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Entreprendre à Belle-Île
Aude Sirvain
Le club d'entreprises nouvellement créé veut avoir du poids dans le développement économique de Belle-Île. (Photos Aude Sirvain)

Réseau d'entreprises et développement économique sur Belle-Île-en-Mer : la force d’être plusieurs

, le 29.05.2018

On connaît la vertu des réseaux professionnels : sortir les chefs d'entreprise de leur isolement et leur permettre d'échanger sur des problématiques communes. A Belle-Île-en-Mer, le tout jeune club d'entreprises animé par la CCI du Morbihan n'échappe pas à la règle, avec ce supplément d'âme et d'originalité lié à l'insularité.

Parole d'élu

Adamantium

"En tant que Parlement des entreprises, la CCI du Morbihan s'engage auprès d'elles pour porter leurs problématiques et les leviers de leur développement auprès des pouvoirs publics. Les conventions signées avec les collectivités territoriales vont dans ce sens. Elles facilitent la complémentarité d'actions et l'échange d'informations."

Jean-Pierre Bothua
Vice-président de la CCI du Morbihan chargé du numérique

Ce mercredi, c'est Yannick Cordier, dirigeant de Ultimate fishing, qui reçoit. Ils sont une dizaine de chefs d'entreprise bellilois à s'installer autour de la table. Chacun dans son domaine d’activité (hôtellerie, transport, BTP, industrie, etc.), mais tous réunis autour de cette vérité : entreprendre sur une île ajoute un challenge supplémentaire jalonné de contraintes pratiques et logistiques.

Bénéficier de la dynamique des réseaux

A les entendre, la création de ce tout nouveau club d'entreprises relève presque de l'extraordinaire, en tout cas de l'impensable il y a encore quelques années. "C'est un événement majeur, s’accordent-ils tous. On participe à l'image positive de Belle-Île, souligne Yannick Cordier (ci-contre).

Le projet a été insufflé par Christophe Niceron, dirigeant de La Bien Nommée & Carabreizh, maison reconnue pour la fabrication de son caramel salé née sur les rives de Le Palais. "Adhérent du club d'entreprises du Pays d'Auray*, je souhaitais faire bénéficier les dirigeants de Belle-Île de cette dynamique des réseaux. Avec les élus de la délégation d'Auray de la CCI du Morbihan, à laquelle j'appartiens, on a donc initié la création de cette antenne sur Belle-Île", explique Christophe Niceron, porte-parole désigné du club bellilois, réservé aux sociétés de plus de quatre employés.

Un club proactif

"Le club d'entreprises de Belle-Île-en-Mer est un club bienveillant et proactif. Il nous a permis de nous rencontrer, de mieux nous connaître et d'échanger sur des problématiques communes que sont le logement, le transport, le numérique... Nous avançons avec une logique de solutions et pragmatisme", souligne le porte-parole de ce nouvel acteur du développement économique de l'île.

Il est en cela accompagné par la CCI du Morbihan qui vient de clôturer son tour des communautés de communes du Morbihan, toutes signataires d’une convention de partenariat en faveur du développement économique des territoires.  La Communauté de communes de Belle-Île-en-Mer, porteuse de 41 compétences sur les quatre communes qu'elle réunit, a signé cette convention en mars. On y parle étude et analyse des données économiques, de réflexion sur l'accompagnement des entrepreneurs et l'aménagement du territoire

Un interlocuteur crédible

La création de ce club d'entreprises fait partie des premières actions à porter au bénéfice de ce partenariat.  "Notre club représente 250 emplois. Nous avons du poids dans la vie et le dynamisme de l'île à laquelle nous sommes tous très attachés. En cela, nous sommes un interlocuteur crédible et privilégié des élus locaux", souligne Christophe Niceron.

A raison d'une réunion tous les deux mois, les chefs d'entreprise de Belle-Île entendent mener des actions concrètes et efficaces en faveur du développement de l'île.

* Christophe Niceron déploie son activité sur deux territoires : Le Palais (Belle-Île-en-Mer) et Landévant (Auray Quiberon Terre Atlantique).

