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Entreprises économies d'énergie et déchets
Leviers de performances pour les entreprises : les pré-diagnostics énergie et déchets et le nouveau dispositif "TPE & PME, gagnantes à tous les coûts", avec l'Ademe et les CCI bretonnes.

Déchets et énergie : consommez moins et gagnez plus

, le 08.03.2018

Si la Bretagne est championne de tri en matière de déchets ménagers, celui-ci reste difficile à mettre en œuvre dans les entreprises où la collecte termine encore trop souvent dans un bac général. Pourtant, dans le prolongement de la loi sur la transition énergétique, un décret de 2016 oblige les entreprises à un tri à la source et à la valorisation de cinq flux de déchets : papiers/cartons, métal, plastique, verre et bois. Dans le même temps, le coût de l'énergie continue d'augmenter, représentant un budget de plus en plus important pour les entreprises. Pour gagner en compétitivité, il est donc temps d'activer les leviers du développement durable.

Parole d'élu
"Les entreprises bretonnes doivent se saisir des opportunités"

Louis Maurice CCI Bretagne
Simon Bourcier

La Bretagne est une île. Aujourd’hui, elle doit importer plus de 80 % de l’énergie qu’elle consomme : c’est énorme. Les coûts d’infrastructures sont réellement importants et cette dépendance énergétique a un impact économique. En  Bretagne, les Chambres de commerce et d’industrie ont un rôle à jouer dans la gestion des problématiques de développement durable dans les entreprises.

Ainsi, dans le cadre d’une convention signée entre l’Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie (Ademe) et la CCI de région, les entreprises bretonnes peuvent faire réaliser un premier diagnostic sur l’énergie ou les déchets. Qu’est-ce qu’elles consomment ? Comment faire des économies ? Comment produire moins de déchets ou valoriser ceux qui sont inévitables ?

Les entreprises bretonnes doivent se saisir de ces opportunités pour le plus possible produire et consommer de l’énergie locale. Il existe aussi des outils comme SMILE (SMart Ideas to Link Energies). La CCI Bretagne fait partie du conseil d’administration de cette association qui soutient le développement des réseaux intelligents et des énergies renouvelables en Bretagne et en Pays-de-la-Loire.

Enfin, les industriels comme les particuliers doivent prendre conscience de la nécessité de devenir autosuffisants en énergie : savoir mieux la consommer et la rapprocher des lieux de consommation.

Louis Maurice
Elu CCI Bretagne référent transition énergétique

Trop peu d'entreprises encore trient leurs déchets ou les valorisent à la source, souligne Stéphane Lecointe, chargé de mission Entreprises BtoB au sein de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie) en Bretagne. Même si on constate une évolution rapide en matière de tri ces cinq dernières années, force est de constater que très peu de chefs d’entreprise bretons connaissent le coût de leurs déchets. Pourtant, pour ceux  qui s'y intéressent, trier les amène à prendre conscience des quantités jetées par type de flux et à remonter à leur source. En comprenant ainsi l'origine de leurs déchets, ils imaginent mieux comment les réduire. »

Une démarche similaire est proposée sur la consommation d'énergie des entreprises. Sur ces deux problématiques des déchets et de l'énergie (mais aussi sur les pratiques collaboratives, l'éco-conception et l'éco-innovation), l'Ademe et les Chambres de commerce et d'industrie bretonnes ont signé une convention. Gratuitement, des conseillers environnement se déplacent dans les entreprises afin de réaliser des pré-diagnostics donnant lieu à un plan d'actions sur-mesure. 

"Le pré-diagnostic et les préconisations qui en découlent ont pour objectif d'améliorer les performances de l'entreprise et leur compétitivité en baissant les coûts liés aux déchets et aux dépenses d'énergie, notamment", résume Bruno Faou, conseiller d'entreprises à la CCI métropolitaine Bretagne ouest et animateur régional énergie. Regroupés sous l'appellation Objectif Performance Environnementale, ces pré-diagnostics concernent les entreprises bretonnes de plus de cinq salariés. 

