Précurseur de l’hydrogène décarbonée, la Bretagne déploie une cinquantaine de solutions innovantes

Face à l’urgence climatique et à la nécessaire transition énergétique, la Bretagne entend devenir une référence en matière d’hydrogène renouvelable. Depuis 2020, une cinquantaine de solutions innovantes de décarbonation par hydrogène a progressivement vu le jour sur l’ensemble du territoire. Certaines d’entre elles seront présentées le 25 septembre prochain à Lorient, dans le cadre de l’évènement annuel BrittanHy Day. En avant-première, nous vous dévoilons les projets en cours portés par Veolia et H2X Ecosystems.

En Bretagne, le développement de l’hydrogène renouvelable répond clairement à un objectif économique. « Il s’agit de structurer et développer un secteur économique innovant et générateur d’emplois nouveaux et/ou issus de reconversion », explique la Région Bretagne. Il participe aussi de la transition énergétique du territoire puisqu’à horizon 2020, la collectivité prévoit notamment la réduction par 4 des émissions bretonnes de gaz à effet de serre. Enfin, l’hydrogène étant une solution favorisant la production locale d’énergie, sa production doit renforcer sa souveraineté énergétique.

Animé par Bretagne Développement Innovation (BDI), le programme Bretagne Hydrogène Renouvelable recense dès à présent une cinquantaine de projets sur tout le territoire. Soutenus financièrement par la Région et L’Europe, respectivement à hauteur de 13 M€ et 10 M€, mais aussi l’Etat, ils se matérialisent par le déploiement de boucles d’hydrogène, le développement de briques technologiques ou des programmes de Recherche et Formation. Les domaines d’applications sont variés, mais près de la moitié d’entre eux vise à décarboner les mobilités maritimes ou terrestres. A l’image du projet initié par Veolia.

Chez Veolia, décarbonation d’une flotte de bennes à ordures

Directeur des Services aux Collectivités Bretagne au sein de Veolia, François Bignon est à la tête d’une équipe de 220 personnes et gère une flotte d’une centaine de camions composée de bennes à ordures ménagères (Bom) mais aussi d’Ampliroll. « Nous répondons aux appels d’offre des collectivités que ce soit pour la gestion de leurs déchèteries, la collecte en porte à porte ou la récupération du contenu des apports volontaires dans les colonnes enterrées. Notre ambition est de décarboner l’ensemble de la flotte, notamment en milieu urbain, tout en gardant un TCO acceptable et une capacité de collecte identique (11 à 12 tonnes par camion). »

La démarche a déjà été amorcée puisque, aujourd’hui, 50% de la flotte est décarbonée via trois sources d’énergies : l’électrique (10%), le biodiesel à partir d’huiles usagées (20% ) et le biogaz ( 20%). « L’électricité reste chère. Le biodiesel un peu moins car je rétrofite des moteurs diesel et avec un peu de maintenance préventive je peux allonger la durée de vie de mes camions. Surtout, j’ai un abattement de 80% des gaz à effets de serre. La décarbonation est une équation difficile à résoudre ».

Aujourd’hui, le groupe s’intéresse à l’hydrogène, en particulier celui produit par gazéification obtenue à partir de déchets de bois collectés en local. « Il permet de créer des écosystèmes urbains à partir de ressources locales que nous traitons dans nos déchèteries. Cependant, si je veux vraiment accélérer, je dois trouver le juste équilibre entre les bienfaits environnementaux de cette énergie renouvelable, les surcoûts de cette transition et son poids sociétal. Qu’est-ce qui est acceptable par la population et les collectivités ? » C’est pourquoi avant de s’intéresser à la production, Veolia a commencé à travailler sur deux cas d’usage. Avec le soutien financier de la Région Bretagne et de Bretagne Développement Innovation, deux prototypes de moteur thermique fonctionnant à l’hydrogène sont en en cours de montage, l’un pour une benne à ordures, l’autre pour un Ampliroll.

La technologie de rupture d’EHM

En parallèle, depuis trois à quatre ans, François Bignon est en contact étroit avec le Breton EHM (29) qui développe un moteur thermique alimenté en hydrogène. « Il vient de finaliser son 3e cylindre. Fin d’année il en sera à son 5e. L’idée est de pouvoir monter un premier prototype de moteur en faisant du rétrofit à partir de notre flotte actuelle. Il faut aussi étudier l’emplacement des bonbonnes d’hydrogène. Si je perds de la place et que ma capacité de collecte de déchets tombe à 9 tonnes, il faudra que mon TCO soit inférieur à un autre carburant.

L’équation économique n’est pas simple ! C’est pourquoi ces deux premiers prototypes sont déterminants pour la suite ». Rendez-vous fin 2026, date de mise en service prévue des deux camions. Avant cela, le 25 septembre, François Bignon présentera la démarche du groupe Veolia dans le cadre de BrittanHy Day.

 

La solution de H2x Ecosystems retenue par le groupe Bigard

Chez Bigard à Quimperlé (29) où est implantée, sur 20 ha, l’usine de son siège social, H2x Ecosystems a conçu un écosystème de production d’hydrogène par électrolyse, de stockage et d’écrêtage. « Dans un premier temps, l’objectif est de décarboner le site, absorber et diminuer les pics de consommation et ainsi maîtriser les coûts de l’énergie. Dans un second temps, le groupe envisage de valoriser les déchets organiques pour produire de l’hydrogène de manière à être autonome », précise Stéphane Paul, Président de H2x Ecosystems (35 salariés 2 sites à Bruz et Brest).

 

Maîtrise des coûts d’énergie

Ce projet a démarré en 2023. En bordure de la station de traitement d’eau, le spécialiste de solutions d’hydrogène renouvelables a installé, sur une partie des bâtiments, des panneaux solaires d’une puissance de 300 Kilowatt-crête, un petit électroliseur et une pile à combustible de 500 kW. « On procède à l’envers des autres car on cherche à prioriser la production électrique en vue d’améliorer son rendement. » Ainsi, l’électricité issue des panneaux solaires est stockée. Elle sert à faire de l’écrêtage pour répondre aux appels de puissance de la pompe de la station de traitement d’eau. Ce transfert d’énergie en fonction de la météo s’opère via un logiciel EMS.

Désormais opérationnel, l’écosystème est sous surveillance. « On analyse tous les flux énergétiques et on collecte de la data. De nombreux industriels électro intensifs s’intéressent à notre écosystème, les ports également, ainsi que les aéroports et autres stations de recharge », conclut Stéphane Paul. Il présentera, le 25 septembre prochain au BrittanHy Day, à Lorient, l’ensemble de ses écosystèmes de production et distribution d’hydrogène décarbonés. Comme pour Bigard, ils répondent à des problématiques concrètes de mobilité ou d’énergie.

 

Retrouvez le programme complet et le  lien d’inscription au BrittanHY Day, le 25 septembre 2025, à Lorient

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