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, le 21.11.2017

En Bretagne, les réseaux professionnels utiles à la bonne santé de l'entreprise et du dirigeant

Le réseau, levier de croissance incontournable pour développer son affaire ? D'après un sondage Odoxa pour Initiative France (réseau associatif de financement des créateurs et des repreneurs d'entreprise), 90 % des Français pensent qu'il est important de disposer d'un réseau relationnel pour créer ou développer une entreprise. A une époque où tout va plus vite et où les échanges peuvent se faire par écrans interposés, ils sont pourtant nombreux à trouver le temps de participer aux réunions de ces réseaux auxquels ils adhérent selon différents critères (secteur géographique, secteur d'activité, sexe, philosophie...) mais avec un même mot d'ordre : l'union fait la force ! 

Quai des réseaux CCI 22
CCI 22
Les événements Quai des réseaux organisés par les CCI bretonnes (ici dans les Côtes-d'Armor) permettent aux entreprises de découvrir le ou les réseaux susceptibles de leur correspondre.

En cette fin novembre, plus de 260 dirigeants et dirigeantes d'entreprises ont convergé convergé à Carhaix pour assister à la réunion plénière régionale des groupes PLATO. Au programme, des temps d'échanges et des ateliers pour faire se rencontrer les membres des groupes actuellement en activité sur le territoire breton. "Le concept de Plato est né à la fin des années 80, en Belgique, dans une zone industrielle qui déclinait. L'idée était de créer des groupes avec des dirigeants de grandes et de petites entreprises, afin que les grandes aident les plus petites, notamment en partageant leurs méthodes et leur savoir-faire. PLATO est arrivé en France au début des années 2000 et la Bretagne, les Côtes-d'Armor en tête, s'en est emparée", raconte Catherine Lamidon, coordinatrice PLATO Finistère à la CCI métropolitaine Bretagne ouest.

Avec PLATO : le partage en toute confidentialité

Aujourd'hui, 32 groupes PLATO sont constitués en Bretagne et animés par les CCI : ils sont dix dans les Côtes-d'Armor et en Ille-et-Vilaine, sept dans le Finistère et cinq dans le Morbihan. Cela représente 420 entreprises et 80 parrains. Echanges, partages d'expériences et confidentialité sont les mots d'ordre des groupes PLATO qui, une fois constitués, se réunissent une fois par mois pendant deux ans (mais certains apprécient tellement le résultat qu'ils prolongent l'expérience d'une année).

La recette des CCI pour composer les groupes PLATO ? Prenez une quinzaine de dirigeants de TPE ou de PME, issus de secteurs d'activités différents, et ajoutez deux ou trois cadres travaillant pour de plus grandes entreprises locales ou étant spécialisés dans un domaine. Autre ingrédient principal : un territoire commun. "On essaye que les entreprises d'un même groupe soient installées à environ une demi-heure d'un point central. Ce groupe va vivre ensemble pendant deux ans, à raison d'une demi-journée par mois", rappelle Catherine Lamidon. 

Le reste, c'est du sur-mesure puisque le groupe choisit les dates des réunions et les thèmes qui l'intéressent. "Tout y passe : la stratégie marketing, la communication, la prise de parole, la Loi de Finances... Ou alors des sessions de pur échange sur leur quotidien ou leurs problématiques du moment." Le point fort des groupes PLATO, c'est l'union des participants mais aussi l'implication des coaches ou des parrains. "L'animateur prépare et débriefe chaque réunion avec eux. Ils s'engagent pour des raisons diverses : sortir de leur milieu ou de leur secteur d'activité et partager leur savoir, par exemple."

Ce qui intéresse en priorité les participants : la pertinence des intervenants et l'apport "pratico-pratique" qu'ils retirent des réunions. "L'idée c'est avoir des cas concrets, de faire des simulations ou, mieux, de s'adapter aux situations des dirigeants présents. L'exemple de l'un profite aux autres."

 

Lire aussi : PLATO 22 : « L’aventure Adonf, une expérience fabuleuse à vivre »

 

L'APM forme les dirigeants pour le bien des entreprises

Faire profiter aux autres, c'est aussi ce qui anime Emmanuelle Legault (ci-contre avec des membres de son équipe), qui est venue témoigner sur le bouillonnement d'énergies au sein de son entreprise, durant la plénière PLATO. La co-dirigeante du groupe finistérien Cadiou est, depuis septembre, présidente du groupe APM Finistère Ponant, l'un des 22 groupes que ce réseau compte en Bretagne. "L'APM n'est pas un réseau classique, c'est un programme de formations. Nous avons dix réunions par an, durant lesquelles nous recevons des experts de niveau national ou international. Ce sont des intervenants plutôt visionnaires, auxquels nous n'aurions pas accès autrement", détaille Emmanuelle Legault, enthousiaste. Géopolitique, stratégie ou encore religion : différents sujets sont abordés par les intervenants afin d'ouvrir les perspectives des chefs d'entreprises.

