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Quand la petite volaille déploie de grandes ailes   Savel, leader de niches à l’export

Bretagne économique, le 18.05.2010

Leader de la petite volaille, coquelets et pintades, Savel cultive un esprit familial ancré dans son territoire et ouvert sur la planète. Un paradoxe ?
Non, juste un état d’esprit qui lui permet de se développer quand la crise sévit.
Savel vient d’achever un plan d’investissement de deux ans sur ses trois sites (Savel Industries à Lannilis-Finistère, Robin à Carhaix-Finistère et Siale à La Séguinière-Maine-et-Loire) pour dimensionner ses outils à ses ambitions. Pas question d’en connaître le montant, c’est la philosophie maison. “Nous vivons dans la discrétion et ne voulons être jugés que sur la qualité de nos productions finales”, explique Jean-Christophe Léon, directeur général délégué au commerce. Chez Savel, les quatre enfants Léon travaillent à la direction auprès de leur père et de leur mère, créateurs de l’entreprise en 1968, avec l’assistance d’un directeur général. Une maîtrise du capital social garante d’une façon personnelle d’envisager le métier... avec succès. “Dans la volaille, il y a deux types d’entreprises : de gros généralistes et des spécialistes. Nous nous situons dans cette seconde catégorie, avec des marchés de niches et une volonté à l’export.” Savel commercialise 200 produits différents, sous un millier de références, à partir de coquelets élevés en 32 à 38 jours et de pintades grandissant en 77 à 85 jours. En Bretagne, une centaine d’éleveurs intégrés assurent l’élevage en amont et en Pays-de-Loire, de tradition agricole différente, les achats se font en vif via des groupements sous cahier des charges strict. Avec ses 245 salariés, Savel entend bien maîtriser son destin.

Vers les 50% à l’export
_ Chaque semaine , 520 000 volailles (170 000 coquelets blancs, 100 000 coquelets jaunes, 250 000 pintades) sont traitées par Savel mais très peu rencontreront le consommateur sous la marque maison “P’tit Duc”. Une grande part, en entier, découpe ou plats préparés, passera en effet dans la restauration de chaînes ou collectivités, dans le complément de gamme de plus gros opérateurs, en fourniture de minerais pour des
industriels de l’agroalimentaire, ou sous marques distributeurs en frais ou congelé. “C’est cette même volonté de diversification du risque qui nous a amenés à développer l’export dès 1976, poursuit Jean-Christophe Léon. Le premier marché fut en Suisse et, aujourd’hui, nous travaillons sur 35 pays, de l’Europe communautaire à Hong-Kong en passant par l’Afrique du Sud ou Dubaï, sur une niche de restaurants de cuisine française installés à l’étranger... tout en fournissant l’Elysée comme la Cour d’Angleterre !” Chez Savel, l’export est bien une préoccupation du quotidien. Les quatre commerciaux qui y sont affectés courent la planète et les salons. “Si 35% du chiffre d’affaire de 68 millions d’euros sont à l’export et peuvent sembler une belle performance, notre objectif est d’atteindre les 50% dans les plus brefs délais. Et cela dans le plus de pays différents : c’est une garantie de survie quand une crise sanitaire peut survenir n’importe où, à n’importe quel moment !”

Un produit d’avenir
_ Pour faire la différence, outre son activité spécifique en petites volailles, Savel s’appuie sur un savoir-faire éprouvé et une connaissance des attentes du consommateur. “Nous ne sommes pas des faiseurs de coups. De la même manière que nous donnons du temps à nos volailles pour grandir en qualité, nous sommes patients avec le client à l’étranger : quand il aura besoin de nous, nous serons là. Pas question de forcer à la vente. Riche en protéines, anti obésité, la volaille de qualité est un produit d’avenir autant dans les pays en développement que chez les plus avancés.” Savel adapte du coup ses propositions à chaque marché. “Nous sommes habilités halal puisque la demande existe, conclut Jean-Christophe Léon. Nous répondons aux souhaits en produits faciles d’usage, accessibles et sécurisés... mais cela ne servirait à rien si au départ, il n’y avait pas l’exigence de qualité intrinsèque du produit de base que remplissent nos éleveurs et personnels.”

Yves Pouchard
_ N° 199 avril 2010


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L'évènement

Les mercredi 6 et jeudi 7 septembre, à Quimper, auront lieu les Blue Deiz. Cette académie de la Blue Economy en Cornouaille se tiendra à la CCIMBO, à l’Ecole de Management Bretagne Atlantique (EMBA) et aux Halles de Quimper. Au programme, des conférences, des workshop et des tables rondes, en présence de Gunter Pauli (Fondation Zeri).