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Centrale à gaz de Landivisiau : le monde économique veut faire entendre ses arguments

Julie Menez, le 15.03.2019

Les acteurs économiques du Finistère défendent la future centrale à cycle combiné au gaz de Landivisiau. Alors que les opposants au projet - auquel ils reprochent son impact sanitaire et écologique, notamment - se mobilisent sur le chantier, ses soutiens veulent aussi faire valoir leurs arguments.

Défense centrale gaz Landivisiau

A l'origine, il y a une étude prospective sur la problématique de sécurisation de l'approvisionnement électrique de la Bretagne datée de 2009 et démontrant la nécessité pour la région de se doter d'un nouvel outil. "Nous avions constaté un déséquilibre entre la production et la consommation. La centrale à gaz s'est alors imposée comme le meilleur compromis pour pallier la production des énergies renouvelables qui sont intermittentes", rappelle Jean-Paul Kerrien, vice-président d'Investir en Finistère. Inscrite au Pacte électrique breton, la future centrale figure aussi dans le plan de mandature 2017-2021 de la Chambre de commerce et d'industrie métropolitaine Bretagne ouest (CCIMBO). 

Pour cause, les acteurs économiques réunis ce jeudi 14 mars face à la presse, se déclarent toujours unanimes face à la nécessité que le projet (qui a obtenu toutes les autorisations) aboutissent. Ils répondent ainsi aux opposants réunis sous la bannière du collectif Gaspare (Garantir l'avenir solidaire par l'autonomie régionale énergétique).

La création d'emplois

Alain Guillerm, entrepreneur de Plouvorn et vice-président de la Fédération du bâtiment du Finistère, y voit "un projet structurant, au même titre que la plateforme de la Sica (qui s'est heurtée à plusieurs recours depuis des années)". Il met aussi en avant les retombées économiques (de 30 à 40 M€) pour le territoire, au regard des 300 M€ d'investissement. Le chantier doit générer entre 800 et 1.000 emplois. Une fois en activité, la centrale à gaz serait créatrice de 80 emplois, la moitié pour l'exploitation, le reste pour la maintenance. Alain Guillerm rappelle que le projet prévoit "la création d'un guichet d'emplois uniqué piloté par la CCI et Pole Emploi, des clauses d'insertion sociale, des stages..."

Les défenseurs de la centrale à gaz de Landivisiau rappellent aussi l'importance de sécuriser l'apport en électricité aux entreprises, de l'industrie aux exploitations agricoles. "Si on fait des efforts sur nos exploitations pour réduire nos consommations d'énergie, nous ne pouvons pas faire sans. Nous en avons besoin pour les systèmes de ventilation, de climatisation, la traite...", plaide Thierry Marchal, vice-président de la Chambre d'agriculture du Finistère. D'après Jean-Paul Chapalain, président de la CCIMBO-Morlaix, et Jean-Luc Prat, élu de la CCIMBO-Morlaix et à la CCI Bretagne, la situation "en bout de ligne" du Finistère-Nord peut décourager des entreprises à s'installer sur le territoire et donc à y créer de l'activité, source d'emplois directs comme indirects.

Le risque économique

Une inquiétude compréhensible, estiment Jean Le Vourc'h et Yves Edern, président et secrétaire du Gesper (Groupe d'études et de soutien en faveur de la production des énergies renouvelables). Ils pointent le retard du déploiement des énergies renouvelables en Bretagne ainsi que la dépendance de la région qui fait venir une partie importante de son électricité. "Le 24 janvier 2017, nous avons importé 4.535 mégaWatts, franchissant ainsi un record historique." La future centrale cycle combiné gaz de Landivisiau devrait être en capacité de produire 440 mégaWatts.

Pour Yves Edern, elle présente aussi un autre avantage : produire 1 million de tonnes de CO2 en moins, par rapport à la centrale à charbon de Cordemais, dont l'arrêt est programmé d'ici 2022. "Et après, comment ferons-nous si nous n'avons pas d'unité opérationnelle en Bretagne ?", s'interrogent les défenseurs de la centrale à gaz de Landivisiau qui redoutent de connaître un jour le pire scénario : celui d'un blackout total.

De gauche à droite : Jean-Paul Chapalain et Jean-Luc Prat (président et vice-président de la CCIMBO-Morlaix), Alain Guillerm (vice-président de la Fédération du bâtiment du Finistère), Thierry Marchal (vice-président de la Chambre d'agriculture du Finistère), Jean-Paul Kerrien (vice-président d'Investir en Finistère), Jean Le Vourc'h et Yves Edern (président et secrétaire de Gesper).


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