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Slow fashion : imaginées à Brest, les baskets d'Umòja misent sur l'artisanat et la transparence

Julie Menez, le 10.04.2019

Déjà identifiée au niveau national par des réseaux spécialisés dans la mode éthique, la marque brestoise Umoja Shoes va s'offrir un bain de foule d'ici quelques jours. Direction la Foire de Paris pour y présenter ses sneakers alliant modernité et savoir-faire artisanaux. Une belle opportunité de gagner en visibilité pour ces baskets, disponibles sur l'e-shop de la marque... et dans une boutique de San Francisco.

Umoja baskets
Umòja Shoes

Rien ne prédisposait Dieuveil Ngoubou et Lancine Koulibaly à créer une marque de baskets éthiques. Et pourtant. "Mon parcours professionnel n'était plus en phase avec mes idéaux, raconte Dieuveil Ngoubou, 26 ans. Lors d'un voyage en Afrique de l'ouest, j'ai découvert un artisanat en perte de vitesse et concurrencé par la production industrielle asiatique."

Germe alors l'envie d'un projet qui permettrait de redonner de la dignité à ces artisans africains, réflexion dans laquelle Dieuveil Ngoubou embarque son ami Lancine Koulibaly. Tous deux quittent alors les milieux du droit et de l'assurance et, pour donner corps à leur idée, choisissent Brest, ville où ils se sont rencontrés durant leurs études. "Nous avons opté pour des baskets car il s'agit d'un produit intemporel qui se prête bien au mariage de la tradition et de la modernité."

Un savoir-faire inscrit au Patrimoine immatériel de l'Unesco

Umòja Shoes est créée en 2017. Aujourd'hui, c'est une première collection de baskets originales et mixtes qui font la part belle aux matières naturelles et à un savoir-faire ancestral. Surtout, les deux jeunes entrepreneurs (ci-contre) ont été très attentifs à remonter toute la chaîne de production pour proposer des sneakers aussi éthiques que possibles. Une démarche parfaitement transparente qui a aussi du sens à l'heure où l'impact environnemental de la mode est de plus en plus pointé du doigt.

"Nous utilisons au maximum des matières naturelles, des fils naturels, du coton bio et non blanchi, des fibres comme le raphia, le bananier, du liège du Portugal, et le lubugo, textile ougandais obtenu à partir d'une écorce battue à la main. Un savoir-faire inscrit au Patrimoine immatériel de l'Unesco et considéré comme l'un des plus vieux savoir-faire textile du monde", détaille Dieuveil Ngoubou.

Outre sa démarche de sourcing et de production respectueuse des artisans, Umòja Shoes a ajouté un volet social à sa petite entreprise. Le duo soutient ainsi des actions d'insertion, notamment en faveur des femmes, au Burkina Faso.

Lauréat du concours Start-up Boost'

Son engagement, ainsi que ses modèles branchés, font déjà beaucoup parler de la jeune marque brestoise. Lauréate du concours Start-up Boost' de la Foire de Paris, Umòja va pouvoir y présenter ses sneakers, du 27 avril au 8 mai. Une formidable opportunité, quand on sait que 500.000 visiteurs sont attendus au parc des expositions de la Porte de Versailles.

Avant ça, le 24 avril, Umojà participera à une table ronde organisée à Paris dans le cadre de la Fashion Revolution Week (mouvement né suite à l'effondrement du Rana Plaza, qui abritait des ateliers de confection, au Bangladesh, en 2013), sur le thème de la transparence. L'occasion pour les Brestois de faire entendre leur voix auprès d'entreprises déjà reconnues comme 1083 (les jeans fabriqués en France), Hopaal (marque favorisant l'économie circulaire) ou encore le Slip français (trublion du made in France).

"Une autre mode est possible"

Umòja a reçu le label Une autre mode est possible et est référencé par la plateforme Sloweare, qui référence les acteurs de la mode éco-responsable. La jeune pousse, incubée à l'Enstartup, est soutenue par le Technopôle Brest Iroise et le réseau Initiative Pays de Brest, qui lui a octroyé un prêt d'honneur de 20.000 €. Elle commercialise ses sneakers sur son e-shop et a, pour l'instant, un seul revendeur. Une boutique de San Francisco qui a craqué sur ces sneakers éthiques, découvertes sur Instagram.  

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