En effet, l'APM (Association Progrès du Management) forme depuis 30 ans un réseau d'idées plutôt que d'affaires. En France, comme dans 27 autres pays, les 370 clubs sont animés par une même philosophie : le progrès de l'entreprise par le progrès du dirigeant. "Un dirigeant doit être éclairé, il doit apporter une vision structurelle et d'ouverture à ses salariés", insiste Emmanuelle Legault. Elle est entrée au club Finistère Ponant en 2008. "J'étais une toute jeune chef d'entreprise de 31 ans quand, généralement, on entre à l'APM après 40 ans et avoir été au CJD", note la cheffe d'entreprise, qui reconnaît volontiers l'influence de ce réseau APM sur sa façon de diriger. 

"Je suis opportuniste : j'applique ce que j'apprends. Je partage le contenu des cours avec le comité de pilotage et l'équipe... Tout ce qui me nourrit chez l'APM, j'essaye de l'utiliser pour faire grandir la société grâce à ce que j'ai appris."

 

Lire aussi : Restaurateurs Pointe Bretagne : lieu d'échange et d'entraide pour les professionnels finistériens

 

Le CJD Bretagne engagé dans la formation et la recherche de nouveaux modèles économiques

La nécessité d'un apprentissage permanent, c'est une conviction partagée par Léna Roudaut, fondatrice de la start-up My Movie up et présidente du Centre des jeunes dirigeants (CJD) Bretagne depuis un an. Elle a rejoint il y a dix ans le CJD, d'abord au sein de l'antenne brestoise. Celle qui, de son propre aveu, ne connaissait rien aux réseaux professionnels, y a particulièrement apprécié ce qu'elle y a trouvé. "J'y ai appris énormément de choses et je continue d'apprendre ! Le travail en commissions apporte une vraie richesse dans les échanges, que je n'ai jamais connue ailleurs." La Brestoise y revendique aussi "une notion extrêmement forte d'engagement".
La formation est l'un des deux axes de travail principaux de sa mandature. "L'action est pilotée par Cathy Vallée, responsable formation région au CJD, également élue à la CCIMBO-Brest et future présidente du CJD Brest", précise Léna Roudaut. Le CJD Bretagne y consacre trois temps forts, en novembre, avril et juin. Cette année, une convention signée avec l'Université Bretagne Loire lui a permis de proposer une formation "Regard neuf", inspiré des Doctoriales. Il s'agit de faire se rencontrer les dirigeants d'entreprises et les universitaires. "En juin, cinq entrepreneurs bretons a rencontré un groupe de doctorants qui, pendant deux jours, se sont penchés sur leurs problématiques. Ca a été très positif pour tout le monde", apprécie la présidente du CJD Bretagne, qui voit là l'occasion de rapprocher les deux mondes et de faire bénéficier l'entreprise d'un regard neuf. "La méthodologie, la capacité d'analyse employée par les universitaires, c'est vraiment riche."
Autre formation menée par l'antenne bretonne du CJD, "Le Puzzle de l'innovation" : quatre formateurs interviennent sur des thématiques liées à l'innovation. Le but ? Faire profiter aux entreprises de toutes sortes des méthodes et des outils des start-ups.
 
Dans le même temps, le CJD Bretagne mène actuellement un projet déjà initié par la mandature précédente sur les nouveaux modèles économiques et piloté par Aurélien Pasquier, directeur de l'agence de communication Everest (Rennes). "La première promotion du parcours Nouveaux modèles économiques a débuté il y a un mois et demi. Dix chefs d'entreprises bretons interrogent une partie de leur modèle économique pour y intégrer plus de durabilité, dans tous les sens du terme. Ce dispositif est soutenu et accompagné par la Région Bretagne et l'Ademe." Le CJD Bretagne espère tirer des enseignements de cette expérimentation afin de proposer plus largement aux chefs d'entreprises du territoire (sans qu'ils soient forcément membres de ce réseau) de s'engager dans ce parcours. "Nous souhaitons développer un 'club' pour sensibiliser largement à cette culture d'un nouveau modèle économique et de durabilité", insiste Léna Roudaut.
 
Fort de 450 adhérents, répartis en huit sections, le CJD Bretagne a d'ailleurs mis cette notion de durabilité au programme de son congrès régional, le 8 février 2018, à Saint-Malo, orchestré par Eric Pelherbe. "La thématique sera celle de l'infini potentiel, détaille Léna Roudaut. L'après-midi, les intervenants seront Franck Zal (Hemarina), Sébastien Menguy (La Vallée des Saints), Yoann Le Névé (Hellfest), Roland Jourdain (Kaïros) et Christian Buchet (Le Grenelle de la mer). Le soir se tiendra une conférence de Virginie Guyot, première femme commandant de la Patrouille de France, et Guillaume Néry, apnéiste français. Ils aborderont l'infini potentiel de la relation humaine."
 
Et la présidente du CJD Bretagne de souligner : "Depuis 1938, le Centre des jeunes dirigeants porte la notion d'une économie au service de l'Homme. Un axe globalement repris par beaucoup de réseaux... et c'est tant mieux !"