A lire : l'entreprise finistérienne 3I Concept a eu recours au pré-diagnostic énergie pour s'éclairer sur sa consommation d'énergie

Pour généraliser cette démarche auprès des TPE/PME, l'Ademe et ses partenaires, parmi lesquels le réseau des Chambres de commerce et d'industrie lancent une opération supplémentaire d'accompagnement à la réalisation d'économies.

Haro sur les gaspis avec "Gagnantes sur tous les coûts"

"Avec  'TPE et PME gagnantes sur tous les coûts', on cible les entreprise de moins de 250 salariés, poursuit Stéphane Lecointe (ci-contre), c'est-à-dire là où le coût de la benne reste élevé. Après un pré-diagnostic énergie et déchets/matières gratuit, nos experts proposent un plan d'actions et un chiffrage en euros des économies pouvant être générées. Une fois validé par le dirigeant, ils le mettent en place avec l'entreprise et assurent son suivi sur un an." 

Chatal, à Saint-Nicolas de Redon (Loire-Atlantique) fait partie des entreprises qui ont expérimenté ce dispositif entre juin 2015 et juin 2016. Spécialisée en mécanique de précision et traitement de surface aéronautique, elle souhaitait compacter ses plastiques de manière à réduire son budget déchet et améliorer sa performance environnementale. "Au bout d'un an, les bénéfices étaient là.

En investissant 4.000 € pour compacter son  film plastiques à bulles, Chatal a supprimé 16 rotations de transport et ainsi gagné 9.000 €. "Ce type d'initiative montre à quel point il est possible de réduire de façon sensible sa facture tout en contribuant à la croissance verte."

Et celle-ci pourrait bien s'envoler sous le coup de la décision des autorités chinoises en janvier 2018 d’interdire l’entrée sur leur territoire de 24 catégories de matière recyclées, principalement des plastiques et du papier-carton.

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Trajectoire : zéro enfouissement

"Cette décision constitue un réelle opportunité pour la Bretagne. Il est grand temps de nous prendre en main et de nous occuper de nos propres déchets. Nous ne savons pas valoriser nos déchets, alors qu'ils peuvent à terme devenir des ressources, souligne Thierry Burlot, vice-président du conseil régional de Bretagne chargé de l'environnement (ci-contre).

Désormais responsable de cette compétence, la Région s'apprête à dérouler sa feuille de route à travers son  nouveau "Plan régional des ressources". Il s'inspire de la consultation sur l'économie circulaire, lancée en novembre 2017 par le gouvernement. Les objectifs sont ambitieux : réduire de moitié la mise en décharge et recycler 100 % du plastique dès 2025.

Parmi les pistes évoquées, le retour de la consigne sur certains emballages. Ce que confirme l'élu breton : "Nous changeons de modèle, la trajectoire, c'est zéro enfouissement. Pour ce faire, nous allons construire  des centres de fabrication de combustible solide de récupération, sur l'ensemble du territoire. Ca peut aller très vite, car la technologie existe.

Reste quand même à savoir de combien sera augmentée la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) pour financer ces outils de valorisation et dissuader les entreprises et collectivités de recourir à l'enfouissement.

A lire Côtes d’Armor : négociant en papiers/cartons et plastiques recyclés, NeoCycle se tourne vers l’Asie du Sud-Est et l’Inde

 

Démarrage de projets dans chaque filière 

Pour chaque type de produit, comme le bois, le métal, le plastique, le verre ou encore les matériaux du bâtiment (gravats de béton), la Région va créer ou renforcer les filières existantes. "Nous devons assurer des gisement pour pérenniser chaque filière de recyclage et cesser de prélever de nouvelles ressources. Il existe par exemple une véritable gabegie autour des gravats du BTP, qui peuvent pourtant être valorisés pour extraire la roche ou les métaux puis être renvoyés dans le circuit pour une nouvelle utilisation. C'est pourquoi nous réfléchissons à intégrer dans les prochains marchés

publics une part minimum de ces matériaux recyclés.

