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Ligne à Grande Vitesse : quelles retombées pour la Bretagne ?

Véronique Maignant, le 27.04.2017

 
À partir du 2 juillet prochain, grâce à la ligne grande vitesse (LGV), Rennes ne sera plus qu’à 1h27 de la capitale et Brest à 3h13. Avec, pour tous les acteurs économiques, l’ambition de rapprocher la Bretagne des marchés européens. Mais que va apporter à l’économie régionale cette nouvelle ligne ferroviaire ?
 
 

Parole d'élu
Une dynamique d’aménagement du territoire est engagée !

Gilles Blanschong, élu CCI
CCI 22

 « La LGV constitue une réponse à la position périphérique de la Bretagne. Pour les entreprises, elle facilite l’accès aux « territoires qui comptent », à la région parisienne bien sûr, mais aussi aux autres destinations européennes. Pour l’ensemble des Bretons, elle nous maintient à un niveau d’accessibilité comparable avec les autres régions de France, point essentiel pour rester attractif. Cependant, si l’est de la région bénéficiera des retombées économiques de la nouvelle ligne, qu’en sera-t-il de la pointe bretonne ? Si la LGV a suscité une dynamique d’aménagement du territoire, il faut veiller à ce que la vitesse ne crée pas une fracture entre pôles urbains et zones rurales isolées, et entre Haute et Basse Bretagne. L’économie bretonne repose beaucoup sur l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. Il faudra aussi profiter des voies qui vont se libérer pour développer le fret.» 

Gilles Blanschong
Président de la commission « Appui aux territoires » à la CCI Bretagne

« Depuis treize ans, en lien étroit avec les collectivités bretonnes, la Région a porté et cofinancé l’ambitieux projet Bretagne à grande vitesse, a rappelé le président Le Drian en visite à Rennes à l’occasion de l’exposition « Grande Vitesse » *(Sur la photo en compagnie de Gérad Lahellec). Dès cet été, la LGV va définitivement changer le rapport de la Bretagne avec le reste du monde. »

 Le ton est donné ! En cinq ans,182 kilomètres de voies nouvelles et des dizaines d'ouvrages d'art (pour éviter routes et rivières) ont été construits pour la mise en service de cette LGV. 

Coût total de l’opération : 3,4 milliards d'euros. Un tiers du chantier, piloté par le groupe de travaux publics Eiffage, a été pris en charge par l'Etat, un tiers par les collectivités territoriales (majoritairement la Région Bretagne) et un autre tiers par SNCF Réseau.

 

Près de 500 M€ à des entreprises locales 

Le chantier LGV s’achève et a tenu ses promesses en termes de retombées économiques locales. Ce sont 66%, soit plus de 475 millions d’euros de travaux de génie civil qui ont été confiés à des PME locales, ligériennes et bretonnes, sous maîtrise d’ouvrage Eiffage.
Les CCIR Bretagne et Pays de la Loire ont participé à la Commission LGV des Fédérations des travaux publics de Bretagne pour maximiser les retombées locales en matière d’activité/emploi/formation.

« Les CCI ont aussi contribué à identifier les entreprises industrielles et de service susceptibles de répondre aux marchés, hors travaux publics. Elles ont participé à la mise en ligne de la plateforme d’information sur les marchés, » indique Gilles Blanshong.
A ces retombées économiques directes s’ajoutent les dépenses de vie (logement, restauration, commerce) liées à la présence moyenne de 2 500 collaborateurs présents sur le chantier et estimées à quelques 200 millions d’euros.

