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Avec sa peinture blanche, l'entreprise finistérienne Cool Roof rafraîchit les bâtiments

Julie Menez, le 04.06.2018

Avec sa solution innovante d'une peinture blanche fortement réflective pour les toitures, Cool Roof permet aux entreprises et collectivités de faire des économies d'énergie et des économies tout court ! Installée entre Brest et Quimper, la jeune entreprise a récemment été distinguée d'un prix remis à Bercy, lors du forum des éco-entreprises, et a plusieurs projets d'importance en prévision, à Paris et dans le sud de la France. 

Peinture blanche toits
Cool Roof

Une peinture qui permet de faire des économies, ça n'est pas de la science-fiction ! L'utilisation d'une peinture blanche réfléctive a d'abord été utilisée par la Nasa pour éviter aux navettes spatiales de trop chauffer. Un procédé repris sur plus de 6 km² de toits à New York pour lutter contre la chaleur urbaine et qui gagne du terrain en France grâce à l'entreprise finistérienne Cool Roof.

Elle a été créée par trois associés Frédéric Lachèvre, Ronan Caradec et Roland Soun en 2015. Gestionnaire immobilier du E.Leclerc de Quimper, Frédéric Lachèvre a voulu mettre en pratique la technique new yorkaise pour répondre à des problématiques d'entretien de la toiture de la surface commerciale et réduire la facture énergétique. "Nous avons fait deux ans de tests sur les 7.000 m² de la toiture", raconte Antoine Horellou, directeur général de Cool Roof.

De 30 % à 50 % d'économie d'énergie réalisée

Bilan : 20.000 € d'économie réalisés par an, entre la baisse de la consommation d'énergie dûe à la climatisation et aux frais de maintenance car l'ensoleillement fort endommageait auparavant le toit en créant des micro-fissures et donc des problèmes d'étanchéité.

"La peinture réflective blanche que nous avons mis au point protège les toitures de la chaleur et permet de faire baisser la température intérieure de 5 à 10 degrés et surtout de réaliser entre 30 % et 50 % d'économie d'énergie", détaille Antoine Horellou. Depuis, l'entreprise finistérienne a travaillé pour d'autres bâtiments, notamment pour le groupe Arkéa au Relecq-Kerhuon ou encore l'Hôtel d'entreprises de Quimper.

Un prix de l'"efficacité énergétique"

En début d'année, Cool Roof a été distinguée d'un prix "efficacité énergétique", remis lors du forum des éco-entreprises, à Bercy. Sa solution innovante a aussi séduit la mairie de Paris qui a "inclus l'idée de Cool Roof dans son plan climat à côté des panneaux photovoltaïques et des toitures végétalisées." Ainsi, l'application de la peinture de Cool Roof sur le toit d'une école et d'un gymnase parisiens a-t-elle permis de faire descendre la température de 6 °. "L'effet de la peinture est neutre en hiver, le soleil étant trop bas pour impacter les températures intérieures", précise Antoine Horellou. Par contre, les rendements des panneaux photovoltaïques peuvent être améliorés (jusqu'à 25 % de production en plus) quand ils sont installés sur des toits blancs.

La peinture blanche de Cool Roof a aussi été retenue pour couvrir le terminal 2G de l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle, ainsi qu'une péniche-hôpital de jour à Paris. En projet aussi, une caserne de pompiers et, dans le sud de la France, la toiture d'une grande surface commerciale : 20.000 m². L'entreprise finistérienne travaille aussi à monter des programmes en Afrique, avec des institutions ou directement avec des partenaires privés.

"Notre technique peut aussi être profitable pour le secteur agro-alimentaire en permettant de mieux maîtriser la température des bâtiments de production."

Une aide Inno R&D de la Région Bretagne

La peinture utilisée par Cool Roof est une peinture acrylique, composée d'eau, de pigments et de résine. L'entreprise finistérienne cherche encore à en améliorer la composition en travaillant le biosourcing de ses matières premières (algues, huîtres, etc.). Dans ce cadre, elle bénéficie d'une avance remboursable de 174.000 € de la Région Bretagne, dans le cadre du dispositif Inno R&D

La SAS, qui fait partie de l'Economie sociale et solidaire, emploie six personnes. "En amont, nous faisons travailler entre deux et trois personnes pour la production de la peinture et nous travaillons avec une quinzaine en aval, pour l'application", note Antoine Horellou. Les résultats de l'entreprise pour l'année 2018 sont déjà cinq fois supérieurs au chiffre d'affaires 2017.

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