L'élu breton assure que la Région ira par étape mais que, désormais, elle ne peut plus reculer. D'autres projets sont en cours avec Total, qui développe en Bretagne une filière autour de la récupération et le recyclage du polystyrène alimentaire. Ou encore Distro, une  association de producteurs bretons de bières, cidres, vins et jus de fruits qui récupèrent les bouteilles en verre afin de les réutiliser. Ces projets sont complémentaires des outils de tri implantés en Bretagne. Parmi les plus importants,  citons ceux pilotés par Guyot Environnement, les Recycleurs bretons, Paprec ou encore les nationaux Véolia et Suez

Energie : avoir une consommation adaptée aux besoins de l'entreprise

Concernant la consommation d'énergie, la Bretagne est comparable à une "île", note Louis Maurice, élu CCI Bretagne référent sur la transition énergétique. Avec 80 % de l'énergie consommée importée sur le territoire, les entreprises locales sont dépendantes de l'extérieur... et le coût de l'énergie augmente ! L'élu de la CCI Bretagne incite donc les entreprises à s'emparer du problème. Des équipements moins énergivores à la production et au stockage de l'énergie localement, des solutions existent pour ne pas voir son budget énergie exploser, voire même le faire diminuer.

A lire : L'imprimerie Icônes, à Caudan, est à l'affût des bonnes pratiques pour l'entreprise et l'environnement

Bruno Faou, animateur régional énergie, s'attend donc à ce que les entreprises bretonnes se soucient davantage de leur consommation d'énergie. Et donne quelques pistes : "Il faut qu'elles s'intéressent aux certificats d'économie d'énergie, qui peuvent être revendus aux fournisseurs d'énergie." Autre conseil : vérifier que le contrat d'approvisionnement en énergie est bien adapté par rapport aux besoins réels de l'entreprise. "Selon le code NAF et la valeur ajoutée de la production, certaines entreprises sont éligibles à des exonérations auprès des douanes", assure le conseiller environnement.

Pour des préconisations sur-mesure et un plan d'actions détaillé, la solution reste les pré-diagnostics d'Objectif Performance Environnementale ou l'opération TPE & PME, gagnantes sur tous les coûts.

Les liens utiles pour adopter une démarche de développement durable dans votre entreprise

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Des gestes simples pour des économies qui comptent

Sur la question des économies d'énergie en entreprise, Bruno Faou, animateur régional environnement de la CCI, rappelle les principes de base : "Ce qu'on fait à la maison (éteindre la lumière quand on quitte une pièce, les appareils électriques...), on le fait en entreprise aussi ! Il est prouvé que rien qu'en adoptant des gestes simples et en modifiant des procédures, on peut réaliser 10 % d'économies."

Repères

Objectif Performance Environnementale

Dans le cadre d'une convention signée avec l'Ademe, les CCI bretonnes réalisent des pré-diagnostics dans les entreprises sur le développement durable. Ces prestations sont prises en charge par les deux partenaires. Elles consistent en une visite d'un conseiller environnement, durant une demi-journée. Il examine les éléments et process en place et interroge le dirigeant sur les pratiques. Il rédige ensuite un rapport détaillé avec des préconisations sur-mesure. 
Toutes les prestations développement durable prises en charge par les CCI bretonnes et l'Ademe sur le site Internet de la CCI Bretagne.
 

TPE & PME, gagnantes sur tous les coûts

Cette opération nationale concerne les entreprises de moins de 250 salariés. Après un pré-diagnostic gratuit sur les fluc énergie, matières et eau, qui permet d'analyser les pratiques de l'entreprise, un plan d'action chiffré est rédigé. L'entreprise les met en place sur une année, en parallèle d'un suivi avec un conseiller CCI expert. Le dispositif se conclue par une évaluation des résultats.
Deux webinaires sont organisés les 6 et 24 avril. Inscriptions en ligne.

TÉMOIGNAGES

A Briec, 3I Concept a eu recours au pré-diagnostic énergie pour s'éclairer sur sa consommation d'énergie

Entreprise développement durable
Simon Cohen

Sensibilisation à l'environnement mais aussi stockage et utilisation des produits : chez 3I Concept, le développement durable se conjugue au souci de la santé et de la sécurité des salariés. 
 