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Repères

L’économie de Belle-Île en chiffres

  • 902 établissements professionnels, dont 413 enregistrés au Registre du Commerce et des Sociétés
  • 2.061 emplois
  • 5.343 habitants dont 35 % de plus de 60 ans
  • 2,5 millions de nuitées par année

TÉMOIGNAGE

Création d’entreprise : Belle-Île Blanc tambour battant

Blanchisserie industrielle Belle-Île
Aude Sirvain

L'excitation est à son comble, l'ouverture imminente… Depuis plus d'une année qu'il pilote le projet, puis le chantier et l'installation complète de son entreprise, Johan Dubourdieu a hâte de lancer l'activité de "Belle-Île Blanc", la blanchisserie industrielle de Belle-Île-en-Mer.

Le chantier est toujours en cours, les machines et outils trônent au milieu du bâtiment mais qu'importe : la visite se déroule comme si tout était en place. On l'imagine parfaitement, cette marche en avant, "du sale au propre", comme l'explique avec un réel enthousiasme Johan Dubourdieu, créateur et dirigeant de cette toute nouvelle entreprise insulaire baptisée "Belle-Île Blanc". Dans quelques jours, des tonnes de linge seront traitées quotidiennement (jusqu'à 2 tonnes/8 heures) dans cet établissement flambant neuf de la zone artisanale de Mérezelle, à Le Palais.

Actuel gérant du prestigieux hôtel spa et thalasso, Castel Clara, à Bangor, Johan Dubourdieu a saisi l'opportunité de capitaliser sur une activité locale et innovante en créant LE chainon manquant du circuit de l'hôtellerie restauration à Belle-Île : la blanchisserie industrielle. "Chaque établissement est doté d'une buanderie mais la majorité du linge professionnel, et celui du Castel Clara en l'occurrence, est transporté par bateau pour être traité en grande quantité chez un industriel, à Quimper. Je veux donc (re)localiser cette prestation, pour plusieurs raisons : profiter de la mise aux normes exigée pour transférer l'activité buanderie de l'hôtel, et surtout montrer qu'il est possible de créer une entreprise à Belle-Ile et des emplois." Entreprendre est un challenge, décuplé sur une île.

Economie insulaire circulaire

Sur un terrain acheté à la commune, Johan Dubourdieu a fait élever un bâtiment de 550 m², hyper-fonctionnel et ultra-moderne. Le projet relève aussi le défi d'être sobre (produits écolabellisés) et le plus économe possible. "Investir sur une île nous oblige au respect de l'environnement. Nous sommes contraints par l'insularité qui devient une source d'ingéniosité." La blanchisserie Belle-Île Blanc se distingue par la mise en place d'un système de récupération de chaleur et d'économie d'énergie. "L'air chaud des sèche-linges est utilisé pour préchauffer l'eau des machines à laver. L'eau de rinçage des laveuses est elle aussi récupérée pour démarrer le programme de lavage suivant", explique le dirigeant.

Pensés avec les bureaux d'études Aérius (Ploemeur), Altherm (Vannes) et l'entreprise FCE (Kervignac), ces schémas circulaires garantissent une économie de 40% des ressources en eau et en électricité. Conseillé par la CCI du Morbihan sur ce dossier, Johan Dubourdieu a pu bénéficier de financements de la Région Bretagne, de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne et a sollicité les aides de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) au titre du Fonds de chaleur renouvelable.

Création d’emplois

La CCI du Morbihan a également guidé le dirigeant sur le volet RH. Le lancement de Belle-Ile Blanc génère la création de trois emplois durables. Des postes saisonniers seront ouverts pour éponger les pics d'activité. La clientèle de Belle-Ile Blanc est avant tout professionnelle : hôtels, campings, gîtes, chambres d'hôtes... "Nous pouvons aussi traiter le linge de travail des entreprises et celui des collectivités", souligne Johan Dubourdieu qui escompte travailler avec l'hôpital et les établissements de santé de l'île. Concernant ces structures, il précise : "Il s'agit dans ce cas d'une mise à disposition du personnel spécifique au sein de notre entreprise."

Le site Internet de l'entreprise Belle-Île Blanc.