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Prix Stars & Métiers : trois savoir-faire finistériens récompensés

Julie Menez, le 18.03.2019

Parce qu'elles innovent et se développent dans la pratique artisanale de leur métier, trois entreprises finistériennes ont été distinguées d'un Prix Stars & Métiers. Organisée par la Banque Populaire Grand Ouest et la Chambre de métiers et de l'artisanat du Finistère, en partenariat avec la Socama, la cérémonie de remise des prix s'est déroulée à l'Ifac - Campus des métiers, à Guipavas, le jeudi 14 mars.

Lauréats 2019 Stars et Métiers
Stars & Métiers

Grand prix de l'entrepreneur

"Le métier de brasseur implique une partie technique mais aussi du relationnel avec les clients, je m'y retrouvais bien", indique Olivier Lallemand qui, après trois ans de reconversion a ouvert la Brasserie du Bout du monde, à Rosnoën, fin 2013. Il y produit aujourd'hui une gamme de 15 bières, dont cinq d'entre elles viennent d'obtenir une écocertification. En seulement cinq ans, la Brasserie du Bout du monde a décroché 37 médailles et distinctions en tous genres, en Bretagne, en Belgique, à Hong-Kong…"C'est toujours intéressant de montrer nos produits. Pour résumer, mon métier, c'est de l'eau, de l'orge et de la communication."

La brasserie d'Olivier Lallemand est une des seules brasseries souterraines de France. Si, face au succès, le site de 300 m², commence à saturer, l'entrepreneur prévoit de "garder le sous-terrain, qui est idéal pour le vieillissement en fûts de chêne." Le reste de la production déménagera au troisième trimestre 2019 à quelques centaines de mètres de là, sur un nouveau site de 1.000 m², avec une boutique qui permettra d'observer le travail des brasseurs.

Après avoir conquis le marché breton, Olivier s'attaque maintenant au national, grâce à une collaboration avec le Comptoir Irlandais, qui distribue ses bières dans 45 boutiques en France. Olivier Lallemand regarde aussi "vers de nouveaux marchés" avec déjà des exportations à Taiwan et au Luxembourg. "Même si on s'agrandit, on garde toujours notre âme d'artisan : nous sommes une entreprise familiale, où les sept salariés se connaissent et se serrent les coudes au quotidien."

Grand prix innovation

Le joaillier Eric Nion, dont la boutique est installée rue de Siam, à Brest, a vu ses investissements dans la haute technologie récompensés. "Depuis 30 ans, je faisais mon métier classiquement, tout en voyant que la haute joaillerie réalisait des choses impossibles à faire à la main, grâce à des lasers et des fraiseuses 3D", raconte le professionnel, diplômé de l'école du Louvre.

C'est à l'issue d'une visite du salon international de la joaillerie à Munich, en 2016, qu'il prend conscience des évolutions technologiques du secteur et investit dans la modélisation 3D. Depuis, la création de bijoux se fait en direct avec le client. "Toutes les étapes se font devant lui, il peut intervenir à tout moment, suivant ses goûts." La conception peut alors durer une ou deux heures, "mais in fine on n'a jamais autant gagné de clients", note le joaillier. Il réalise ensuite une maquette en résine, grâce à une imprimante 3D. Un process qui lui avait valu, fin 2017, de recevoir un prix national, au concours Les Pros ont du talent.

Les nouvelles technologies permettent même à l'artisan brestois de viser une clientèle plus éloignée. Grâce à son épouse polyglotte, Katerina, Eric Nion vise les marchés internationaux. Posséder une boutique n'est désormais plus une nécessité pour celui qui veut tout miser sur la conception, sur rendez-vous, afin d'éviter les inconvénients du commerce classique.

Grand prix responsable

Ancien technicien aéronautique sur les systèmes électriques embarqués, Ronan Salaun a l'idée d'associer cette expérience au monde du vélo. En 2008, il fait partie des pionniers quand il ouvre la première boutique Vélozen sur le port de Brest. "A l'époque, on était trois en France à ne faire que des vélos électriques", se souvient le Finistérien. En plus de la vente de vélos électriques et d'accessoires, l'entreprise assure aussi les réparations. Les clients peuvent également les tester autour de la boutique ou les louer pour un essai plus long.

Outre les particuliers, de nombreuses entreprises et administrations ont également succombé aux avantages du vélo électrique : "Avec la politique de mobilité rendue obligatoire pour les entreprises de plus de 100 salariés, les institutions ont un devoir d'exemplarité. Et la mobilité douce est une bonne solution idéale pour les déplacements des agents, sans émission de CO², ni de nuisance sonore." Fin 2017, Vélozen et ses douze salariés ont quitté Brest pour s'installer à Gouesnou, dans un bâtiment neuf de 800 m², avec 400 m² de showroom et une petite piste d'essai intérieure, un concept unique en France.

Face au succès de la vente en ligne, qui mobilise deux salariés à temps plein, Ronan Salaun développe également ses projets Web. Avec plus de 600 vélos vendus en 2018, le chef d'entreprise sent désormais venir les nouvelles tendances : le VTT électrique, mais aussi les attentes des jeunes familles "qui veulent lâcher la voiture" dont la préférence va aux biporteurs ou vélos cargos permettant de transporter les enfants.

Une vidéo de présentation de leur entreprise, mettant en avant leur savoir-faire, a été offerte à chaque lauréat. 

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