Installée à Briec, l'entreprise 3I Concept est une belle PME de 105 salariés dont 85 d'entre eux sont en situation de handicap. Cette entreprise adaptée regroupe plusieurs activités tertiaires (communication graphique, impression, back office, numérisation, services aux entreprises) et une activité industrielle de câblage d'armoires électriques.
 

L'entreprise 3I Concept active pour le développement durable

Depuis 2006, l'entreprise est particulièrement sensibilisée et active sur les questions du développement durable. "A la demande de nos clients, à la base, nous avons fait les démarches et obtenu le label Imprim'Vert", rappelle Gwenaëlle Kermarrec, directrice de 3I Concept. Ont suivi les normes Iso 9001, 140001 et 18001.

"Dès 2012, Bruno Faou, conseiller environnement à la chambre de commerce et d'industrie métropolitaine Bretagne ouest, a réalisé un diagnostic énergie de l'entreprise. Il a visité nos installations et nous a interrogé sur notre utilisation, avant la rédaction d'un plan d'action", rapporte Christine Déniel, responsable Qualité Sécurité Environnement chez 3I Concept. 

Fin 2017, l'entreprise de Briec a souhaité faire évoluer son installation électrique et l'éclairage de tout le bâtiment. "On a jugé intéressant de refaire un point sur la globalité de notre consommation et de notre maîtrise de l'énergie." Dans le cadre de la convention signée par la CCI et l'Adème, une conseillère environnement de la CCIMBO s'est déplacée pour réaliser un pré-diagnostic des consommations énergétiques de l'entreprise. Elle a passé une demi-journée sur place pour vérifier l'installation électrique et la consommation d'énergie de 3I Concept. Des entretiens ont permis de se rendre compte des usages des collaborateurs.

"Elle a rédigé un rapport, qu'elle nous a transmis. Nous avons aussi pu échanger ensemble par rapport à notre projet de changement de l'éclairage", apprécie Christine Déniel, qui souligne le bon accompagnement dont l'entreprise a pu bénéficier. Ce diagnostic a aussi permis à l'équipe d'être confortée dans ses actions de sensibilisation.

Des pistes vers l'économie circulaire

Toujours dans le cadre de la convention passée avec l'Adème, l'entreprise finistérienne a aussi demandé un diagnostic déchets. "Avec l'évolution de nos activités, nous avons produit de nouveaux déchets. Ce diagnostic a permis de pallier une méconnaissance des prestataires, de la filière et du traitement final de nos déchets. Le plan d'action liste des sources intéressantes pour nous, notamment vers l'économie circulaire."

"Les gestes relatifs au développement durable sont ancrés dans l'organisation de notre travail. Chaque nouveau salarié y est vite formé, ça fait partie de la culture de l'entreprise", insiste Gwenaëlle Kermarrec.

Des PDF accessibles aux malvoyants

Chez 3I Concept, il s'agit d'un enjeu stratégique comme sociétal. L'entreprise adaptée met l'humain au coeur de ses préoccupations, que ce soit dans ses process de travail ou de QSE. Cela se traduit aussi dans les services proposés. Par exemple, dans son activité de communication et de création, 3I Concept réalise pour les entreprises des PDF accessibles, c'est-à-dire que des jâlons permettant la lecture audio des documents y sont incorporés. "La lecture est faite par une voix plus agréable qu'une voix métallique", ajoute la dirigeante.

Enfin, des salariés ont bénéficié d'une formation de sept jours à la production de films animés. Déjà six films ont été réalisés par l'équipe du studio graphique de l'entreprise de Briec.

Ille-et-Vilaine : chez Mamie Mesure à Vitré, les clients s’engagent dans une démarche « zéro déchet »

V.Maignant

Ouverte  en septembre 2016 à Vitré, Mamie Mesure est une épicerie sans emballage qui promeut les produits locaux en vrac. Son concept vise à privilégier les circuits courts, favoriser le commerce de proximité et entamer sans trop d’efforts une démarche zéro déchet.

