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"La dynamique industrielle engagée nous ouvre de belles perspectives"

Publication : 22-12-2016

Entretien avec Loïg Chesnais Girard, 1er vice-président de la Région Bretagne

Quel est le bilan de l’action économique de la Région ?

On déroule la politique que nous nous étions fixée à savoir être une Région agile et réactive par rapport à l’économie. L’essentiel de notre action consiste d’abord à soutenir une économie de production, faire en sorte que nous soyons une région industrielle compétitive avec des usines performantes.

Bien entendu, nous continuons à développer l’innovation sous toutes ses formes, les filières d’avenir comme les EMR ou la cybersécurité, mais le maintien d’une industrie forte est essentielle à l’équilibre de nos emplois. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les deux gros dossiers qui nous ont occupés cette année sont PSA (35) et D’Aucy (ex Cecab -56). Ils sont emblématiques du savoir-faire de la Région en matière d’accompagnement des entreprises à savoir : compréhension du problème, partenariat avec l’entrepreneur et stratégie de long terme. Dans les deux cas, nous avons mené un accompagnement à la fois financier, organisationnel en lien avec les sous-traitants et social à travers le déploiement d’un plan de formation à destination des salariés licenciés.

Concrètement, comment cet accompagnement s’est traduit pour PSA ?

Lorsque nous avons en face de nous des chefs d’entreprise capables de prendre leurs responsabilités, à l’image de Fréderic Laganier chez PSA, nous sommes en mesure d’aller très loin. Son engagement et sa détermination ont contribué à redonner 15 ans de visibilité industrielle au site historique de la Janais à Rennes. Sur les 100 millions d’euros d’investissements annoncés par le Groupe PSA, la participation de la Région s’élève à 10 millions. Une nouvelle histoire a commencé pour ce site emblématique, ce qui prouve qu’il n’y a pas de fatalité au déclin industriel. En accompagnant PSA, nous contribuons à la création de l’usine automobile du futur comme nous le faisons dans d’autres domaines. Cet accord intègre en effet l’engagement de PSA d’investir dans la cybersécurité des véhicules connectés et de participer au pôle d’excellence cyber en Bretagne. La dynamique industrielle que nous soutenons ouvre de nouvelles perspectives et rejaillira sur l’ensemble de la filière automobile bretonne. Celle-ci emploie 20 000 salariés dont 4 000 au sein de l’usine PSA à Rennes.

Et pour la filière agroalimentaire ?

L’accompagnement du groupe D’Aucy s’est traduit par un déploiement sans précédent d’instruments d’ingénierie financière. Il s’agissait d’aider le groupe coopératif, qui possède 4 sites industriels en Bretagne, à restructurer sa dette et lever un plan ambitieux d’investissement de 130 millions d’euros. Pour mener à bien cette opération, nous sommes entrés dans le pool bancaire à hauteur de 10 millions d’euros sous forme d’avance remboursable et de garantie d’emprunt. Sa situation financière ainsi consolidée, le Groupe D’Aucy a obtenu des banques l’argent nécessaire pour retrouver le chemin de la croissance et surtout pérenniser sa production en Bretagne. A travers ces soutiens, il ne s’agit pas de privilégier une filière plutôt qu’une autre mais bien de défendre des emplois. En Bretagne, D’Aucy représente 3 400 salariés et 9 000 adhérents agriculteurs, soit autant de familles. Dans l’agroalimentaire, comme dans tous les secteurs, l’enjeu est de trouver des solutions pour garder les centres de décision en Bretagne. Il est beaucoup plus facile d’y arriver avec des entrepreneurs du territoire qui partagent la même vision de l’avenir de la Bretagne.

Quelles mesures avez-vous prises pour soutenir les TPE et le commerce ?

Afin de boucler l’exercice 2016, dans un contexte où les départements se retirent progressivement de l’action économique, nous avons voté deux millions d’euros en faveur des TPE. Le dispositif est en place, c’est la BPI qui a la charge de sa mise en œuvre à travers des prêts d’honneur ou des prêts bonifiés. Nous avons engagé tout un travail avec les chambres de commerce au regard de leur histoire, mais aussi avec les intercommunalités, dans le but de travailler à la capillarité du territoire. Leurs liens directs avec les artisans et commerçants leur donnent la possibilité de distribuer des aides régionales. Une nouvelle offre régionale simplifiée, accessible en ligne verra ainsi le jour en 2017.

Avez-vous arrêté la nouvelle organisation en charge de l’action économique en Bretagne pour 2017 ?

La Région est un opérateur global qui doit être capable de travailler au service de tous, aussi bien un artisan qu’un capitaine d’industrie, un dirigeant de TPE ou de start-up, dans tous les secteurs d’activité et avec une réactivité sur laquelle nous sommes très attendus. Bas de bilan, haut de bilan, création d’entreprise, croissance externe, développement à l’international, innovation, etc, nous devons apporter des réponses sur tous ces sujets. Depuis plus d’un an, nous sommes en discussion avec les communautés de communes pour coordonner notre action et apporter dès le 1er janvier prochain, une seule et même réponse aux entreprises. Toute redondance serait très mal perçue. En parallèle, nous continuons à travailler avec tous les autres acteurs économiques parmi lesquels les CCI, de manière à simplifier l’existant mais aussi repositionner les uns et les autres sur de nouveaux métiers. Une conférence régionale de l’économie verra le jour en 2017. Elle réunira tous les acteurs qui font l’économie dont les consulaires, mais aussi les organisations syndicales. Sa mission ? Réfléchir à l’avenir de notre économie, à moyen et long termes.

En juillet 2017, la ligne grande vitesse (LGV) Bretagne sera mise en service. Paris ne sera plus qu’à 1h26 de Rennes, et à 3h30 de Brest et Quimper. Tout le monde sera-t-il gagnant ? 

Trois quart d’heure de gagner partout en Bretagne, c’est extraordinaire ! Cette dynamique positive va générer des bénéfices pour tous les Bretons et accroître sensiblement la compétitivité de notre territoire. Dès le second trimestre 2017, nous allons dérouler une communication nationale mettant en avant la proximité de la Bretagne avec le reste de l’Europe. La mise en service de la LGV à l’été prochain est une occasion unique de montrer à tous les français, notre agilité. En plus de notre qualité de vie et du dynamisme de notre économie, nous offrons désormais aux entrepreneurs, une capacité à être réactif tout en ayant une base arrière en Bretagne. Pour un certain nombre d’entre eux c’est déjà bien intégré dans leur stratégie, à l’image du Cabinet d’expertise-comptable BDO qui a choisi Binic-Etables-sur-Mer (22) pour établir un nouveau bureau composé d’une trentaine de collaborateurs. L’accès au très haut débit, la qualité de notre apprentissage, la faiblesse du turn-over et une certaine discrétion sont autant d’atouts qui pèsent fortement dans l’attractivité de notre territoire. En 2017, l’offre ferroviaire sur la Bretagne progressera de 20% dans « la complémentarité TGV-TER.

Article paru dans le Hors-série Le Palmarès 2016-2017 des entreprises bretonnes - Décembre 2016




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