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Martin Boudier

Ille-et-Vilaine : l’industrie du futur s’incarne dès à présent

Stéphanie Hussenot-Guilloux,, le 22.10.2018

Le programme Breizh Fab doit aider les industriels de notre territoire à relever les défis de la modernisation et de l’innovation.

Parole d'élu


La CCI Ille-et-Vilaine, qui sensibilise et accompagne les industriels vers l’industrie du futur grâce à ses conseillers dédiés et à l’association Créativ, passe à l’offensive pour une industrie bretillienne forte. Elle est partenaire du programme Breizh Fab qui, avec le soutien de la Région Bretagne et le Feder, accompagne les PME et TPE à opérer leur mutation industrielle, grâce à une mutualisation des compétences et des ressources de notre territoire. De quoi accélérer les projets des entreprises et de leurs territoires pour gagner en compétitivité. C’est là, rappelons-le, la priorité de notre mandature. Breizh Fab est un facilitateur et permet une mise en réseau…c’est bien le rôle joué par la CCI , comme l'ensemble des partenaires* engagés dans le dispositif . Une Chambre qui devra être force de propositions pour développer les formations et attirer les jeunes dans le secteur industriel. Car l’industrie du futur fait appel à des compétences que les industriels ont du mal à trouver.   

Rodolphe Le Strat
Président de la Commission Industrie du futur à la CCI Ille-et-Vilaine

La Bretagne a toujours été une terre industrielle et elle doit le rester. Tout comme l’Ille-et-Vilaine. Aujourd’hui, avec 3.200 établissements et plus de 52.000 emplois directs, l’industrie bretillienne est diversifiée. Touchée par la crise économique de 2008-2009, elle retrouve progressivement des couleurs mais elle n’a pas encore gagné la bataille de la compétitivité. Pour y parvenir, les industries de notre territoire, qui ont pâti d’un sous-investissement chronique, doivent réinvestir dans leur outil de production pour le moderniser. En un mot, elles doivent mettre le cap sur l’industrie du futur. “Dans un contexte d’économie globalisée, de concurrence mondiale et de transition numérique, les marchés sont de plus en plus rudes. Notre industrie ne peut plus attendre. Elle doit engager sa transformation vers l’industrie du futur ! ”, clament haut et fort Hervé Daniel, Directeur de Créativ, et Carole Lossouarn, Directrice du pôle Transition Innovation à la CCI Ille-et-Vilaine.

 

La 4ème révolution industrielle

Mais qu’entend-on par industrie du futur ou industrie 4.0 ? Présentée comme la 4ème révolution industrielle, elle se caractérise par l’intégration des technologies numériques dans les processus de fabrication. Des technologies qui conduisent les industriels à repenser leurs modèles d’affaires pour mettre notamment le client au centre de leur stratégie, en l’associant aux étapes de conception, en perfectionnant leur offre grâce au big data ou en élargissant les offres de produit à des solutions ou des services. L’industrie du futur c’est aussi une usine propre, impliquée dans son écosystème industriel, économe en matières premières et en énergie, une usine centrée sur l’humain. Car la montée en compétence des salariés et la formation des prochaines générations aux nouveaux métiers constituent la première condition du succès de l’industrie du futur. Or le secteur peine à recruter. L’image de l’industrie est en effet déformée. Il faut redonner aux jeunes des étoiles dans les yeux en leur faisant découvrir des métiers intéressants où le digital est de plus en plus présent.

 

Valoriser, dynamiser, et moderniser le secteur industriel

La CCI Ille-et-Vilaine souhaite contribuer pleinement au renouveau industriel de notre territoire. C’est pourquoi elle est partenaire de “Breizh Fab”, programme d’accompagnement pour les PME industrielles, lancé en mars dernier. Son objectif ? “Les aider à relever les défis de la modernisation et de l’innovation, à prendre le train des mutations, technologiques, organisationnelles, environnementales, en cours », précise Hervé Daniel. Conçu par des industriels et les principaux acteurs économiques du territoire,  au premier rang desquels la Région Bretagne, ce plan -relayé sur le terrain par une cinquantaine de conseillers issus des structures partenaires– “se décline autour de trois enjeux : accompagner la transformation du secteur industriel en termes de stratégie et de financement, renforcer la mise en réseau et les synergies entre les entreprises, les acteurs économiques et publics et faire rayonner la Bretagne industrielle”. Dans le cadre de “Breizh Fab”, le programme d'accompagnement "Industrie du futur" initié en 2016, qui aide à la modernisation de l'outil productif, est renouvelé et accueillera une nouvelle promotion de 50 entreprises. A ce jour, 16 industries ont déjà été sélectionnées. Des accompagnements sur mesure ou « défis individuels », assurés par des consultants, sont également mis en place pour permettre aux industriels d'innover dans leurs pratiques sur quatre points : prospective et stratégie, performance, business et financement. “Pour accéder au programme, il  suffit aux industriels de contacter leur conseiller d’entreprise habituel”, précise Carole Lossouarn. Breizh Fab se donne aussi pour objectif de valoriser les savoir-faire de ces entreprises ambitieuses et conquérantes via le prix Crisalide Industrie, organisé par l’association Créativ, et l’Open de l’Industrie. De quoi revitaliser le tissu industriel bretillien et rendre notre territoire plus attractif. Mais développer l’industrie suppose de disposer d’un foncier adapté. 

