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Projet Industrie du Futur en Morbihan : la 4e Révolution industrielle est en marche

, le 23.10.2017

Initié par le gouvernement et appliqué localement, le projet Industrie du Futur est une réalité du présent. En Morbihan, la CCI l’a mené avec une vingtaine d’entreprises manufacturières. Convaincu par cette mue économique, l’organisme consulaire prolonge l’expérience avec celles relevant de l’agroalimentaire.

Parole d'élu

Aude Sirvain

"Le Projet Industrie du Futur est une formidable opportunité pour les industriels de se poser et repenser leur entreprise. Grâce à ce plan, l'ensemble des acteurs est mobilisé pour accroitre de façon significative la compétitivité de l’industrie en France, et en Bretagne particulièrement."

Pierre Montel
Président de la CCI du Morbihan

En 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie et des Finances, crée le projet Industrie du Futur... Le but avoué est d'identifier les leviers pour moderniser l'outil industriel français et renforcer la compétitivité. En clair : redorer le blason de l'industrie française sur le plan mondial.

La 4e Révolution industrielle, celle de l'ère cyber, est en marche et l'Alliance pour l'Industrie du futur scellée. Le réseau des CCI de France s’est impliqué dans la démarche.

Projet Industrie du Futur Bretagne

Ce plan national se répercute au niveau régional. Mi-2016, la Bretagne lance un appel à projets baptisé "Projet Industrie du Futur Bretagne". Le projet est impulsé et financé par la Région, avec le soutien de l’Union européenne.

Sur le terrain, l’action est collective. Sous le pilotage du Centre technique des industries mécaniques (Cetim), les CCI apportent leurs expertises et prestations auprès des entreprises, qu'elles conjuguent avec les compétences d'autres consultants qui sont l'UIMM (pour Union des industries de la métallurgie), et l'Institut Maupertuis. "Nous avons pu et avons su mutualiser nos actions, les rendre à la fois plus lisibles et plus efficaces au service des dirigeants", explique Didier Mellaza, pilote de ce projet pour la CCI du Morbihan.

Quatre leviers sont identifiés pour accompagner la transformation des entreprises : l'étude de la production (pour une usine agile), la transition numérique (l'usine connectée), l'optimisation des ressources (l'usine frugale), la gestion des hommes et leur management (l'usine au service des hommes).

Initié en 2016, ce projet concerne 60 petites et moyennes industries mécaniques et métallurgiques réparties sur les départements bretons. Chacune bénéficie ainsi de neuf demi-journées de sensibilisation (ateliers collectifs) et de 11,5 jours d'accompagnement personnalisé. En 18 mois, les objectifs ont été atteints.

Dans le Morbihan, Didier Mellaza a engagé 16 entreprises à participer à ce dispositif (retrouvez ci-dessous le témoignage de Bretagne Céramique Industrie, à Languidic).

Une méthode qui fait école

Fort de cette expérience, les pilotes et acteurs de cette opération ont décidé de la prolonger au travers d'un nouveau plan nommé PIB 2020, ou Plan Industrie Breton 2020. Ce dernier concerne également l'industrie manufacturière, et plus largement la métallurgie et la mécanique, la plasturgie et l'électronique.

Inauguré par la Région lors de l'Open de l'Industrie, ce jeudi 19 octobre, à Saint-Brieuc, le PIB 2020 est une alliance régionale d'expertises et de compétences pour "agir ensemble par et pour une entreprise bretonne compétitive, prospère, attractive et créatrice d’emplois". La CCI Bretagne est partie prenante, identifiée comme "offreur de solutions". L'ensemble des membres du Comité de développement des industries de Bretagne (CDIB) concourent à ce projet. 

Duplicata pour l’Agroalimentaire

Non concerné par ce plan, le secteur de l'agroalimentaire aura droit, lui-aussi, à son projet d'accompagnement spécifique. Les CCI ont répondu en ce sens à l'appel à projet de la DRAAF (Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt) pour proposer une action Industrie du Futur à destination des PME de l'agroalimentaire.

Baptisée "Performance IAA", elle est construite en partenariat avec l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires.