 

Tous les territoires desservis  

« La mise en service de la LGV le 2 juillet prochain n’est pas la fin de l’histoire expose Gérard Lahellec, vice-président chargé des Transports et des mobilités à la Région et cheville ouvrière du projet. Elle s’intègre dans un projet plus global, Bretagne Grande Vitesse (BGV), pensé depuis l’ouest de la Bretagne. S’il s’était agi d’une simple ligne Paris-Rennes, ce projet n’aurait jamais été engagé. C’est le consensus de tous les Bretons qui a permis sa réalisation. »
La mise en œuvre de la LGV a toujours été indissociable de la modernisation des lignes Rennes-Brest et Rennes-Quimper, de la construction des pôles d’échanges multimodaux sur les principales gares, ainsi que de la refonte des horaires des lignes TGV, TER et lignes routières

« L’ambition a toujours été de faire profiter de la LGV tous les territoires et notamment la pointe bretonne qui va quasiment gagner 50 minutes. Des villes moyennes comme Pontivy en centre Bretagne seront, elles aussi, connectées au TGV. Non seulement il y aura 20 % de train en plus, TGV et TER, mais la fréquence de leurs arrêts en gare sera également plus importante. C’était une priorité pour que le projet BGV ait un impact maximal sur l’économie locale. »

Les responsables de la SNCF, en lien avec la Région et les collectivités locales, ont passé deux ans et demi à bâtir le nouveau schéma de cadencement. Malgré tout pour un certain nombre de décideurs finistériens, il reste beaucoup à faire, pour que les trois heures promises deviennent effectives et ce, avant 2030.

 

Investir en Finistère : « Ce n’est pas satisfaisant pour l’ouest » 

par Christelle Hall

Dans le Finistère, l’association Investir en Finistère (30 entreprises, 60 000 salariés) ferraille depuis sa création il y a 15 ans, en faveur d’un TGV Brest et Quimper à moins de trois heures de Paris.

Jean-Paul Kerrien, son président (en photo), reconnaît « l’excellente nouvelle que constitue cette LGV… surtout pour Rennes ! Entre Brest et Rennes ou Quimper-Rennes, il reste deux heures, développe-t-il. Et même si on annonce 3h15 entre Paris et Brest ou Quimper c’est un train dans la semaine qui opère le vendredi soir en ligne directe. En rythme d’exploitation, nous serons à 3h35. Et je ne parle pas des trains où il y aura des changements à Rennes. Nous nous éloignons relativement encore un petit peu plus. Il y a une demi-heure de trop. »

Les axes Saint-Malo/Rennes/Nantes/Saint-Nazaire profitant davantage des apports de la LGV, « la fracture se creuse avec l’ouest qui peine depuis quelques années, selon le président, même si Brest maintient une bonne activité. »
De plus, la liaison intérieure entre les métropoles « est insuffisante. Il y a des travaux sur l’axe Landerneau-Quimper mais il en faut davantage pour développer la Bretagne. »

Autre souci pour les entrepreneurs finistériens, « les horaires ne sont pas vraiment compatibles avec des horaires d’entreprises. » Ne permettant pas d’arriver tôt, ils nécessitent la location d’une chambre. « C’est une revendication positive que nous portons. »

Selon le président d’Investir en Finistère, les bénéficiaires de nouvelles installations d’entreprises se situeraient donc « plutôt à l’est de la Bretagne, quand je vois comment Rennes se développe, Saint-Brieuc qui sera à deux heures trente, ou encore Morlaix qui sera à trois heures. Les gares y sont rénovées. Les villes sont prêtes à accueillir de nouvelles activités et des entreprises aussi. Par exemple, Viseo, implantée à Morlaix avec 50 salariés, va déménager près de la gare, dans d’anciens locaux de France Telecom-Orange, pour passer à 100 salariés sur un plateau de 1 000 m2. Ceci est rendu possible car la fibre [optique] y est raccordée, ce qui est pour moi également une condition du développement économique de la pointe Bretagne. Il faut que ça aille plus vite à partir du moment où la LGV ne compense pas l’éloignement. »

 

Jouer collectif

« Le TGV n’est qu’un moyen de plus ! poursuit Gilles Blanschong. S’il arrive en rase campagne, son intérêt est plus que limité. Toutes les retombées économiques envisagées sont conditionnées à notre capacité à jouer collectif dans la valorisation de nos atouts qu’ils soient économiques, culturels ou encore du ressort de la formation. Nous le pressentons, la LGV bénéficiera mécaniquement davantage à la Haute-Bretagne. Rennes doit être la force d’attraction vers l’ouest et jouer son rôle de capitale régionale. La Bretagne a la chance d’avoir deux métropoles, la LGV doit les rapprocher. »

Une vraie politique d’accessibilité passe aussi et surtout par le maintien et le développement d’un « mix » d’infrastructures de transport avec des lignes aériennes desservant l’ensemble du territoire et l’achèvement d’axes routiers stratégiques comme la RN 164 en centre Bretagne.

