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Pass Création
Emmanuelle Genoud

Pass création : des créateurs et repreneurs accompagnés pendant trois ans

, le 05.03.2019

Un an après la mise en place du Pass création, le bilan de la CCIMBO, l’un des six partenaires du dispositif financé par la Région Bretagne, est positif. Retour sur cet accompagnement sur quatre ans au maximum pour les créateurs et repreneurs d’entreprise.

Parole d'élu

Frank Bellion
Guillaume Team

Depuis le 1er janvier 2017, la loi NOTRe a transféré aux régions la pleine compétence en matière de financements d’actions d’accompagnement et de conseil, en amont de la création et de la reprise d’entreprises. Le Conseil régional de Bretagne a souhaité mettre en place un parcours de la création et la CCIMBO, établissement public attaché à ancrer en Finistère un haut niveau de services pour ses ressortissants actuels et futurs, a répondu à l’appel d’offres. Nous sommes là au cœur de notre métier.

Deux dimensions propres au dispositif Pass création me semblent importantes à souligner : la proximité et la constance. Le consortium constitué avec nos partenaires* s’appuie en effet sur les acteurs locaux de la création d’entreprise. J’y vois un gage d’efficacité et de simplicité. Par ailleurs, apporter notre soutien pendant trois ans après immatriculation de l’entreprise, c’est afficher une volonté très forte de soutenir durablement les femmes et les hommes qui ont tenté l’aventure économique.

 * L’association pour le droit à l’initiative économique (Adie), Bretagne Active, la CMA 29, COB formations, Initiative Bretagne.

Frank Bellion
Président de la CCIMBO

Depuis début 2018, la CCIMBO propose aux porteurs de projet, créateurs ou repreneurs d’entreprise, d’intégrer le dispositif Pass création. Porté et financé par le Conseil régional de Bretagne, c’est un parcours gratuit et sécurisé pour les futurs entrepreneurs. Six opérateurs, sélectionnés dans le cadre d’un appel d’offres, sont partenaires du dispositif : l’association pour le droit à l’initiative économique (Adie), France Active Bretagne (anciennement Bretagne Active), COB Formation, Initiative Bretagne, la CCI Bretagne et la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat de Bretagne.

Un parcours d’accompagnement

Le Pass création accompagne des projets, dans tout type de secteurs, hors agriculture et pêche. Il s’adresse à tous les porteurs de projets, même si les demandeurs d’emploi ou les personnes ayant des difficultés à s’insérer durablement dans l’emploi constituent des publics prioritaires pour ces accompagnements via le Pass création.

>> [Témoignage] Ils ont repris la crêperie Laer-Mor, à Conquet

Selon les profils, 13 à 27 heures d’accompagnement individualisé sont proposées sur quatre ans au maximum par la structure spécialisée dans le domaine de la création-reprise en Bretagne.

Structuration, structuration financière et suivi post création ou reprise

Un parcours comprend trois étapes clés. La première concerne la structuration du projet. Il s’agit d’une aide au montage ou à la formalisation du projet, et peut aller jusqu’à l’ébauche financière. Le porteur est accompagné pour la construction du dossier de présentation et l’élaboration du prévisionnel.

>> [Témoignage] Il fait revivre la supérette de Tréflez

La deuxième étape est celle de la définition des besoins financiers ou de la structuration financière. Il s’agit là de valider les chiffres, de sécuriser la faisabilité du projet par des professionnels. Cela peut aller jusqu’à une intermédiation financière pour solliciter les prêts et aides adaptés (crédit, garantie financière, prêt à taux 0 pour les demandeurs d’emploi, etc.).

C’est à l’issue de cette deuxième étape, que les porteurs de projet présentent leur projet d’entreprise devant un comité d’experts : banquiers, experts comptables, etc. Une fois le projet validé, l’immatriculation de l’entreprise peut se faire.

>> [Témoignage] Elle retourne à ses premières amours et crée son agence d'événementiel à Concarneau

La troisième étape est constituée d’un suivi pendant trois ans après la création ou la reprise d’entreprise. Des rendez-vous réguliers, entre un et trois par an, sont programmés avec un conseiller. « Car les premières années sont déterminantes. Cet accompagnement a pour objectif de pérenniser les entreprises, avec cette notion de parcours et d’accompagnement dans la durée qui permettent de renforcer la viabilité des entreprises créées ou reprises », rappelle Laurence Le Coz, responsable du pôle entrepreneuriat-formalités, de la CCIMBO de Brest.

En savoir plus

 

Dossier réalisé par Emmanuelle Genoud


Repères

Les trois types de prestations proposées dans le cadre du Pass création :

  • PSP : prestation de structuration de projet
  • PSF : prestation de structuration financière
  • PAPCR : prestation d'accompagnement post création ou reprise (accompagnement sur trois ans)

Depuis la mise en place du dispositif en Finistère, 427 PSP, 378 PSF et 249 PAPCR ont été réalisées par l'ensemble des partenaires.

De 13 à 27 heures d'accompagnement individualisé sont proposées dans le cadre du Pass création.


TÉMOIGNAGES

Julie Valero, repreneuse de la crêperie Laer-mor au Conquet

Pass Création
Emmanuelle Genoud

Bénéficiaire du Pass création, Julie Valero apprécie la complémentarité de ce dispositif : "On a eu quatre regards extérieurs : la banque, le comptable, Bretagne active et la CCI !"

Lorsque l'on traverse le centre-bourg du Conquet, on peut difficilement la manquer. Avec sa belle bâtisse en granit et son pirate en pied, la crêperie Laer-mor est assurément bien située. "Nous avons tout de suite eu envie de la reprendre, quand on l'a visitée", se remémore Julie Valero, gérante de la crêperie avec son compagnon.

