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Banques : l’encours de crédits aux entreprises bretonnes continuent de grimper

Véronique Maignant, le 15.05.2019

Nouvellement élu pour deux ans à la tête de la présidence du Comité des banques FBF de Bretagne, Yann Lejolivet présentait, ce mardi 14 mai, le bilan de l’activité bancaire en région. Début 2019, le cap des 100 milliards d’euros d’encours de crédits accordés à l’économie bretonne a été franchi dont 37 milliards d’euros aux entreprises. De quoi satisfaire les différents acteurs économiques.

Yann Lejolivet vient d'être élu à la présidence Comité des banques FBF de Bretagne

L’activité économique a eu beau freiner en seconde partie d’année 2018, les banques bretonnes ont continué à financer l’économie régionale à un rythme soutenu. A fin février 2019, le cumul des crédits accordés s'élève à plus de 100 milliards d’euros dont près de 40% pour le seul département de l’Ille-et-Vilaine. Ce montant est en hausse de 5,25 % sur un an. Les crédits d’équipement et de trésorerie des entreprises absorbent 37 milliards d’euros (+4,3% sur un an), ceux dédiés aux logements des ménages, 60 milliards d’euros (+6%). « Le dynamisme de la Bretagne en matière de démographie et de création d’emplois explique cet accroissement », indique Yann Lejolivet. Cela tient aussi dans la faiblesse des taux pratiqués depuis plusieurs années et qui devrait encore se poursuivre ».

 

Le recours à la médiation en baisse de 30% en un an

Ainsi, la France connaît toujours une croissance plus dynamique que la zone euro (+ 2,8 %), avec des taux plus favorables pour les emprunteurs. « En France, celui appliqué aux PME est de 1,70% contre 1,97 % dans la zone euro. 9 ménages sur 10 bénéficient d’un prêt à taux fixe. Il est accordé selon la capacité de remboursement de l’emprunteur et non pas la valeur du logement acquis. C’est une particularité nationale qui entraîne un taux de sinistralité parmi les plus bas d’Europe, 1, 43 % » relève Yann Lejolivet. Cette bonne santé économique alliée à un contexte d’offre de crédit abondante influe aussi sur le recours à la médiation du crédit. C’est particulièrement vrai en Bretagne où entre 2017 et 2018 le nombre de saisines a diminué de 30% contre 12,7 % au niveau national. « Nous constatons une relative amélioration de la situation financière des entreprises. Cependant, si le nombre des liquidations est en baisse, les redressements judiciaires concernent de plus en plus les PME, à savoir des sociétés de taille plus importante ».

Les banques qui se sont engagées à apporter une attention particulière aux commerçants et artisans touchés par les manifestations des Gilets jaunes reçoivent toujours peu de demandes d’aide. « A ce jour, on ne constate pas un surplus de défaillances, mais la prudence reste de mise. On peut imaginer qu’un certain nombre d’entre eux sont en train de solliciter leur trésorerie pour compenser la baisse de chiffre d’affaires. Les mauvaises surprises arriveront peut-être en seconde partie d’année ».

 

Promouvoir l’inclusion bancaire

Si de plus en plus de personnes bénéficient d'offres bancaires réservées aux clients fragiles financièrement, ces services d'inclusion bancaire" sont bien loin de profiter à tous ceux qui pourraient y être éligibles. Les réseaux bancaires doivent donc se mobiliser plus fortement en faveur de ces dispositifs. « En France, 99% de la population est bancarisée rappelle Yann Lejolivet. Le droit au compte existe ». Ce dispositif, distinct des offres spécifiques, permet à une personne physique ou morale qui se voit refuser l'ouverture d'un compte par un établissement de saisir la Banque de France, laquelle doit désigner une agence obligée de fournir un service bancaire de base gratuit. Le réseau bancaire breton annoncera aussi, en juin prochain, ses engagements prioritaires dans le cadre de la Breizh Cop. « Nous partageons les ambitions de la Région à l’horizon 2040. Certaines comme l’accompagnement de projets dans l’écodéveloppement ou les énergies renouvelables sont déjà au cœur de notre activité ».

 

Dans ce contexte favorable, des questions demeurent quant à la durabilité de la croissance économique face aux taux d’intérêt négatifs. Aujourd’hui, si une banque commerciale veut déposer des liquidités à la banque centrale, en zone euro, elle devra payer pour le faire. « L’argent que nous déposons est rémunéré à - 0,4 %. Dans ces conditions, les Etats n’ont aucun intérêt à se désendetter. Les vrais effets négatifs sont en fait ignorés », analyse Yann Lejolivet.

 


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