Amandine Josse et Maud Pouteau se sont rencontrées via leurs conjoints respectifs et ont décidé de quitter leurs emplois pour lancer Mamie Mesure, une « épicerie alternative de proximité »  (EAP) en plein cœur de Vitré 35. « Le concept fait de plus en plus d’adeptes, un peu partout en France ». 

 

Tout est recyclé

Dans l’épicerie, le recyclage est partout. Elles reçoivent deux fois par semaine des fruits et des légumes produits dans un rayon  de 50km autour de Vitré : « chaque matin nous les trions, précise Amandine. Nous utilisons ceux qui sont un peu flétris, pour les jus frais et le plat du jour ». Celui-ci est ensuite proposé dans le coin restauration, le café Causette, qui fait  aussi office de salon de thé. « Tout est fait maison à partir de produits de l’épicerie. Soit zéro gaspillage. Nous proposons un menu par jour à déguster sur place ou à emporter dans un bocal fourni par Mamie Mesure et consigné ». Chaque matin, il est affiché sur leur site Internet à partir de 10 h

 

700 références produits

Les deux jeunes femmes proposent plus de 700 références de produits dont 70 % en vrac. « C’est très varié : nous avons 100 silos remplis de produits divers comme des céréales, des pâtes, des graines, des huiles, des boissons … explique Maud. Nous privilégions des produits bio et les producteurs locaux». Des recettes toutes prêtes sont également vendues en bocaux. On trouve aussi chez Mamie Mesure des cosmétiques et des produits d’hygiène, en vrac comme le shampoing, le savon ou encore la lessive. « Pour éviter toute forme d’emballage, nous mettons à disposition des boîtes à thé, des flacons pour les produits d’hygiène, des bouteilles ainsi que des sacs à vrac réalisés à partir de vieux draps. De plus en plus de clients reviennent avec leurs contenants, preuve que la démarche intéresse". 

 

Des ateliers éco-responsables

Et le concept ne s’arrête pas là. Mamie Mesure est aussi un lieu d’échange et de partage des bonnes pratiques. Des ateliers  éco responsables ont vu récemment  le jour sur les conseils des équipes de la CCI-Ille-et-Vilaine avec qui elles ont engagé une réflexion sur leur business modèle avec à la clé des pistes de diversification. « Nous faisons venir des intervenants extérieurs pour apprendre soit à cuisiner « zéro déchet », créer des cosmétiques spécial  bébé à partir de produits naturels, ou encore fabriquer des lessives ». Membre de « Réseau Vrac », une association nationale qui regroupe environ 450 professionnels du vrac, Mamie Mesure dispense des formations à toutes celles et ceux qui veulent créer un commerce ou une activité dans la vente en vrac.  « En France, quelque  200 projets  de ce type de commerce où  le consommateur peut trouver les produits du quotidien vendus en vrac, sont à l’étude, explique Maud en charge de ces formations. Le message est clair : il faut arrêter de surcharger nos poubelles et « n’acheter que l’essentiel ». 

 

Un concept à décliner

Après 18 mois de fonctionnement, l’épicerie alternative des deux jeunes femmes voit son chiffre d’affaires progresser. « Cela ne suffit pas encore à nous verser un salaire, d’autant que nous avons recruté un cuisinier à mi-temps. Cependant, le concept plaît et attire régulièrement de nouveaux clients ». Toujours sur les conseils de la CCI-Ille-et-Vilaine, elles réfléchissent à la déclinaison de leur concept dans une autre ville bretonne.  

 

A découvrir Mamie Mesure 

Côtes d’Armor : négociant en papiers/cartons et plastiques recyclés, NeoCycle se tourne vers l’Asie du Sud-Est et l’Inde

V.Maignant

Société de négoce en matières recyclées ou recyclables, NeoCycle à Dinan  est comme l’ensemble de la filière, impactée par la décision de la Chine de stopper ses importations de papiers/cartons et plastiques. Tout en se tournant vers d’autres pays, Olivier Lermine, son dirigeant entrevoit un retour à l’équilibre du marché dès 2019…si ce n’est avant.

