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Michelle Kersaudy, Chenilles et Papillons, à Douarnenez, a adopté le chèque Kdo Pass
Simon Cohen
Michelle Kersaudy, Chenilles et Papillons, à Douarnenez, a adopté le chèque Kdo Pass

Consommez près de chez vous : les actions engagées par la CCIMBO

Christelle Hall, le 31.05.2017

Consommer local oui mais encore faut-il savoir où et comment ? La chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Bretagne ouest (CCIMBO) entend bien accompagner ce mouvement de fond, qui bénéficie tant aux consommateurs, qui soutiennent l’emploi local par leurs emplettes, qu’aux commerçants, producteurs, transformateurs, qui développent les emplois… De cet état d’esprit « circuits courts » dépend toute une chaine créatrice de valeurs sur le territoire.

Parole d'élu
Claude Ravalec, président de la commission Commerce de la CCIMBO

Claude Ravalec, président de la commission Commerce de la CCIMBO
GuillaumeTeam

La promotion du « consommer près de chez vous » est un fil conducteur de différentes actions menées par la CCIMBO ces dernières années. Bousculé par les nouveaux modes de consommation et le développement du commerce numérique, le commerce de proximité cherche des pistes de renouvellement de son offre. Pilier de l’économie locale, créateur d’emplois, de cohésion sociale, il structure les villes autant que des communes rurales.
La CCIMBO s’engage à promouvoir l’acte de « consommer local », à valoriser les produits et la qualité des services offerts par les entreprises de proximité, à soutenir le renouvellement et le développement du commerce. Nous y contribuons déjà, à travers un certain nombre de démarches décrites dans ce dossier. A nous tous de les amplifier !


Quand on dit circuits courts, la vente directe des producteurs aux consommateurs s’impose généralement. Or, les circuits courts concernent aujourd’hui tous les secteurs d’activités, à partir du moment où l’acte de consommer local devient un geste volontaire de soutien à l’économie du territoire où l’on vit.

Abeil : utiliser les ressources locales

« Le « consommer local » est aujourd’hui un projet de territoire, indique Vincent Coppola, directeur du développement économique à la délégation CCIMBO de Quimper. La CCI, à travers ses différents projets, veut en donner une large vision et interconnecter les différentes composantes pour créer, par exemple, une nouvelle activité. »
« En créant Abeil (association Blue Economy et initiatives, NDLR), explique Jean-François Garrec, président de la délégation CCIMBO Quimper, nous souhaitions nous donner les moyens d’accompagner la faisabilité technique et financière des projets et des initiatives issues de la mobilisation des acteurs locaux. C’est à la fois une nouvelle façon d’entreprendre mais aussi de coopérer entre nous. »
Accompagné de Gunter Pauli, chantre de la Blue Economy à travers le monde, la CCIMBO a donné la voix aux entrepreneurs, pour qu’ils osent se lancer dans des projets dont les modèles économiques sont encore à inventer. 
« Nous leur faisons rencontrer des entreprises qui portent des technologies innovantes, transposables sur leurs propres projets. » [A lire : Abeil, des chefs d’entreprises s’engagent dans l’économie bleue].

Un accompagnement à la carte

Présentation de marques impliquées dans les chèques Kdo Pass lors du Grand Prix Guyader en mai 2017Leurs particularités ? « Ils reposent sur l’utilisation des ressources disponibles sur le territoire, indique Vincent Coppola. Les adhérents de l’association, pour bénéficier de nos conseils et réseaux, doivent s’engager dans une logique de valorisation en chaîne des ressources et matières premières, voire de relocalisation. »

Abeil, une démarche de partage basée sur l’imagination ? Point d’angélisme attention ! Le pragmatisme est de mise et le financement, indispensable. « Les entrepreneurs y croient et donc investissent. Pour le papier de pierre, 20 000 € ont été mobilisés par plusieurs partenaires pour envoyer les pierres d’ici en Thaïlande et valider un process. Quand cela sera fait, avec la bonne composition, nous pourrons lancer une étude de faisabilité d’un site industriel ou l’intégrer dans la chaîne de production d’un partenaire local. »

La CCIMBO, initiatrice du mouvement, apporte un accompagnement à la carte, d’animation, de coordination, d’accompagnement technologique et de recherche de financement. « Cela mobilise les compétences des équipes en Finistère. Elle porte une vision d’avenir, c’est une vraie volonté qui doit faire émerger des activités nouvelles créatrices d’emplois. »

Relocaliser l’acte d’achat

Créer des emplois en anticipant les mutations économiques, voilà qui donne une bouffée d’oxygène. Mais pour beaucoup d’entreprises, la préoccupation quotidienne consiste à maintenir l’emploi.
Dans le commerce de proximité, c’est encore plus vrai. Pour soutenir l’achat en centre-ville et centre-bourgs, malgré Internet, malgré l’hégémonie des grandes zones d’activités, la CCIMBO a développé plusieurs outils qui s’appuient d'une part sur Internet (ateliers numériques à Quimper et Morlaix, ateliers et forum Solutic à Brest, mallette du dirigeant), d'autre part sur l’effet découverte initié par diverses opérations de marketing territorial.

