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Construction- BTP. « Nous devons tous nous sentir dans le même bateau », estime Romain Lehoux, directeur général de Marc SA (35)

Véronique Maignant, le 29.04.2020

 Filiale du groupe Gagneraud, Marc SA est aujourd’hui un des leaders des travaux publics et du bâtiment en Bretagne. Avec son siège social à Pleurtuit en Ille-et-Vilaine, il emploie 1 100 collaborateurs réparties dans 17 agences. Alors qu’on assiste à la reprise d’un certain nombre de chantiers, Romain Lehoux, son directeur général, lance un appel à la « nécessaire solidarité et bienveillance de la part de tout leur écosystème. » 

Romain Lehoux, Directeur général de Marc SA à Pleurtuit en Ille-et-Vilaine

De nombreux chantiers sous maîtrise d’ouvrage publique et privée, suspendus depuis le 17 mars suite aux mesures du confinement, ont repris ou vont reprendre cette semaine en Bretagne. Pour autant, la profession estime qu’elle ne pourra pas reprendre toutes ses activités ni assumer tous les impacts de cette situation inédite." L'ordonnance relative aux marchés publics ne règle pas tous les sujets. Elle ouvre seulement la porte à la négociation, insiste Romain Lehoux. J’en appelle, au nom de tous les acteurs concernés, à la nécessaire solidarité et bienveillance attendues de toute la chaine du secteur pour que la reprise puisse être assurée dans la profession. »

 De fait, si les entreprises sont rentrées nécessairement dans un schéma de gestion contractuelle pour essayer de se préserver, n’en demeure pas moins le besoin de faire comprendre, tant leurs problématiques, que leur organisation même. « Les entreprises dans leur grande majorité ne pourront pas reprendre 100 % de leur activité avec 100 % de leurs capacités !  Dans notre cas par exemple, sous environnement Covid 19, la reprise potentielle de nos activités sera de l’ordre de 60 à 70 % (avec 75 à 85 % des effectifs chantiers). Même si nous réussissons à redémarrer 80 ou 90 % des chantiers, ils tourneront nécessairement en mode contraint et dégradé. » 

 

 Impacts et coûts multiples :  qui prend en charge quoi ?

 Dans ce contexte, les entreprises affectées auront à trouver un positionnement « juste et au bon niveau » de leur environnement, sur la prise en charge des surcoûts, directs comme indirects, liés à la reprise d’activité.  Achats des fournitures, organisations de chantier avec mise en place de réfectoires et vestiaires complémentaires, collaborateurs équipés de matériel électroportatif individuels pour éviter trop d’interactions, nouveaux modes de transport des compagnons avec une seule personne par fourgon 3 places : « dossier par dossier et au cas par cas, la question va être : qu’est ce qui est pris en charge et par qui ? Maîtres d’ouvrage publics ou privés : il s’agit de réfléchir ensemble à un mode de prise en charge ou de compensation adapté avec une clé de répartition juste. Les entreprises ne peuvent subir seules et de plein fouet tout cet amoncellement de surcharges : il faut trouver un nouvel équilibre entre ce qui a été vendu et ce que coûte à présent tout chantier. »

 La question des coûts indirects liés à la mise en application des gestes barrières et nouveaux protocoles doit aussi être évoquée. « Temps d’équipements des personnes (masques et gel hydroalcoolique), de désinfection des lieux et de son matériel… Toutes ces opérations viennent directement impacter nos niveaux de marge, assez faibles dans nos secteurs. Mais 30 minutes passées par jour à accomplir sur le terrain ces opérations : sur une journée de 7H30, cela représente une perte nette de productivité. A cela s’ajoutent s’ajoute aussi un certain nombre de frais fixes ou frais généraux. Si l’assiette de Chiffre d’Affaire sur laquelle on calcule le % de frais généraux diminue, c’est une « casse » directe que les structures vont devoir endosser ! »

 

 Vers un pacte de non-agression ?

Les problématiques de délais et pénalités de retard constituent deux autres sujets hautement sensibles pour Romain Lehoux. « Côté marchés publics, l’ordonnance relative au Code des marchés publics, couvre en théorie les entreprises du secteur, même si cela reste à l’appréciation des Maîtres d’ouvrage. Côté privé ? Rien n’est imposé au niveau de la réglementation.  Si les Maîtres d’Ouvrage ne sont pas attentifs et bienveillants à notre égard, la survie d’entreprises de nos secteurs d’activité pourrait être mise en péril.  En complément, il conviendra dans la période d’être vigilants sur le respect des délais de paiement. Nos trésoreries sont déjà très impactées par la gestion de crise. »

 « Tout cet environnement génère une organisation limitant le nombre de collaborateurs sur les chantiers, cela allonge mécaniquement les délais de réalisation, soit potentiellement encore un différend à régler avec le maitre d’ouvrage. Comme toutes les autres entreprises du secteur de la construction et du BTP, je ne le souhaite pas. Nous devons tous nous sentir dans le même bateau ! », conclut Romain Lehoux.

Marc SA

 


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