 

Après plus de 20 ans passés dans le recyclage au sein du groupe Veolia, Olivier Lermine a fait le choix de voler de ses propres ailes. En 2012, il crée NeoCycle et devient ainsi négociant en matières recyclées, spécialisé dans la vente et l’achat de papiers/cartons et plastiques. «  C’est un vieux métier qui comporte un très grand nombre d’acteurs. Je travaille peu avec les entreprises locales contrairement à ce que je pensais en venant m’installer dans ma région d’origine. Mon terrain de jeu c’est la France, l’Europe suivi des autres continents ». Bien introduit auprès de tous les réseaux d’achats et ventes internationaux, Olivier Lermine négocie des produits standards comme des produits spécifiques. « Prenez par exemple des boîtes de parfum. Elles comportent du carton, de l’aluminium et du plastique. Mon job consiste à trouver des exutoires qui peuvent consommer ces marchandises pour refaire des produits neufs.» ?

 

Restrictions chinoises  jusqu’en 2019

Les premiers signaux d’alerte de la Chine lui sont parvenus en 2017. «Ça s’est durcit courant août et aujourd’hui il n’y a plus ou quasiment plus aucune exportation de matières recyclées. A titre d’exemple, en 2015, la Chine importait 29 millions de tonnes de papiers/cartons. Au premier trimestre 2018, nous sommes tombés à 0,9% de ce volume ». C’est dire si le coup de frein a été brutal. « Concrètement, les Chinois annoncent des restrictions jusqu’en 2019, poursuit Olivier Lermine. Pour autant ils peuvent changer d’avis en cours de route. Il faut savoir qu’en prenant cette décision, la Chine met en danger sa propre industrie. Dans une économie où la croissance du commerce sur Internet ne cesse de progresser, et compte tenu des quantités importantes de produits fabriqués en chine et expédiés à travers le monde, comment les entreprises chinoises vont – elles emballer leurs produits pour être exportés ? Il faudra bien des emballages. Les Chinois peuvent faire le choix d’acheter aux papetiers Européens, américains ou autres des bobines de papiers pour ondulés afin de ne fabriquer que les caisses carton mais les coûts seront exorbitants car la demande est très forte et cela va durer».

 

Des débouchés pour les déchets de grande qualité

Pour autant, cette décision de la Chine pourrait représenter une opportunité pour les pays européens : celle de développer enfin de véritables filières de recyclage nationales. Et, mieux encore, de repenser notre production de déchets et notre consommation en général. Mais à ce stade, Olivier Lermine reste circonspect : « cela fait 25 ans que j’exerce ce métier et j’ai vu plus d’usines à fermer leurs portes qu’à en ouvrir , même si quelques investissements ont vu le jour ces dernières années.  2019, c’est demain». Et investir dans de nouvelles capacités de production prend du temps. Cette décision chinoise s'inscrit dans un contexte tendu pour certaines matières, comme les plastiques recyclés, pour lesquels la filière manque de débouchés chez les industriels. « En revanche, poursuit le dirigeant, cette décision pourrait  tout de même favoriser les acteurs du secteur capables de fournir des matières recyclés de grande qualité. Rappelons que la chine a fait ce choix, sans distinction des pays de provenance, en raison  des quantités importantes de déchets trouvées dans les matières premières secondaires produites par les professionnels de la récupération appelés les recycleurs. La France subit cette décision sans pour autant être coupable ».

 

L’Allemagne en pointe

En attendant Olivier Lermine cherche de nouveaux débouchés.  « La difficulté ça rend intelligent »souligne-t-il.  Pour écouler ses matières recyclés, il  se tourne comme nombre de ses confères vers l’Indonésie, le Vietnam, l’Inde  ou encore la  Malaisie. « Certains pays proches de la Chine deviendront peut-être, un temps, les premiers fournisseurs de la Chine en sur triant les produits importés d’autres continents ». Il pratique également le cross-trading. «Par exemple, j’achète  des produits en Amérique du Nord pour les revendre en Allemagne, là où  se trouve le plus  grand nombre de papeteries mais je peux aussi acheter en Amérique du sud pour vendre au Pakistan ».

