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Port du Légué à Saint-Brieuc
Pascal Le Coz
Port du Légué à Saint-Brieuc

La réparation navale   un atout majeur en Côtes d’Armor

Christelle Hall, le 14.02.2017

La filière réparation navale s’est imposée comme un acteur clé de l’économie maritime en Côtes d’Armor. Elle irrigue aujourd’hui au-delà du département et assure du travail à de nombreux sous-traitants locaux.

Les professionnels de la mer en Côtes d’Armor sont unanimes. Moins de 15 ans après sa création, l’aire de réparation navale du port du Légué, à Saint-Brieuc, a grandement contribué à l’essor d’une filière à part entière aux côtés de la plaisance, de la pêche et du commerce.
« À l’époque, le pari était osé car d’autres ports avaient de l’avance, précise Alain Le Roux, directeur des établissements gérés à la CCI 22. Mais l’enjeu était stratégique pour offrir un vrai niveau de services et capter une valeur ajoutée qui partait ailleurs en Bretagne. »
Près de 5 millions d’euros sont investis en 2003 par la chambre consulaire et le conseil départemental des Côtes d’Armor dans un espace extérieur de travail de 5 000 m², une cabine de peinture et un élévateur à bateaux : « L’unité de peinture de Saint-Brieuc a permis de se démarquer directement de la concurrence. Cette particularité est toujours d’actualité en 2016, ce qui séduit des armateurs implantés hors du département. »

Une véritable montée en compétence

Le premier bateau accueilli au Légué est un navire à passagers exploité par les Vedettes des 7 îles. « Il devenait indispensable de proposer un outil de ce type à moins de 3 heures de mer de Perros-Guirec, précise Erwan Geffroy, gérant d’Armor Navigation. Nos procédures de carénage restaient, par exemple, jusque-là trop artisanales. Avec cet investissement public, l’entreprise est clairement montée en compétence. » Côté pêche, c’est l’armement Eouzan, basé à Plérin, qui teste la cabine de peinture.
« On passait dans une nouvelle dimension avec des conditions de travail optimales pour les peintres, à l’abri total du vent et de la pluie », confirme Jimmy Eouzan, cogérant de l’armement familial. L’équipement répond également aux besoins des côtiers et de la plaisance. « Le coût est certes devenu plus important pour des petites entreprises comme les nôtres mais il est compensé par la qualité du service rendu et l’accueil de l’équipe de la CCI 22 », ajoute Sébastien Liscoët, patron du Yuna.

Professionnalisme des équipes de la CCI

Rapidement le bouche-à-oreille fait son effet, garantissant au site de s’imposer comme la référence de la réparation navale en Bretagne nord… et même jusqu’en Normandie.
Patron des Vedettes de Granville, Pascal Blanchet n’hésite pas à laisser Saint-Malo à bâbord pour venir entretenir ses navires à Saint-Brieuc. « Il n’existe aucune équivalence ailleurs. Au-delà de la cabine de peinture, je pense que le professionnalisme des grutiers et des manutentionnaires ainsi que le rapport qualité-prix des prestations sont tout aussi importants. » Un sentiment partagé par Patrick Oger, patron de l’entreprise ETSI basée à Brest : « C’est un privilège de venir en Côtes d’Armor tant les infrastructures permettent de travailler sans les contraintes liées à l’encombrement d’un grand port. Certes, il faut composer avec la marée mais ce n’est pas un frein puisque nos plannings sont composés bien à l’avance. »

Consciente de ses atouts, la CCI 22 sait qu’il lui faudra toutefois conserver ce temps d’avance tant les performances du Légué sont scrutées par les autres ports bretons. Le projet de construction d’une cabine de sablage dédiée en est le parfait exemple. « C’est l’unique équipement nécessaire pour améliorer les conditions de travail de tous les métiers intervenants sur le site », précise Jérôme Philippe, patron d’Armor Marine Elec.

Une filière qui irrigue

Derrière les outils, tous les professionnels de la mer confirment que la dynamique enclenchée par la CCI 22 a permis la création d’une filière complète et structurée : charpentiers de marine, électriciens, chaudronniers, peintres, etc.

Un microcosme dédié à la réparation navale s’est, petit à petit, construit depuis 2003. « La logique d’aller capter la valeur ajoutée au service du territoire et de ses acteurs économiques s’est concrétisée », ajoute Laurent Kernivinen, responsable des pôles de réparation navale pour la chambre consulaire. Nicolas Marc, patron de la société Charpente Marine du Légué, partage cet état d’esprit : « Aujourd’hui, les bateaux ne viennent plus au Légué uniquement pour l’aire de carénage. Ils se déplacent aussi pour les compétences des sous-traitants installés sur le port. »

Cette irrigation économique se réalise même au-delà des besoins primaires d’un navire au sec. « Pour l’aménagement intérieur de mon dernier navire, Le Marguerite, j’ai fait appel à une société de Trégueux qui a accompli un travail exceptionnel », confirme Jean Porcher, pdg de l’armement Porcher à Saint-Alban. Cette collaboration prouve que l’investissement public réalisé dans les années 2000 était pertinent.

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Près de 5 M€ ont été investis en 2003 par la CCI 22 et le conseil départemental des Côtes d'Armor sur l’aire de réparation navale du port du Légué à Saint-Brieuc


TÉMOIGNAGE

« Un niveau de service exceptionnel »

Jean Porcher, armateur costarmoricain
Pascal Le Coz

A 67 ans, Jean Porcher dispose sans conteste du regard le plus pertinent sur la filière de la réparation navale en Côtes d’Armor. À la tête de 17 navires hauturiers, l’emblématique armateur breton n’enverrait aucun de ses bateaux, en réparation ou en entretien, dans un autre port que celui du Légué. Et ne parlez pas de chauvinisme à celui qui a pris la mer à l’âge de 15 ans. C’est la qualité du service qui, à ses yeux, fait la différence. « Nous disposons dans le département d’un outil exceptionnel piloté par des professionnels. Lors de campagnes en haute mer, il peut nous arriver d’accoster dans d’autres ports français ou étrangers. Je peux vous assurer qu’aucun n’arrive à la cheville de Saint-Brieuc. »

Infrastructures fonctionnelles

Jean Porcher salue notamment le travail réalisé par la CCI 22 et le conseil départemental des Côtes d’Armor depuis 2003.

« Ils ont pris des risques financiers pour répondre à nos besoins. Ce soutien a contribué à l’essor de ma société qui emploie aujourd’hui 220 salariés et fait vivre de nombreux sous-traitants locaux à terre. Jusqu’à cette date, la flotte était entretenue à Saint-Malo mais les conditions d’accès étaient trop strictes. Ici, les infrastructures sont modernes, fonctionnelles et à taille humaine. » Jean Porcher estime que le site du Légué pourrait monter en gamme avec une cabine de sablage dédiée.

« Les conditions actuelles sont satisfaisantes mais cela nous permettrait d’être plus performants et d’optimiser le confort de travail des intervenants à terre. La preuve, la cabine de peinture actuelle n’a aucune équivalence, ailleurs en France. Il faut poursuivre cette dynamique. »