Depuis cette visite en décembre 2017, les étapes se sont vite enchaînées. Une fois le dossier de financement monté, "la banque nous a donné son accord pour un prêt, sous condition de passer par le Pass création".

Aborder tous les aspects de la reprise d'un commerce

C'est ainsi qu'en mars, Julie et son compagnon intègrent le dispositif. Ils rencontrent une conseillère de la CCI ("Avec elle, nous avons davantage abordé l'aspect organisation du service, les plages d'ouverture") et un conseiller de France Active Bretagne, pour échanger "sur le prévisionnel, la comptabilité et le côté financier".

Puis, le couple de repreneurs passe devant la commission en mai et ouvre dans la foulée, mi-juillet 2018.

Julie Valero est très satisfaite de cet accompagnement. Si elle a moins eu besoin de l'étape structuration de projet, "déjà bien ficelé", elle a pu "approfondir les choses avec une personne neutre, du métier. Ça aide à se poser des questions qu'on ne se serait pas posées seuls, avec des amis, la famille ou notre comptable. On a eu quatre regards extérieurs : la banque, le comptable, Bretagne active et la CCI !".

La phase de suivi est actuellement en cours et la gérante apprécie de pouvoir "échanger sur (ses) choix, comme l'ouverture en continu. C'est rassurant, cela permet d'être certains de notre fil conducteur".

La page Facebook de la Crêperie Laer-Mor, au Conquet

Muriel Baboud, créatrice de l’agence Ibé !, à Concarneau

Muriel Baboud Ibé
Emmanuelle Genoud

"La CCI m'a permis de croire en mon projet", résume Muriel Baboud, qui a été accompagné par un conseiller à la création d'entreprise de la CCIMBO-Quimper.

Par les fenêtres de ses nouveaux bureaux, Muriel Baboud bénéficie d'une vue sur la ville close de Concarneau et le Cabellou. « Il n'y avait plus de place à la pépinière d'entreprise, alors la CCI m'a orientée vers ces bureaux de l'ancienne criée. On est vraiment bien ici », se réjouit la créatrice de la toute nouvelle entreprise Ibé ! (pour Innovation Bretagne évènement).

L'agence, spécialisée dans l'événementiel, a vu le jour le 10 janvier 2019. Pour sa dirigeante, l'accompagnement de la CCI a été déterminant.

Définir son offre commerciale

Après près de 30 ans comme assistante de direction, Muriel Baboud a souhaité explorer de nouveaux horizons et revenir à sa formation initiale : la publicité. Lors d'un salon des entrepreneurs, on lui a parlé du Pass création. « Lors du premier rendez-vous, le conseiller de la CCI m'a apporté un regard extérieur. Il m'a permis de croire en mon projet ». Il l'a également aidé à définir son projet et son offre, en lui conseillant par exemple de viser les particuliers ou les entreprises. Muriel a déjà un bon réseau de professionnels, c'est donc à eux qu'elle choisit de s'adresser.

Aujourd'hui, l'entrepreneuse démarche ses premiers clients. Son plus : elle connaît leurs besoins, pour avoir été à leur place en tant qu'assistante de direction.

« Je souhaite accompagner les entreprises sur l'organisation de  réunions, de showrooms ou encore pour de la cohésion d'équipe, pour qu'elles puissent se concentrer sur leur cœur de métier. Je vise des prestations dans la durée, pour rendre l'éphémère durable ».

La page Facebook, d'Ibé !, créateur d'événements

Romain Salou fait revivre la supérette de Tréflez

Superette Tréflex
Emmanuelle Genoud

"Sans l'accompagnement de la CCI, je ne serais peut-être pas là", estime Romain Salou. Le Finistérien a bénéficié du Pass création pour reprendre la supérette de son village.

Il y a encore un an, Romain Salou faisait « les 3/8 dans une entreprise d'agroalimentaire ». Mais « une envie de changement de vie, pour voir plus (ses) enfants et être moins fatigué » l'anime. La supérette de Tréflez, son village, ferme en avril 2018. Il s'intéresse depuis quelques années aux reprises de commerces de proximité. Romain Salou se dit alors que c'est l'occasion. Lui qui n'est « pas du métier » se lance, pour rouvrir la supérette.

La mairie l'oriente vers la CCI, qui lui parle du dispositif du Pass création. « Le conseiller m'a expliqué les différentes étapes de la création d'entreprise. Il m'a donné des conseils, comme par exemple une liste de produits phares qu'il faut avoir. Ça m'a beaucoup servi ! ». Il est également aiguillé vers l'Adie, pour la demande d'un prêt, dont une partie à 0 %.

Des résultats prometteurs

Depuis l'ouverture de son commerce en octobre 2018, Romain Salou ne regrette pas son choix. Son conseiller de la CCI est déjà passé le voir une fois et l'entrepreneur apprécie de pouvoir l'appeler s'il a besoin d'un conseil.

Il ouvre son commerce tous les jours, sauf le lundi, avec des larges plages horaires, de 7 h à 19 h 15, et une pause méridienne. Même s'il n'a pas encore un an d'exercice, ses chiffres sont déjà meilleurs que  ceux de son prédécesseur.

Dépôt de pain, légumes (« J'essaie qu'ils soient de la commune, les gens préfèrent »), épicerie, traiteur, produits d'hygiène et bonbons (« marchent bien avec l'arrêt de car juste devant ») : la supérette a une offre variée. Et Romain reconnaît que « sans l'accompagnement de la CCI, (il) ne (serait) peut-être pas là ».