Piloté par la CCI Bretagne, le dispositif est lancé en ce mois d'octobre pour se décliner sur chaque département. Le diagnostic est porté sur différents pans de l'entreprise : organisation de la production (outils) et des compétences (RH), performance des procédés (flux, relation clients), chaîne numérique et bilan environnemental. Usine agile, frugale, collaborative et digitale : la quadrature est à nouveau ciblée.

Des outils innovants et sur-mesure

Pour  l'atteindre, les conseillers CCI ont mis au point des outils singuliers et adaptés à la transformation de l'entreprise.

  1. Le Serious game "Industrie du Futur" qui permet au chef d'entreprise d'évaluer sa connaissance de l'industrie du futur et d'en explorer chaque brique technologique pour la construire.
  2. Le Scan "Industrie du Futur", schéma de diagnostic établi par le conseiller pour accompagner le dirigeant d'entreprise dans son projet d'évolution.

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TÉMOIGNAGE

Industrie du futur   A Languidic, Appolia est optimisée

Aude Sirvain

Inscrite dans le dispositif Industrie du Futur, l'entreprise Bretagne Céramique Industrie (BCI), sise à Languidic, a saisi l'opportunité de s'offrir ce diagnostic global et approfondi. Sans regret. A mi-parcours, quelques leviers ont déjà été activés pour améliorer l'environnement et la production de l’usine.

Du dessin à la réalisation du produit fini. De la matière première au recyclage des rebuts. De la fabrication à l'exportation… Sur le site de la Poterie, à Languidic, Bretagne Céramique Industrie développe sa production de plats et services en céramique culinaire. Des plats, des faitouts, des planchas, etc. Tout y est décliné dans des couleurs tendance, vives et chaudes à la fois.

Installée depuis 1930 près de la carrière de terre rouge, la poterie, déjà industrielle, moulait des pots pour végétaux. Elle était alors spécialisée dans le jardinage. Dans les années 70-80, elle a pris un tournant radical pour se lancer dans la fabrication de contenants pour l’agroalimentaire, répondant ainsi à un secteur en plein essor en Bretagne.

Rebaptisée plusieurs fois au gré de ses dirigeants, l'entreprise devient Bretagne Céramique Industrielle en 1998, sous l'égide de Paul Guilloux et Vincent Vallée.

En 2001, pour diversifier et relancer l'activité, les associés s'orientent vers les arts de la table et créent leur propre marque de plats culinaires. C’est Appolia, dont la déclinaison vise le haut de gamme. "Nous signons une autre marque, Esprit de cuisine, destinée à la vente en grande surface", explique Laurent Jolivet, directeur commercial

Tout est fabriqué dans l'atelier de 4.500 m² : de la barbotine à la pâte au produit fini, en passant par le design, les moules, la cuisson, la coloration, la finition… "On sort 450.000 pièces par an, ce qui fait entre 300 et 500 références."

En 2012, l'entreprise a reçu le label EPV (Entreprise du patrimoine vivant) qui reconnait les savoir-faire d’excellence.

Un œil neuf

Organisée en 3x8, la production est bien huilée entre les différents "quartiers" de l’usine. Pour autant, les dirigeants de BCI n’ont pas hésité une seconde quand ils ont vu passer le mail de la CCI du Morbihan, leur proposant de participer au dispositif "Industrie du futur".

"L’offre était intéressante à plus d’un titre : financièrement, déjà, avec un contrat de onze journées complètes de consultants pour 3.500 €, et l'opportunité de dresser un diagnostic global sur le process en ciblant des pistes d’optimisation", déroule Laurent Jolivet.

Flux, production, stockage, rebuts… tout est passé au crible des experts en entreprise, qu’ils soient de la CCI, de Créativ, du Cetim.  "A mi-parcours, on a déjà identifié des leviers d'amélioration concernant notre stock et les rebuts."

Dans l’atelier, en effet, les pains de pâte pressés dans les moules ont été réduits pour rejeter moins de matière débordante. Une nouvelle procédure a également été testée lors des changements de séries, pour réduire le temps de mise en place. "Les consultants sont des gens de terrain, pragmatiques. Ils apportent un œil neuf qui permet d’améliorer l’existant."