Un atout pour les entreprises

Le principal intérêt de la LGV se situe en termes de mobilité à une époque où on ne calcule plus en distance mais en temps de déplacement. Tous les secteurs d’activités sont concernés, nombres de cadres d’entreprises bretonnes travaillant bien souvent en lien avec un siège social localisé en Ile-de-France.  « La LGV va  leur permettre de participer aux réunions matinales en évitant les nuits d'hôtel. En sens inverse, il sera aussi plus facile pour certaines entreprises d’inviter  leurs clients /partenaires parisiens et étrangers à venir découvrir leur siège social ou leur site de production. »

C’est encore plus vrai pour les nouvelles entreprises du numérique, désireuses de se connecter dès les premières phases de leur développement au marché national, voire international.

C’est également une bonne nouvelle pour l’emploi. Pour les entreprises cherchant à s’implanter en province, les agglomérations bretonnes gagneront en intérêt.

« La LGV, reprend Gilles Blanschong, devrait attirer de nouvelles populations, en favorisant la mobilité de tous et notamment des étudiants et des cadres. En tant que porte-parole du monde économique, la CCI Bretagne doit renforcer ses actions de lobbying directement à Paris et dans les grandes capitales européennes, en s’appuyant sur les réseaux d’entreprises existants, les pôles de compétitivité ou encore les clusters. »

Autre enjeu de taille selon l’élu : le fret ferroviaire qui ne décolle pas en Bretagne. « Pour l’agroalimentaire, c’est pourtant essentiel. Le volontarisme de certains acteurs n’a pas suffi**. Aujourd’hui, c’est à la SNCF de proposer des services et solutions efficaces ! »

 

Club TGV 56 : un travail collectif sur le dernier kilomètre

par Christelle Hall

Maryvonne Le Roch Nocera, du club TGV Morbihan

Les quatre club TGV ont été lancés en Bretagne sur proposition de la SNCF. Celui du Morbihan s’est créé en 2013 à Auray. Composé de décideurs économiques, il a initié une dynamique visant à « inventer une vie qui va avec le TGV ».

Maryvonne Le Roch Nocera, directrice de l’Intermarché d’Arzon, en assure le pilotage : « Notre club, soutenu dès le départ par la CCI Morbihan, a permis de rassembler des décideurs privés, chefs d’entreprises et cadres, de tous secteurs d’activité, et des représentants des services des collectivités. Nous nous sommes posés cette question : dans mon domaine d’activité, que va changer l’offre Bretagne grande vitesse ? »

Ces travaux ont permis au club de pousser la réflexion dans trois grands domaines d’activité : le tourisme bien sûr (lire le témoignage de Frédéric Jayot), le nautisme, la formation, sans oublier l’intermodalité.  « Car au-delà des minutes gagnées [38 minutes pour Vannes et 42 minutes pour Lorient par exemple, NDLR], c’est le temps de transport complet, de porte à porte, qui compte, et les services dont on bénéficie pendant tout le voyage. »

Côté nautisme « nous avons initié un travail collaboratif pour faciliter la venue des plaisanciers en train, avec des offres de mobilité jusqu’à leur bateau et des services de conciergerie. Les ports comme Le Crouesty ou La Trinité pourraient en bénéficier grandement ! Ces initiatives, qui naissent dans les autres départements, sont structurés par la CCI Bretagne. »

Le club porte également le projet de TER Centre Bretagne, à partir de la gare de La Brohinière (Montauban) : « Avec le TER cadencé qui sera mis en place en même temps que le TGV, explique Maryvonne Le Roch Nocera, il sera beaucoup plus pratique pour les habitants du Centre Bretagne, de venir prendre le TER avec une correspondance TGV sur le quai à Rennes, que de subir les difficultés d’accès à la gare aux heures de pointe. Et cela permettra d’irriguer l’activité des entreprises du secteur, en facilitant l’accès de leurs visiteurs. »