La délégation CCIMBO Morlaix a ainsi mis en place le chèque cadeau 100% Haut Finistère depuis 2013. L’idée ? Proposer aux entreprises, CE et commerces d’acheter des chèques cadeaux pour leurs salariés, à dépenser dans un réseau de 570 commerces adhérents, toutes activités confondues. Les grandes surfaces (+ 400 m2) en font partie avec 40€  de chèques attribués sur une souche de 100 €. « Pour l’entreprise qui les achète, c’est un acte de dynamisation de l’économie locale, expose Sylvie Le Callonnec, responsable du pôle Animation collective et développement du commerce. L’achat de proximité contribue à leur propre développement économique. »

540 000 € de retombées

La législation en vigueur permet en effet à un employeur de proposer à ses salariés des chèques cadeaux d’une valeur plafonnée 163€ par salarié et par événement. « Or il y a onze événements pour lesquels il peut en proposer sans charges sociales. »
Pour contrer les grands émetteurs nationaux de chèques cadeaux, qui valorisent les enseignes dont les sièges sociaux sont ailleurs, la CCIMBO a pris en charge ce service pour ses ressortissants. « Nous les éditons, les faisons imprimer, les vendons, les livrons et assurons le remboursement aux commerçants, moyennant de faibles frais de commission. » Pour les adhérents d’une union commerciale, c’est 2,5 % et pour les autres, 7 %, en-deçà donc des 11/15% des chèques nationaux.

Quel impact ? En 2016, 440 entreprises ont acheté des chèques cadeaux pour leurs employés. Et ceux-ci ont contribué à diffuser 540 000€ sur le haut Finistère. Des retombées non négligeables dues au travail de terrain des équipes CCI. « Cela contribue clairement à maintenir les commerces et l’emploi, y compris en milieu rural [A lire : La Boisselière, ci-dessous]. Cela limite l’évasion commerciale, créé une dynamique de communication mutualisée et le « petit » commerce en profite. »

700 adhérents en sud Finistère

« Nos chèques Kdo Pass permettent aux entreprises et associations de Cornouaille de participer à l’économie locale », souligne avec conviction Michèle Kersaudy. Commerçante à Douarnenez (Chenilles et Papillons, en photo d’ouverture), présidente de l’union commerciale (50 adhérents), elle est adepte de cette initiative également portée par la CCI, délégation de Quimper. « Voilà un outil qui booste la consommation locale et augmente notre chiffre d’affaires. Les clients connaissent à présent les endroits où ils peuvent l’utiliser et le sortent facilement sur le comptoir du magasin. »

Le Kdo Pass est bien implanté dans 700 commerces du sud-FinistèreLancé fin 2010, le Kdo Pass a bénéficié d’un regain d’intérêt en 2014, lorsque la CCI a décidé d’y intégrer les grandes surfaces. « Pour toucher les CE dans les entreprises de plus de 50 salariés ainsi que les collectivités locales, nous devions impliquer les GMS, commente Jacques Goyat, responsable du service Réseaux et opérations collectives. Nous avons fait le choix du 60/40. » Un quota qui garantit des retombées pour le commerce de proximité.

Résultat : avec 700 adhérents (45 communes) dont 120 grandes et moyennes surface, le Kdo Pass a redistribué 500 000 € sur le territoire. Une appli mobile est disponible, en plus du site internet auquel devrait s’ajouter un module de paiement en ligne.
A cette opération, la CCI dédie une conseillère Grands comptes, Pauline Ferec, assure la personnalisation des chèques, la livraison gratuite, zéro frais de dossier et des frais d’adhésion et frais de commission au plus bas, de quoi équilibrer le budget. « Les commerçants peuvent se servir du Kdo Pass pour communiquer, lancer des animations. » Dernier né lancé lors du Grand Prix Guyader en mai, le chèque Kdo Culture, complète un dispositif qui fait ses preuves.

Encourager la consommation locale

Hervé Kermarrec, Helenka, président de l'UC de Landerneau (Simon Cohen)« Depuis une dizaine d’années, nous éditons des bons d’achats pour les 85 adhérents de Landerneau Boutiques, expose Hervé Kermarrec (Helenka), président de l’UC qui fête ses 60 ans. Les clients les connaissent bien, à travers nos animations. Par exemple, en octobre prochain, nous faisons gagner 2 000€ en bons d’achat. » 480 chèques ont été émis en 2016.