 

Témoignage
 
La Janais : un pôle industriel exemplaire de l’industrie du futur
 

De quoi aider les industries de notre territoire à prendre le train des mutations technologiques, organisationnelles et environnementales en cours.

Faire du bassin rennais une destination industrielle, telle est l’ambition de Rennes Métropole. Une ambition partagée par la Région Bretagne qui, en 2015, a acquis près de 53 hectares sur le site de la Janais en vue de sa réindustrialisation. La réduction des activités sur son site de production avait en effet amené le groupe PSA à libérer du foncier. Aujourd’hui, Rennes Métropole est propriétaire de ces terrains et veut en faire une zone d’activités d’excellence dédiée à l’industrie du futur d’ici à 2020. Un pôle d’innovation et d’emplois productifs. « Sur un foncier adapté et équipé des dernières technologies environnementales, nous souhaitons proposer aux entreprises industrielles de la région une vraie offre territoriale avec toutes les composantes de l’industrie du futur », explique Gaëlle Andro, Vice-présidente de Rennes Métropole, en charge du développement économique (en photo). En bref, une ZAC nouvelle génération qui proposera une offre de services structurée autour de quatre composantes : l’ingénierie d’implantation industrielle, l’environnement, l’innovation industrielle et les ressources humaines.

 

Pérenniser le tissu industriel

«  Nous désirons par exemple proposer une offre de services innovante dans les process industriels, avec la présence d’acteurs experts sur le site. Mais aussi lancer une plateforme RH afin d’aider les entreprises dans leurs recrutements et faire monter en compétence leurs salariés grâce à une bonne couverture des besoins de formations ». De quoi aider les industries de notre territoire à prendre le train des mutations technologiques, organisationnelles et environnementales, gage de pérennisation de notre tissu industriel. Un projet -porté par de nombreux partenaires comme la CDC, PSA mais aussi Excelcar, l’UIMM, l’Institut Maupertuis-  qui suscite un vif intérêt de la part des industriels. « La Janais semble être l’option privilégiée des industries !». Pour l’heure, 2019 sera consacrée au lancement des études liées à l’offre de services. La commercialisation des terrains débutera au premier trimestre 2020.

D’une durée de 3 ans et doté d’un budget de 4 millions d’euros, Breizh Fab a démarré en mars 2018 en partenariat avec la Région Bretagne, le Cetim (Centre technique des industries mécaniques, la FIM (Fédération des industries mécaniques), la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi), l'UIMM (Union des Industries et métiers de la métallurgie) Bretagne, la CCI (Chambre de commerce et d'industrie) Bretagne, l'Institut Maupertuis et Plasti Ouest (organisation professionnelle représentative des entreprises de la Plasturgie et des Composites pour les territoires du Grand Ouest).

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TÉMOIGNAGES

N2C conçoit des machines rétrofitées du futur

Cosette Jarnouën, codirigeante avec son frère Chadi Badra de N2C
Martin Boudier

La PME de Sens-de-Bretagne remet en circulation des machines-outils d’occasion, refaites à neuf.

 

N2C a définitivement mis le cap sur l’industrie du futur. La PME, installée à Sens-de-Bretagne depuis 2004, est spécialisée dans le rétrofit de machines-outils pour le travail du métal. “Nous négocions auprès des constructeurs de machines-outils la reprise de matériels d’occasion que nous remettons à neuf dans nos ateliers”, explique Cosette Jarnouën, codirigeante avec son frère Chadi Badra de N2C. “La machine-outil est entièrement désossée. Seul le bâti est conservé en l'état. Les composants électriques, électroniques, mécaniques et hydrauliques sont vérifiés et remplacés si nécessaire ou rationnalisés. Tout ce qui n'est pas réutilisable est recyclé. Pour la partie électrique, nous changeons même la commande numérique pour offrir une ergonomie, un design et une performance correspondants au neuf”. Le tout en intégrant davantage de composants et de pièces moins impactants pour l’environnement. Lauréate du prix Crisalide Eco-activités en 2017, la PME vise en effet “le rétrofit vert”. Elle assure également l’installation, la maintenance et le service après-vente de ses machines reconstruites, revendues 40% moins chères à des industriels français, d’Inde, d’Amérique Latine, de Corée, du Proche-Orient ou d’Europe. L’entreprise, qui compte 14 salariés, réalise 50% de son activité à l’export et enregistre une croissance de son chiffre d’affaires de 20% à 30% par an.

