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Poste avancé de l’économie, l’intérim permet de juger de son état de santé

Bretagne économique, le 13.10.2011

700 000 employés intérimaires en France avant la crise… 500 000 l’an dernier, un constat s’impose : le secteur n’a pas encore retrouvé sa santé d’avant-crise. Et si, en 2010, la progression des effectifs intérimaires fut très nette, elle n’en était pas moins contrastée, à l’image des tendances observées en Alsace (+ 29,9 %) ou encore la Franche-Comté (+ 38,2 %), alors que la Bretagne n’enregistrait « que » 19,2 % de progression.


« Il faut cependant souligner comment les autres régions étaient tombées très bas. Ces chiffres s’expliquent souvent par la reprise automobile qui « fait effet', pointe Annie Rault, présidente du PRISME, syndicat qui regroupe en Bretagne/Pays de la Loire/Poitou-Charentes les professionnels de l’intérim. « Regardez ici, avec la demande de PSA fin juillet, nous avons connu un bond de 172 % en intérim sur l’automobile. La Bretagne qui, pendant la crise, avait moins souffert, est toujours restée plutôt stable. Cependant, on constate des évolutions dans la demande exprimée par les entreprises, notamment une poursuite de l’élévation du niveau moyen de qualification : il nous faut encore des PSA, c’est sûr, car, à côté d’eux, nous n’avons plus vraiment de demandes en ouvriers non qualifiés. Crise ou pas, la demande va de plus en plus vers des professionnels et nous avons du mal à y répondre en mécanique, métallurgie ou pour le Bâtiment. »
Une autre tendance est à relever, les seniors, entendre ici les 50 ans et +, se tournent de plus en plus vers l’intérim.
Quoi qu’il en soit, les salariés sont bel et bien devenus une « variable d’ajustement » et le reconnaître n’est plus un tabou. Et cela s’explique : « on voit aujourd’hui, c’est vrai, le recours à l’intérim s’orienter vers des petits contrats car, dans le contexte actuel, il est difficile pour les entreprises de faire des projections. Bien souvent, leurs carnets de commandes ne dépassent pas les trois mois. »
Ce qui n’empêche pas celle qui est aussi dirigeante d’Artis Intérim à Rennes (400 à 500 ETP, 9 permanents et 14 millions d’euros de CA en intérim en 2010), agence articulée autour de trois structures indépendantes (Industrie, Bâtiment et Tertiaire) + un cabinet de recrutement, de rester confiante. « Hors Bâtiment, où la révision du Scellier va sans doute entrainer un coup de frein, et le Tertiaire où les « cols blancs » sont à pied d’œuvre, je table quand même sur un bon niveau d’activité : dans l’Industrie, la demande n’a pas baissé depuis plus d’un an. »


Serge Marshall
N° 210 octobre-novembre 2011

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