 

A découvrir NeoCycle 

Icônes, à Caudan, est à l'affût des bonnes pratiques pour l'entreprise et l'environnement

Imprimeur Icones Caudan
Icones

L'imprimerie Icônes s'est installée zone de Kerpont, à Caudan, en 2016. Elle y a développé une offre globale d'impression numérique, offset et grand format. Son dirigeant, Eric Villemaire, met en oeuvre des pratiques innovantes pour une organisation plus agile. Il mise aussi sur le développement durable pour augmenter la compétitivité de l'entreprise.
 

"Nous réalisons un chiffre d'affaires de 5 M€, un tiers grâce à des clients bretons", résume Eric Villemaire, le dirigeant. L'entreprise morbihannaise emploie 45 personnes, en comptant les intérimaires.

L'imprimerie Icônes, adepte de l'entreprise libérée et du lean management

Depuis un an, le patron d'Icônes en a modifié l'organisation afin de coller aux principes de "l'entreprise libérée". "Nous avons constitué douze cellules, avec un capitaine et des seconds. Ces cellules s'autogèrent en termes de polyvalence, de compétences ou encore de recrutement. C'est très transversal", assure celui qui a engagé cette démarche car il se sentait "arrivé aux limites de la pyramide".

A la recherche d'une organisation plus agile, Icônes expérimente d'ailleurs depuis quelques semaines le lean management. "Dans une logique d'amélioration continue, nous avons mis en place des tableaux et des rituels journaliers, de huit à dix minutes. Cela permet à chacun de participer à l'amélioration des conditions de travail. On gagne aussi en fluidité : on sait quel est le problème, qui est le pilote ou quelles sont les actions engagées", apprécie le dirigeant morbihannais.

Diagnostic énergie : des pistes pour les performances de l'entreprise et l'environnement

Soucieux de l'humain tout autant que des performances de son entreprise, Eric Villemaire cherche aussi à "laisser le moins de traces possibles par rapport à l'environnement. L'énergie est un vrai sujet."

C'est donc tout naturellement qu'Icônes a rejoint l'opération "15 entreprises témoins", lancée par des partenaires économiques morbihannais : Lorient Agglo, l'Adème, la Chambre de commerce et d'industrie du Morbihan, Audélor (agence de développement économique et technopôle du Pays de Lorient, la Chambre des métiers et de l'artisanat, Aloen (Agence locale de l'énergie de Bretagne Sud) et l'Association de Kerpont.

Dans ce cadre, l'imprimerie de Caudan a bénéficié d'un diagnostic énergie par une conseillère environnement de la CCI du Morbihan. Objectif ? Identifier les postes énergivores et diminuer la consommation d'énergie. Une étude d'opportunité de récupération et valorisation de la chaleur fatale sur une presse en vue du chauffage des locaux, ainsi qu'une étude d'opportunité d'installation de panneaux photovoltaïques en auto-consommation sur le projet d'extension d'Icônes ont été menées.

"Le toit est presque plat donc les panneaux sont facilement installables. Les machines tournent en 3/8, on pourrait récupérer et utiliser l'énergie tout de suite", espère Eric Villemaire. Il note aussi que la récupération de la chaleur produite par l'atelier de production pourrait faire baisser la note de gaz, de 20 ou 40 %.

"On est toujours à l'affût des bonnes pratiques, pour les performances de l'entreprise comme pour l'environnement", insiste le dirigeant d'Icônes. Des choses ont aussi été mises en place concernant les déchets. Par exemple, fini les poubelles de bureaux individuelles. Les déchets sont triés avant d'être directement jetés dans de grandes bennes, pour éviter de multiplier les sacs poubelles.

Le site de l'imprimerie Icônes

Les diagnostics développement durable d'Objectif Performance Environnementale

L'opération 15 entreprises témoins