Associés à la conception du quartier gare de Lorient qui vient d’être inauguré (60 M€), les milieux économiques souhaitent aussi l’être pour les projets de Vannes et Auray. Car « si les chefs d’entreprises anticipent les opportunités, pour accroître l’activité en s’appuyant sur les mobilités, nous créerons de l’emploi. »


* Exposition LGV 2015 la grande Vitesse du 2 avril 2017 au 7 janvier 2018 aux Champs libres à Rennes

** La société de fret ferroviaire Combiwest, créée par la Sica Saint-Pol-de-Léon (29) a été liquidée en 2016 et 59 emplois supprimés.

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182 kilomètres de voies nouvelles

Repères

Coût total de la LGV : 3,4 milliards d'euros, un tiers du chantier (piloté par le groupe de travaux publics Eiffage) a été pris en charge par l'Etat ; un tiers par les collectivités territoriales (majoritairement la Région Bretagne) et un autre tiers par SNCF Réseau.


TÉMOIGNAGES

La LGV permet de vivre en Côtes d’Armor tout en restant proche de Paris pour le travail

Emilie Congy à la tête de Cadoé s'est installé en Côte d'Armor en 2013

 

Passez à l’ouest depuis trois ans, à Lamballe, Emilie Congy est à la tête de Cadoé, une entreprise spécialisée dans la vente d’objets publicitaires. Elle est aussi ambassadrice de la campagne « Tout vivre en Côtes d’Amor », un rôle qui lui va si bien.

« C’est en 2013, au retour d’un séjour à Pléneuf-Val-André (22), lieu de vacances de mon enfance que j’ai dit stop, indique Emily Congy. La vie stressante de Paris ne me paraissait plus possible. Je réalisais à quel point la proximité de la mer m’était devenue indispensable. J’ai donc préparé mon départ, prévenu ma comptable, mes clients  et fournisseurs. Je n’ai pas été déçue ! Ils m’ont tous encouragé à sauter le pas et assuré de leur fidélité. L’accueil humain du personnel de la mairie de Lamballe et de la CCI des côtes d’Armor n’ont fait que conforter mon choix. Leurs conseils m’ont permis  de trouver rapidement un local et de m’intégrer. Aujourd’hui je n’ai qu’un seul regret, ne pas avoir quitté Paris plus tôt. » La jeune femme de 33 ans y a travaillé 15 ans avant de s’installer en Bretagne.

Impact positif sur son chiffre d’affaires

Dès 2014, malgré l’éloignement avec ses clients localisés  à 90 % à Paris ou sa banlieue, Cadoé enregistre son meilleur chiffre d’affaires.
« Avec Internet et le téléphone, la distance n’est plus un frein pour développer une activité de communication comme la mienne. Au contraire ! Les rapports avec mes clients ont changé. Paradoxalement,  je me suis rapproché d’eux. Aujourd’hui, ils me considèrent comme un partenaire et non plus comme un fournisseur. Quand je leur rends visite, en train ou en voiture, je passe plus de temps avec eux. Je leur amène des palets bretons ou du caramel au beurre salé, on parle beaucoup de ma vie en Bretagne, cela crée de la connivence  et renforce notre relation. A leurs yeux, je suis celle qui a osé tout plaquer pour une meilleure qualité de vieQuelque part j’ai le sentiment qu’ils m’envient. »
En 2016, avec 250 clients parmi lesquels le siège de la Société Générale, Darty ou encore Kéolys, le CA de Cadoé a encore progressé de 20 % et atteint 260 000 euros.