 

Vers une économie de la fonctionnalité

Nos pratiques ont bel et bien évolué en 15 ans, confirme Cosette Jarnouën. Aujourd’hui, notre équipe est capable de mettre au point une machine rétrofitée du futur, moins énergivore, capable d’analyser son fonctionnement et d'améliorer ses performances. En un mot, une machine intelligente et connectée”. Reconnu "Projet Défi" par l'Ademe en 2016, cette innovation facilite le SAV en réglant les problèmes à distance et permet de proposer une offre full-service de maintenance via la télégestion et la télésurveillance. Depuis peu, N2C a également développé son business model en s’ouvrant au marché de la location de machines rétrofitées, avec le paiement à l’usage. “Notre modèle économique a changé. Il est aujourd’hui basé sur l’économie circulaire et de la fonctionnalité”.  A juste titre, N2C a remporté fin juin le prix Business Models Innovants/ Services de la 1ère édition Crisalide Industrie, qui fait partie du dispositif régional Breizh Fab et animée par Créativ. N2C a ainsi gagné son entrée dans un dispositif d’accompagnement, construit comme un véritable parcours sur mesure. Déjà soutenue par Créativ mais aussi par le Cetim (Centre technique des industries mécaniques), l’entreprise compte sur l’association pour l’accompagner à passer d’une organisation artisanale à une organisation industrielle.

 

Site Internet N2C 

 

 

Euramold investit dans son outil de production

Martin Boudier

L’entreprise, spécialisée dans l’usinage de précision, met les bouchées doubles pour se projeter dans l’industrie du futur. Objectif ? Se démarquer et gagner en compétitivité.   

 

Euramold mise sur le très haut de gamme et la très haute précision pour se démarquer et gagner en compétitivité. Un pari qui s’accompagne pour le spécialiste de l’étude et de la réalisation de moules pour injection plastique d’investissements réguliers, en particulier dans son parc de machines, dont les technologies évoluent constamment. “Nous investissons depuis plusieurs années dans des outils de production de dernier cri. Notre atelier est aujourd’hui entièrement numérisé. Notre PME est une entreprise 4.0, avancent Guy Versabeau et Jean-Pierre Halais, les deux dirigeants de la société installée à Beaucé, près de Fougères. Objectifs ? “ Produire plus vite tout en assurant notre niveau de précision, innover et nous ouvrir à de nouveaux marchés aux contraintes techniques différentes”. Présente dans le secteur automobile, agroalimentaire ou encore cosmétique, Euramold, qui emploie 22 salariés, s’est diversifiée récemment dans l’aéronautique. Elle a doublé son chiffre d’affaires en dix ans.

 

Un campus de proximité des métiers de l'industrie

Cette croissance forte et durable est le résultat de quinze années d’investissement dans la recherche de l’excellence, la formation du personnel et le recrutement de candidats aux compétences techniques”. La PME, qui a intégré en trois ans sept nouvelles recrues, ne cache pas néanmoins ses difficultés à embaucher. “Les métiers de l’industrie souffrent d’un déficit d’image. La jeune génération manque d’information sur notre branche et déserte les formations mécaniques”. Les compétences manquent donc sur notre territoire, or les besoins des entreprises en techniciens de maintenance sont criants. Pour y répondre, les pays de Fougères et Vitré travaillent à la constitution d’un campus de proximité des métiers de l’industrie avec le soutien de la CCI Ille-et-Vilaine, du Conseil Régional de Bretagne, des quatre EPCI de l’arrondissement et de l’UIMM. Les métiers de la maintenance y sont particulièrement bien pris en compte avec le déploiement de cursus  bac -3 à bac +3 et des animations à venir dans le cadre de la semaine de l’industrie. Un projet soutenu par les dirigeants d’Euramold, qui viennent d’ouvrir leur propre bureau d’études. Car si l'entreprise poursuit ses investissements dans des outils de production performants pour innover encore, elle souhaite également gagner en autonomie.

 

Site Internet Euramold

 


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