 

Femmes de Bretagne soutient  l’économie locale 

Plus récemment, l’association Femmes de Bretagne a vu le jour il y a trois ans, à l’initiative de Mary Eloy. « Au début, nous avions la simple ambition de créer un réseau social capable d’inspirer et d’encourager les femmes à entreprendre en véhiculant des valeurs d’entraides et de bienveillance, indique-t-elle. J 'ai créé l'association pour donner un élan et rompre l'isolement de celles qui veulent entreprendre et, bien souvent, n'osent pas ». Aujourd’hui, Femmes de Bretagne compte près de 6.000 adhérents en Bretagne et Loire-Atlantique. Une cinquantaine de bénévoles animent entre 30 et 40 rencontres mensuelles ainsi que des ateliers destinés à encourager l'entrepreneuriat au féminin. Fort de ce succès, le réseau s'est structuré et de nombreux  partenaires, institutionnels et groupes bancaires en majorité, soutiennent activement la démarche.

Très récemment, le cabinet conseil parisien Utopies a montré l'impact de Femmes de Bretagne sur l'économie locale. Bilan :  un emploi sur 500 en Bretagne est « soutenu » par les 1.459 entreprises du réseau avec un effet multiplicateur de 1,63. Ces  emplois sont solidement ancrés dans le territoire. En créant des activités non délocalisables, en utilisant des ressources locales, les entreprises du réseau Femmes de Bretagne portent un projet alternatif au modèle mondialisé.

 

Lire aussi : Le Club du Pays d'Auray joue la carte du territoire

Jean-François Garrec CCI Bretagne

Jean-François Garrec
Président de la CCI Bretagne

Parole d'élu
La force des réseaux d’entreprise

Les réseaux d'entrepreneurs sont aujourd’hui nombreux et nécessaires dans la compétition que se livrent les territoires entre eux. Pour les Chambres de commerce et d’industrie, le sujet n’est pas nouveau ; plusieurs d’entre elles en ont fait un axe stratégique de leur politique, s’investissant à la fois dans l’animation de clubs, de réseaux filières, d’associations de zones d’activités et de communautés virtuelles…

En Bretagne, « Quai des réseaux », notamment, est  devenu un rendez-vous incontournable. Porté par les CCI à l’échelle de leur territoire, l’évènement attire chaque année entre 300 et 500 chefs d’entreprise, à Saint-Brieuc, Lorient, Quimper ou Rennes, où il s'appelle "Forum des réseaux d'entreprise". Qu’il s’agisse de l’organisation d’une telle soirée, du fonctionnement de certains réseaux ou de l’animation de « PLATO », un réseau qui a la particularité de chercher à mailler des PME locales avec des grandes entreprises, les CCI bretonnes ont fait des réseaux un véritable outil de développement économique.

Briser la solitude du chef d'entreprise est la première vertu de ces clubs et réseaux de dirigeants. Ils permettent de discuter entre pairs, de bénéficier de l'expérience d'un mentor, d'agrandir son propre réseau et de développer ses compétences, sa vision et ses affaires. Accélérateur quand tout va bien, le réseau aide aussi à affronter les moments difficiles. Ne passez pas à côté.  Les CCI vous conseillent et vous mettent en relation avec le réseau professionnel de votre choix.



Pour tout savoir des groupes Plato :

Côtes-d'Armor

Sophie Payoux-Chevillard : tél. 02.96.78.72.33 ou sophie.payoux-chevillard@cotesdarmor.cci.fr

Finistère

A Brest : tél. 02.98.00.38.00 ou plato.brest@bretagne-ouest.cci.bzh
A Morlaix : tél. 02.98.62.39.39 ou plato.morlaix@bretagne-ouest.cci.bzh
A Quimper tél. 02.98.98.29.29 ou plato.quimper@bretagne-ouest.cci.bzh

Ille-et-Vilaine

Anne-Yvonne Mathieu : tél. 02.99.23.63.84 ou amathieu@rennes.cci.fr
Christine Delaunay : tél. 02.23.20.37.15 ou cdelaunay@rennes.cci.fr
Ghislaine Le Sayec : tél. 02.99.23.63.85 ou glesayec@rennes.cci.fr

Morbihan

Fabienne Le Galliot : tél. 02.97.02.40.00 ou f.legalliot@morbihan.cci.fr 

Repères

Evénement à venir 

Septième édition du Forum des réseaux d'entreprises, organisé par la CCI d'Ille-et-Vilaine, le mardi 5 décembre, à Rennes.

Des pistes pour trouver un réseau professionnel en Bretagne

Sur le site de la CCI Bretagne
L'annuaire des réseaux morbihannais sur Quai des réseaux 56
La liste des réseaux de Cornouaille, par filière et par métier
Le guide des réseaux économiques dans les Côtes-d'Armor
L'annuaire des réseaux d'entreprises en Ille-et-Vilaine paraîtra courant décembre
 

Les réseaux féminins

Sur tout le territoire : Femmes de Bretagne et Entreprendre au féminin
Dans le Finistère : Ell'à Brest et Ell'en Cornouaille, réseaux de femmes cadres
Dans les Côtes-d'Armor : Par Elles, réseau de femmes en responsabilité

Les réseaux de financement

Le Réseau Entreprendre Bretagne
Le réseau Initiative Bretagne