Lamballe à 2h08 de la capitale

« Merci la Bretagne, terre d’accueil » répète à qui veut l’entendre Emily Congy. « Je n’en reviens  toujours pas de vivre mon rêve, travailler près de chez moi, sans stress, au plus près de la mer ». Son enthousiasme n’a pas échappé à Côtes d’Armor Développement qui, en janvier 2016, a fait appel à son témoignage  pour participer à la campagne  « Tout vivre en Côtes d’Armor ».
Soutenue par la  Région, la CCI 22 ou encore la SNCF,  celle-ci vise les cadres franciliens en quête de changement de vie.
Cette campagne s’inscrit aussi dans la perspective de l’arrivée de la LGV en juillet prochain qui reliera Paris à Lamballe en 2 h 08 par le TGV le plus rapide. Soit cinq minutes de moins que sa voisine briochine et 44 minutes de moins qu'aujourd'hui. Du lundi au jeudi, le premier TGV lamballais partira à 5 h 54 et rejoindra la capitale à 8 h 18. Le dernier voyage sera possible à 18 h 21, pour une arrivée à 21 h 04. Dans le sens Paris-Lamballe, premier départ à 6 h 56 et fin du trajet à 9 h 30.
« Les derniers voyageurs parisiens pourront monter dans le train à 18 h 56 et prendre l’apéro à la plage quelques minutes après l’arrivée prévue à 21 h 04. C’est incroyable! Le tourisme va nécessairement se développer et profiter à l’hôtellerie et la restauration. Grâce au TGV,  de nouveaux programmes immobiliers vont voir le jour. C’est sûr c’est toute l’économie du territoire qui va être boostée », anticipe l’ambassadrice très au fait des enjeux économiques d’une telle desserte.

 

Avec la LGV, 2SMpilotage tient la pole position à Saint-Malo

Felix Barré a créé, le 15 février 2015,  2SMPilotage à Saint-Malo

 

2SMPilotage fait son entrée dans le cercle très fermé des simulateurs automobiles de tout premier plan. L’initiative revient à Félix Barré, ingénieur chez IMSA Performance depuis des années. Originaire de Plouër-sur-Rance, il a fait le choix de s’implanter à Saint-Malo.

Créée  le 15 février 2017, 2SMPilotage propose à tous les pilotes professionnels et amateurs passionnés de sports automobiles, d’améliorer leurs performances en piste grâce à un simulateur de dernière génération, le plus proche possible de la réalité.
Le package est complet : ingénieur pour les acquisitions de données, un cockpit réel monté sur vérins et un conseil à la carte. « En France, mes deux uniques concurrents sont situés à Monaco et Paris. Devant la difficulté à trouver un local sur Saint-Malo, j’ai un moment imaginé me replier sur Dinard ou Dinan. Heureusement, j’ai fini par trouver un local de 160 m² situé à 600 m de la gare et 300 m du Sillon. L’emplacement est déterminant pour la réussite de mon projet car je m’adresse à une clientèle nationale, voire internationale plutôt aisée, passionnée de courses automobiles ».

Aller-retour dans la journée depuis les 4 coins de la France

La proximité des aéroports de Rennes, Dinard et Nantes sont de sérieux atouts, tout comme les quatre voies sur Caen, Saint Brieuc et Rennes.
La future LGV qui mettra Paris à 2 h 15 de Saint-Malo est, selon le jeune dirigeant, la cerise sur le gâteau.  « Pour un chef  d’entreprise, il est essentiel de pouvoir faire l’aller-retour dans une journée. En utilisant la formule « avion + train et/ou voiture j’ai fait le calcul : au départ des principales villes françaises, via Rennes, il est aujourd’hui possible d’arriver vers 10 h à Saint-Malo et être de retour chez soi au plus tard à 21 h. Avec mes forfaits jour proposant quatre à six heures de conduite, je suis dans les clous ! »

