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Ports de pêche en Cornouaille : 52.700 tonnes débarquées en 2017

Julie Menez, le 16.01.2018

Depuis plus de 30 ans, la Chambre de commerce et d'industrie métropolitaine Bretagne ouest (CCIMBO) - Quimper a la gestion des ports de Cornouaille : Audierne, Concarneau, Douarnenez, Le Guilvinec, Lescolil, Loctudy et Saint-Guénolé. Elle vient de remporter l'appel d'offre pour continuer, pour encore huit ans. L'occasion de faire un bilan général de l'activité pêche en Cornouaille en 2017 et d'évoquer les investissements prévus dans les ports, en 2018 et pour les années suivantes.

Ports de Cornouaille criées
Archives Bretagne Economique
"Les ports de Cornouaille représentent 25 % de la pêche fraîche de France", a fait remarquer Jean-François Garrec, président de la CCIMBO-Quimper à laquelle le conseil départemental vient de confier à nouveau la gestion des ports de Cornouaille. Un dossier important pour la chambre, qui veut tout faire pour en maintenir la dynamique économique. 
 
En effet, la filière pêche de Cornouaille  pèse 5.000 emplois, dont 3.500 personnes qui travaillent dans les ports d'Audierne, de Concarneau, de Douarnenz, du Guilvinec, de Lesconil, de Loctudy et Saint-Guénolé Penmarc'h.
 

2017 : les faits marquants

Un prix moyen en hausse

Au total, ce sont 52.700 tonnes qui ont été débarquées dans les ports de pêche de Cornouaille en 2017 : 39.189 tonnes (soit une baisse des apports sous criée de 5,44 % par rapport à 2016) pour une valeur de 138.5 M€ vendues en criée (-4,4 %) et 13.511 tonnes (+14,5 %) pour une valeur de 19 M€ (+ 30 %) vendues hors criée. 

Le prix moyen, lui, enregistre une hausse de 1,2 %.

Si l'activité de pêche côtière se maintient depuis trois ans à un bon niveau, avec un prix moyen soutenu à 6,13 €, en revanche, la pêche hauturière est davantage impactée par cette baisse des tonnages (- 10 %). Parmi les explications, "le départ de sept navires, des arrêts techniques longue durée et des quotas", énumère Christophe Hamel, directeur des criées de Cornouaille. Cependant, le prix moyen de la pêche hauturière atteint 3,62 €, soit + 2,5 %.
 

Vente unique du poisson bleu

En 2017, les apports de la bolinche ont enregistré une baisse de 3 % du tonnage et une baisse de 8 % de la valeur, en raison de la chute du prix de l'anchois. 

La mise en place d'une vente unique du poisson bleu a eu plusieurs effets bénéfiques : cela a permis de consolider le prix sur le premier semestre, de limiter les différences de prix entre les ports et de réduire le nombre de ventes. La CCI quimpéroise réfléchit d'ailleurs à la mise en place d'une vente unique de la pêche hauturière, au second semestre 2018, si les professionnels y sont favorables.

Prévision d'apports nationale gérée au Guilvinec

Depuis le 1er décembre 2017, la criée du Guilvinec édite un bulletin de prévision des apports, émis au niveau national. 

205 acheteurs enregistrés

En 2017, 147 Cornouaillais et 58 extérieurs au territoire ont été comptabilisés.

70 % des achats se font par Internet. D'ailleurs, la part de la vente à distance est supérieure à 60 % dans tous les ports de Cornouaille (jusqu'à 98 % à Audierne en 2017), excepté à Concarneau (39%). Ce qui s'explique par un grand nombre de poissonniers présents, qui achètent en direct.

Enfin, 57 % des lots sont achetés à distance et "les achats de gros lots sont en hausse", remarque Christophe Hamel.

Les investissements 2017

La CCIMBO-Quimper a investi 2,7 M€ dans les ports de Cornouaille en 2017 (4,4 M€ entre 2016 et 2017), notamment des investissements spécifiques, rendus obligatoires par la fin du contrat de concession, finalement renouvelé. Les deux points principaux d'investissements ont été la réhabilitation des anciens locaux commerciaux de Concarneau et la mise aux normes environnementales.

Les essais de glace liquide

Afin de valoriser les produits pêchés et d'améliorer les conditions de stockage, la direction des criées de Cornouaille a décidé d'expérimenter la glace liquide. "Elle refroidit plus vite le poisson. Il nous reste à voir comment injecter ce coulis entre les bacs", dit Christophe Hamel, qui précise que la glace liquide testée ne brûle pas le poisson.

Démarche qualité

Afin d'harmoniser au niveau régional les règlements d'exploitation et de préciser les responsabilités de chacun, la CCI fait partie d'un groupe de travail régional.

La délégation d'exploitation de service public reconduite pour huit ans

La CCIMBO-Quimper, qui gère depuis plus de 30 ans les ports et les criées de Cornouaille, a été seule à se porter candidate à sa propre succession. Le conseil départemental lui a une nouvelle fois attribué la gestion de ces équipements. Le contrat court sur huit ans. 

Dans sa candidature, la chambre a pris pour hypothèse de travail une légère diminution de la flotille sur huit ans, une ressource moyenne et, de ce fait, un prix moyen qui continue d'augmenter, également en raison du Brexit (+ 3% par an, à partir de 2021). Elle s'est aussi fixé plusieurs engagements :

  • renforcer l'attractivité des criées
  • maintenir un développement harmonieux des équilibres territoriaux en recherchant une dynamique économique pour chacun des sept ports
  • faire preuve d'exemplarité environnementale

Sur ce dernier point, elle travaille déjà en ce sens au quotidien et a d'ailleurs mis aux normes toutes les aires de carénage.

Les investissements

Le programme d'investissement atteint les 28,6 M€. "Un programme ambitieux, parce que le contrat est court", a reconnu Philippe Le Carre, directeur de la délégation de Quimper et des ports. Il détaille : "8,6 M€ apportés par la CCIMBO-Quimper et dégagés sur l'exploitation, 15 M€ de subventions d'investissement du Syndicat mixte et 4,9 M€ du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche".
 
Parmi les investissements programmés :
  • 10 M€ pour la modernisation du port du Guilvinec, force de la pêche hauturière et côtière
  • 3 M€ pour la mise aux normes du slipway de Douarnenez et pour les rejets d'eau de mer (5 M€)
  • 2,75 M€ pour la réhabilitation des équipements et outillages de la criée de Concarneau (le gros oeuvre étant à la charge du Syndicat mixte)
  • 1,3 M€ pour renouveler tous les treuils et grues de débarquement des ports de Cornouaille. Un investissement qui va courir sur les toutes premières années du contrat de délégation de service public

Enfin, 1,1 M€ va être dédié à la modernisation du système de vente en criée. L'objectif ? Le fiabiliser pour s'adapter à la montée en puissance de la vente par internet et dupliquer le modèle de vente unique du poisson bleu sur la pêche hauturière de Cornouaille, "en concertation avec les professionnels", prévient Philippe Le Carre.

Harmoniser les tarifs

La CCI veut harmoniser les tarifs sur l'ensemble des ports afin de proposer un catalogue tarifaire unique (excepté pour le slipway de Douarnenez). Il s'agit aussi de clarifier les choses pour les acheteurs. "Derrière les tarifs, il y a une politique de territoire", résume Philippe Le Carre.


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