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Presse régionale : comment donner l’envie de consommer l’info autrement ?

Lectorat vieillissant... Ecriture ronronnante... Annonceurs frileux... Entre la disparition de titres et/ou le basculement sur le net, pas toujours heureux, le secteur de la presse fait sa mue. De quoi changer de peau ? Echanges au coin des rotatives, ou pas, avec Eric Bullet, rédacteur en chef délégué de Ouest-France.fr, de François Maumas, directeur SCRIB/Le Mensuel et de Sarah Duval qui dégaine Le Phare Ouest. En ligne !

Bretagne Economique - Au regard de ses ventes, Ouest France est loin d’être frappé-touché-coulé. A quoi attribuez-vous cette très bonne tenue pour le moins… atypique  ?

Eric BULLET - Nous n’avons en effet aucun souci au niveau des ventes. On est sur une diffusion du journal satisfaisante (avec en moyenne 769 000 exemplaires) et même en augmentation sur l’édition du dimanche (365 000 ex. du DOF). Ces dernières années, on a beaucoup travaillé pour améliorer l’offre en termes de qualité de contenus via vos éditions locales. On a ainsi des retours excellents sur la “petite locale”, ce qui n’a rien de péjoratif, avec des pages animées par des journalistes et interventions de nos correspondants.
Et puis, autre spécificité du titre : on a beaucoup développé nos éditions locales : 53 contre 40 il y a quelques années. Même chose avec le DOF avec quelque 18 éditions. Mais c’est une croissance mécanique ! Quid d’un ton plus incisif qui ferait la différence pour appâter de nouveaux lecteurs… plus jeunes ?

Sarah DUVAL - Il ne s’agit pas, en ce qui nous concerne, de “débarquer” comme ça ! En fait, c’est vrai, nous souhaitons avant tout faire le journalisme qui nous plait en proposant un programme différent. D’où des sujets “froids” et plus intemporels mais que l’on va fouiller et traiter différemment. Quand vous faites par exemple un sujet sur le lait et les enjeux auxquels sont confrontés les acteurs de la filière, l’infographie est un moyen d’apporter, d’une autre manière, des données à l’internaute. Tout comme nous essayons d’intéresser le jeune public en évitant les “gros pavés” à lire…
Par ailleurs, c’est bien pour rester indépendants que nous avons préféré tout financer sur fonds propres. Nous aurions pu être soutenus par tel ou tel département ou collectivité, mais cela nous aurait posé problème à terme… Je veux pouvoir parler des marées noires comme je l’entends !

François MAUMAS - Avec sur Rennes, 10 000 exemplaires, notre stratégie a toujours été celle de contenus : c’est bien là qu’est l’avenir de la presse !
Il faut rappeler qu’à nos débuts, nous avions 23 ans de moyenne d’âge et nous arrivions dans un univers de PQR avec deux quotidiens très bons dans leur domaine ! Partant de là, notre ligne se définit un peu sur le modèle du “Larousse qui dit les choses” sur un ton (percutant et clair) où effectivement il n’y a pas à lire entre les lignes pour comprendre ce qu’il y a à comprendre !
Pour autant, nous ne sommes pas Le Marianne local !On fait avant tout de l’information, sans être engagés politiquement. Ce qui ressort très bien de nos enquêtes, c’est que nous ne sommes pas vus comme un journal d’opinions.
On a donc toujours été dans une logique de l’offre : les gens ont toujours eu envie d’info, et de plus en plus, sauf que le rythme de vie s’est accéléré, qu’Internet est arrivé. D’où notre question : quelle info leur donner ? Ensuite le cœur de cible s’est dessiné avec des lecteurs actifs impliqués dans la vie locale, à partir de 25/30 ans, à plus de 77%bac +2 (dernières études). Bref ! Plutôt une cible haut de gamme.

Propos recueillis par Serge Marshall

Bretagne Economique - N°223 Septembre 2013




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