Autre axe d’encouragement à la consommation locale, la carte de fidélité. 22 commerces y adhèrent à Landerneau, où elle existe depuis une douzaine d’années. L’association a créé un poste à temps partiel pour gérer les aspects comptables du chèque et de la carte. « La carte unique a un impact sur l’acte d’achat, poursuit le président, car elle sert aussi de moyen de paiement. Chaque achat permet de cumuler des points, 2,5 % du montant, qui créditent la carte. » 13 000 porteurs de cartes, c’est autant de clients fidèles.

Animer le centre-ville

Aux Vitrines de Brest, la carte a été abandonnée il y a quatre ans. L’association (200 adhérents) mise davantage sur les animations qu’elle étoffe en particulier cette année avec l’ouverture du plateau des Capucins. « En octobre prochain, expose Frédéric Devaux (Hébène), président de l’UC, nous organisons une semaine de festivités du centre-ville jusqu’aux Capucins. Le commerçant va pouvoir proposer des animations qui profiteront à tous. Deux défilés de mode sont programmés. Nous voulons montrer qu’il y a une vie en centre-ville. Illuminations de Noël, défilés de voitures anciennes, Reines du Shopping… Nous travaillons à animer le centre pour encourager la consommation locale  »Frédéric Devaux, (Hébène), président de l'UC Les Vitrines de Brest (Simon Cohen) et faire revenir les flâneurs en centre-ville.


Parmi les projets, les chèques cadeaux figurent en bonne place : « C’est un objectif important, j’espère qu’on va les développer au niveau départemental. »
Pour la CCI, délégation de Brest, ce travail d’animation est essentiel. Un partenariat avec Brest métropole a permis de faire émerger des pistes de dynamisation du commerce de centre-ville en 2016 (SMDE). Le pouvoir d’attraction du téléphérique et des Capucins doit avoir des retombées sur les enseignes de proximité. Et permettre de valoriser un savoir-faire.

D’ici Même : un site pour faire savoir

Ce savoir-faire n’est plus à démontrer en termes de production agricole. A travers la restauration, la CCIMBO souhaite désormais le faire savoir. En appuyant l’opération brestoise « D’ici Même », lancée par le pays de Brest, la CCI adhère à la mise en réseau des commerçants, artisans et restaurateurs impliqués dans la promotion des produits locaux. « Une centaine de professionnels se sont inscrits sur le site D’Ici Même, 50 % de producteurs et 50 % d’intermédiaires, détaille le chargé de projet Erwan Burel. C’est un dispositif partenarial qui veut faire connaître l’offre dont disposent les consommateurs. Chaque adhérent a signé une charte et valorise ce qu’il veut sur le site. »

Yann Kermarrec (à droite), chef du Coq en Pâte et Dominique Jaffrès du moulin de Lescoat (Simon Cohen)Au restaurant Le Coq en Pâte, à Lesneven, « travailler en circuit courts correspond à la fois à une prise de conscience et à l’élaboration d’une identité forte pour mon restaurant. Les assiettes racontent l’histoire des producteurs, des éleveurs, retrouvent la temporalité des choses et cela, les clients le comprennent bien. J’ai trouvé ma place…. Toute la difficulté pour nous est de faire savoir notre façon de cuisiner, de nous démarquer. Etre présent sur le site « D’ici Même » est une solution. » Le chef va plus loin en s'engageant dans la réduction des déchets et dans un audit qui mettra en avant l'impact evironnemental de l'enseigne.

Le groupement des restaurateurs Pointe Bretagne (une quarantaine d’adhérents), chantre du patrimoine gastronomique, est dans la boucle [A lire : Finistère, restaurateurs et charcutiers main dans la main]. « Nous ne cherchons pas la quantité sur le site internet mais que les consommateurs y trouvent des personnalités qui se battent pour la qualité de leurs produits. »

Lancé il y a un an, le site cherche maintenant à davantage se faire connaître en s’appuyant sur les partenariats, comme celui avec la CCIMBO. Le programme européen Leader, qui soutient notamment l’achat et l’approvisionnement local, est à l’étude dans la recherche de financements.
 

Marketing local : les Saveurs de Cornouaille

A Quimper, la CCI a mis en place la marque bannière Les Saveurs de Cornouaille, qui a pour mission de promouvoir la filière alimentaire, du champ et de la mer jusqu’à l’assiette.  Cette marque territoriale lancée en 2016 pratique le co-branding, c’est-à-dire la promotion de plusieurs marques « en se basant sur leur "culinarité" », souligne Mélanie Lherron, conseillère en agroalimentaire à la délégation de Quimper.