Saint-Malo, 5e destination préférée des français

Fondu de courses automobiles, Félix Barré est bien connu des paddocks. Parmi ses connaissances, certains VIP comme David Hallyday, sont prêts à venir s’entraîner chez lui et mettre leur notoriété au service d’2SMPilotage.
« J’ai noué un partenariat avec les Thermes marins de Saint-Malo ainsi que leurs hôtels. Lors de la réservation, mes clients bénéficient ainsi d’avantages. De nombreuses formules telles qu’un week-end avec de la thalasso pour madame et du simulateur pour monsieur sont à mettre en avant. Je teste aussi des restaurants et des crêperies pour mettre sur pied d’autres accords. Il ne faut pas se tromper, j’ai beau être à Saint-Malo, ce sont toutes ces  petites attentions qui feront la différence et fidéliseront les clients.»
Trois places de parking privatisées, situées à proximité du simulateur sont également à leur disposition. En matière de mobilité, Félix Barré propose également les services d’un vélo-porteur qui, en 10 minutes, amène ses clients au pied des remparts ou leur faire faire un tour du Sillon.

Un projet soutenu par la CCI

Convaincu de la pertinence du projet avec l’arrivée imminente de la LGV,  les équipes malouines de la CCI Ille-et-Vilaine se sont mobilisés pour aider Félix Barré à créer son entreprise, lui trouver de nouvelles cibles, marketer son offre en direction des  entreprise en proposant entre autres des séances de Team buildings pour 6 à  8 personnes.
« Grâce à leur accompagnement, j’ai également bénéficié d’un prêt d’honneur de 10 000 euros,  le maximum accordé pour un projet de création. Certains conseillers m’ont ouvert leur carnet d’adresses et mis en relation avec Saint-Malo agglomération et toutes les structures locales d’aides aux entreprises. Ici tout le monde soutient mon projet, ça donne de l’énergie ! » 

« La LGV doit être accompagnée d’une continuité numérique »

Pascale Olivard, président de l'Université Bretagne Loire
UBL

par Christelle Hall

L’Université Bretagne-Loire rassemble sept universités, 15 grandes écoles et 5 organismes de recherche. Pour Pascal Olivard, son président, la LGV aura un impact certain sur l’attractivité de la région.

« L’enseignement supérieur et la recherche ont un impact non négligeable sur le développement économique d’un territoire, souligne le président de l’Université Bretagne-Loire. La recherche crée de la valeur et apporte notamment du sourcing aux entreprises. Et la présence d’étudiants sur un territoire le fait vivre. »
L’arrivée de la LGV en Bretagne constitue un argument supplémentaire en termes d’attractivité dans un contexte de forte concurrence des régions au niveau de l’enseignement supérieur. « De là à affirmer que cela aura un impact sur les flux d’étudiants, je ne saurais le dire, tempère Pascal Olivard. Réduire le temps de parcours entre Paris et la Bretagne devrait être un facilitateur. Mais ce qui fonctionne dans un sens fonctionne aussi dans l’autre. Les étudiants bretons pourraient choisir d’aller davantage étudier hors de la Bretagne. »

Les « turbo profs »

Concernant la recherche, la LGV « peut renforcer des collaborations avec des établissements et des groupes industriels ayant leur siège à Paris par exemple. Le risque, que nous avons clairement identifié depuis longtemps déjà, c’est l’accentuation significative des turbo profs, ces enseignants-chercheurs qui viennent en Bretagne pour donner des cours mais poursuivent leur recherche en région parisienne. C’est un phénomène que l’on connaît déjà en sciences humaines et sociales et qui pourrait se développer en sciences expérimentales, notamment à Rennes qui ne sera qu’à 1h30 de la capitale. »
Pour tenter d’enrayer la tendance, les dispositifs d’accompagnement à l’installation des familles (aide au déménagement, soutien au conjoint dans sa recherche d’un emploi, aide à l’installation) sont à encourager.
Un tapis rouge qu’il est nécessaire de déployer aussi à l’ouest, en Finistère, mais pour une autre raison : « La LGV ne va pas changer grand-chose pour l’ouest breton, c’est mon sentiment, car le temps de 3h30 pour Brest, par exemple, n’est pas un argument que l’on peut mettre en avant à l’international. Les acteurs brestois affichent généralement 1h de Paris avec l’avion. L’ouest attire davantage sur la base de la reconnaissance de ses spécificités, comme les sciences de la mer et des formations originales. »

