nous faisons travailler les hôteliers et restaurateurs de Saint-Quay-Portrieux. Le « tout compris » avec options fonctionne bien. C’est nous-mêmes qui accueillons les clients, à l’office de tourisme, pour leur remettre leur guide séjour».

Séjours à la carte pour mini-groupes

Toujours soucieuse de coller aux attentes de la clientèle, l’équipe de Cécilia Le Goff a imaginé des séjours à la carte pour mini-groupes de 4 à 8 personnes. Avec cette formule, nous pouvons dormir une nuit à bord d’un vieux gréement,  faire une randonnée palmée avec tout l’équipement fourni ou encore partir à la découverte des algues sur l’Estran. «Nous proposons même un mini séjour « en toute libertéIl s’agit d’un séjour à la carte avec trois propositions pour dormir, trois autres  pour se régaler et quatre autres encore pour bouger »…De quoi satisfaire les locaux mais aussi les étrangers dont le nombre évolue peu depuis 5 ans et représentant entre 7 et 8 % des visiteurs.

Office de tourisme de Saint-Quay-Portrieux

Sealoft, la maison flottante fabriquée à Lorient, démarre sa commercialisation

Sealoft
Aude Sirvain

Qui n’a jamais rêvé de vivre sur l’eau sans pour autant être un marin aguerri ? Le chantier naval Sailwood, à Lorient, vient de construire Sealoft, une maisonnette éco-conçue pour vivre au fil de l’eau.

C’est au port de Kernével, entre Lorient et Larmor-Plage, que la première maison flottante imaginée par le chantier Sailwood et ses partenaires est amarrée. Ce house-boat de 48 m² (12 m sur 4,15 m) a été pensé pour s’adapter aux ports de plaisance sans que le tarif d’emplacement soit trop élevé. Enfin, la Sealoft est homologuée comme un bateau et est conforme à la navigation de plaisance.

Une aide régionale Inno R&D

Pour aller au bout de son idée, Sailwood s’est entouré du cabinet JMK Concept, de Lorient Technopôle et de la Sellor (la société d’économie mixte, animatrice de la vie touristique du Pays de Lorient et gestionnaire d’équipements). L’entreprise a bénéficié d’une aide régionale Inno R&D de plus de 70.000 € afin de couvrir une partie des frais de construction de la première habitation flottante et de démarrer la commercialisation. Le réseau Initiative Lorient a fait bénéficier le projet de 5.000 €. Trois personnes ont été embauchées pour la construction.

Pensée pour les marchés B2B et B2C

Entre le début du projet et la mise à l’eau du house-boat à Lorient, il n’aura fallu moins de 18 mois. Maintenant, Bertrand L’Helgoualc’h, cofondateur de Sealoft, se concentre sur la commercialisation. Cette petite maison sur l’eau, innovante et durable, est conçue pour intéresser différentes cibles, B2B et B2C « Nous visons les professionnels du tourisme proposant des hébergements insolites ou encore les hôtels ayant un positionnement haut de gamme et voulant proposer un hébergement complémentaire. Des discussions sont déjà bien avancées", précise le professionnel.

En positionnant l'habitation flottante dans un port comme celui de Lorient, les destinations touristiques peuvent aussi diversifier leurs offres d'hébergement, tout en facilitant l'accès des activités aux vacanciers qui voudraient y séjourner. 

"La Sealoft peut accueillir deux adultes et jusqu'à trois enfants, ça peut donc être adapté pour les familles. On sait que c'est un type de population qui plébiscite la Bretagne pour les vacances", note encore Bertrand L'Helgoualc'h. Habitation secondaire ou habitation principale d'un jeune couple ou de jeunes retraités... Elle a été conçue et aménagée pour plaire au plus grand nombre. "Elle est faite pour naviguer sur le domaine fluvial, les eaux intérieures ou alors en milieu protégé, sans vent fort." Compter 180.000 € TTC et rajoutez le coût du ponton.

Sealoft est accompagné par un conseiller de la Chambre de commerce et d'industrie du Morbihan pour le développement du house-boat comme produit touristique. Sa récente nomination au premier concours national Start-up & tourisme nautique, organisé par la CCI 56, a aussi permis à la jeune entreprise de se faire connaître. Enfin, Sealoft, qui espère se démarquer à l'international avec sa construction made in Bretagne, est accompagné par Bretagne Commerce International.

Sealoft, habitation flottante conçue à Lorient