Une quinzaine de PME, comme Britt, Kerné, Krips, cafés Coïc, Marinoë etc. associées à des groupes comme Poult et Guyader, ont décidé de travailler ensemble sur leur notoriété locale pour montrer aux consommateurs la qualité de leurs produits. « Promouvoir le « consommez près de chez vous » passe par des boutiques éphémères sur les événements nautiques - Grand Prix Guyader et bientôt la Solitaire du Figaro - où le chef Eric Stéphan propose des recettes qui valorisent nos adhérents. Tous ont signé une charte qui est notre garantie de qualité et d’origine. »
Cinq chefs se sont impliqués à la démarche et des livrets de recettes sont disponibles pour les clients. Les Saveurs de Cornouaille bénéficie d’un engagement fort de la CCI au regard des 50 % de l’emploi cornouaillais dépendant de l’industrie agroalimentaire.

Circuits courts aussi en BtoB

En BtoB (business to business), la délégation de Morlaix a mis sur pied le salon des CE et des entreprises, dont la troisième édition se tiendra en octobre prochain. « Commerçants, artisans, hôtels-cafés-restaurants, équipements de loisirs… proposent une offre de réductions aux entreprises de 20 salariés et plus. Pour une offre groupée, cela peut aller jusqu’à 20 % de réduction pour le salarié, voire plus s’il a aussi des chèques cadeaux, précise Sylvie Le Callonnec, responsable du pôle Animation collective et développement du commerce. 65 entreprises sont venues à la rencontre des professionnels en 2016. Pour la CCI, c’est l’occasion de donner une vitrine collective aux professionnels du territoire. »

Une cellule dédiée commerce rural s’est également constituée à Morlaix pour faire émerger les initiatives dans les commerces de proximité, comme ce projet de déposer en relais colis fraîcheur des produits de la mer du vivier de Plougasnou, dans le commerce local.

En matière de promotion du territoire, la CCIMBO a développé une expertise qui bénéficie au territoire, aux entreprises de toute taille et tous secteurs. Et ce travail mené en équipe, en réseau porte ses fruits.

Contacts :

Blue economy, Abeil : info@blueeco.bzh, 02 98 98 29 52
Saveurs de Cornouaille

CCIMBO :

 

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Repères

Les retombées des chèques cadeaux CCIMBO en 2016 :

  • 100% Haut Finistère : 540 000€
  • le Kdo Pass : 500 000 €

TÉMOIGNAGE

"Le chèque cadeau maintient l’achat sur la commune"

Claudie et Jean-Luc Jeffroy dirigent La Boissellerie avec leur fils Julien
Simon Cohen

 La Boissellerie vend avec passion des jeux et jouets en bois pour tous les âges, à Plourin-les-Morlaix. Fortement engagé dans la vie de la commune, le couple Claudie et Jean-Luc Jeffroy constate le bienfait sur les ventes des chèques cadeaux 100% Haut Finistère.

La Boissellerie s’est créée à Morlaix en 2000. En décidant de s’installer à Plourin-les-Morlaix en octobre 2012, Claudie et Jean-Luc Jeffroy ont plus que doublé leurs références, leur permettant aussi d’accroître les ventes sur leur site internet et les marketplaces.
« Ici nous avons un endroit pour stocker les colis, indique Claudie. Nous proposons le retrait du colis en magasin, avant ou après paiement et cela fonctionne très bien à Noël. »

Noël, succès des chèques CCI

Noël justement constitue la plus importante période de paiement par chèques cadeaux. « Nous constatons que, grâce aux entreprises qui choisissent le chèque de la CCI [délégation de Morlaix, NDLR], les salariés ont possibilité d’étendre leurs choix de cadeaux et ça change des grandes surfaces. Nos clients n’hésitent pas à le sortir, la boutique prenant les deux coupons (lire plus haut). Je remarque que nous comptons plus de chèques CCI que de chèques nationaux. »

Un service en plus

Membre de l'UCA Plourin-les-Morlaix, la Boissellerie a été une des premières enseignes à adopter le 100% Haut Finistère. « Madame Le Callonnec (CCIMBO) est venue nous le présenter à plusieurs reprises et je pense que nous l’avons quasiment tous adopté. Il s’agit d’un service que nous rendons aux clients qui restent ainsi sur le secteur pour leurs achats et découvrent aussi notre enseigne et nos prestationsne. Cela ne nous engage pas vraiment, du fait des frais de commission moins élevés qu’au national. . »
Réparation gratuite, prêt aux associations, marchés dans les communes rurales, la Boissellerie fait revivre les jeux en bois avec beaucoup d’entrain. « Ce sont des jouets qui se transmettent, souligne Claudie, et les clients nous aident à découvrir nos propres jeux ! »