Une continuité numérique

En militant du « triangle d’or Rennes-Brest-Nantes », le président de l’université Bretagne-Loire appelle à une amélioration des liaisons ferroviaires entre Brest et Nantes, « à minima 4h30 calamiteuses » et aussi celle de Rennes-Nantes.
Reprenant sa casquette d’ancien président de l’UBO et co-rapporteur d’une étude du Ceser de Bretagne, il souligne également la nécessité d’un bon réseau internet sur le trajet : « Le désenclavement par le temps et la vitesse est une chose mais il y a un enjeu concomitant, celui de la continuité numérique sur les liaisons régionales interrégionales. C’est une vraie question. »

C’est le cas à Brest et au sud de la Bretagne, lire « Carrières Nomades facilite l’installation des collaborateurs et conjoints »

 

La LGV active les projets au parc de Branféré

Frédéric Jayot, directeur général du parc de Branféré et de l'école Nicolas Hulot
Parc de Branféré

Par Christelle Hall

Le parc de Branféré a accueilli 280 000 visiteurs en 2016, le plaçant au 3e rang des sites touristiques payants de Bretagne. La LGV y est perçue comme une opportunité de développer des offres originales tournées vers le tourisme écoresponsable.  

Directeur du parc et de l’école, Frédéric Jayot anime la commission Tourisme du club TGV du Morbihan depuis 2013. Porté par des professionnels du tourisme, le club a permis de faire émerger les bonnes pratiques : « Nous nous sommes interrogés collectivement sur les conséquences de l’arrivée de la LGV en termes de services. Il y a une vraie opportunité pour le tourisme d’affaires mais nous nous sommes focalisés sur les courts séjours et séjours sans voiture du tourisme durable. En faisant un tour de table, nous nous sommes rendus compte que chacun dans son coin a mis au point des initiatives concrètes, notamment les professionnels du tourisme labélisés ou certifiés, comme nous avec Green Globe. Avec le club, nous pouvons les partager. »

Lever des freins

Le club a ainsi participé à l’opération « la Bretagne sans ma voiture », portée par le conseil régional de Bretagne. Pour développer ce type d’offres, sans sa voiture, en lien avec le tourisme écoresponsable, les professionnels ont dû se pencher sur les freins, notamment celui du dernier kilomètre : vendre du train et un hébergement nécessite un agrément spécifique de la SNCF ; proposer la voiture électrique sous-entend de proposer aussi la borne de recharge. Le parc de Branféré a investi 4 000€ dans une borne.

L’offre Oui Car

Une fois ces freins levés, les synergies émergent, comme ce package à venir offrant un circuit entre le parc de Branféré, l’éco-hôtel Yves Rocher et le festival de La Gacilly.
« Nous avons voulu proposer d’emblée des produits touristiques commercialisables. Il faut une offre en porte à porte. Nous en avons une qui utilise la solution Oui Car, qui permet de louer un véhicule de service SNCF à la gare. Il suffit d’avoir l’application qui permet de louer et d’ouvrir avec une clé électronique. Les voitures sont disponibles du vendredi soir au dimanche soir. Le site BreizhGo recense aussi tous les transports en commun de Bretagne. »

Un hôtel au parc

Pour se mettre en capacité d’accueillir au mieux ce tourisme à la carte, proposant des expériences ciblées dans le respecte de l’environnement, le parc vient de finir une première tranche de travaux à l’accueil, à l’espace restauration et au niveau de l’administration. Une salle de réunion pour séminaire a vu le jour. L'école Nicolas Hulot (5 000 enfants/an) va aussi bénéficier d'une rénovation des chambres.
Paysage et espaces seront reconfigurés pour envisager des projets animaliers, une nouvelle signalétique.  A terme, dans 4-5 ans, le parc va faire construire un hôtel d’une trentaine de chambres. « Il accueillerait la clientèle d’affaires la semaine et celle des particuliers, des familles, le week-end et les vacances. » Au-delà du gain de 42 minutes, la LGV fait entrer en résonnance des projets dans un département qui représente un tiers des nuitées touristiques régionales.

 


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