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Créavia : leader européen de la sélection et de la reproduction en races bovines : l'offre génétique au top

Bretagne économique, le 25.06.2012

Avec 22 000 adhérents répartis sur 13 départements de l’Ouest, le groupe Créavia (siège social à Rennes) est né en 2008 de la fusion des coopératives Genoé et Urcéo. Avec un CA consolidé 2011 de 74 millions d’euros et un effectif de 680 personnes, le groupe s’apprête à travailler en partenariat avec les américains de manière à conserver son leadership

Jocko Besné : ce nom vous évoque forcément quelque chose ! Ce taureau star de la race bovine Prim’Holstein, est mort le 7 mars dernier, après avoir engendré des centaines de milliers de vaches laitières à travers la planète. Troisième plus grand géniteur de l’histoire de la Prim’Holstein, Jocko Besne, originaire du Morbihan a fait toute sa carrière chez Créavia. Il a permis à ce groupe coopératif de se faire connaître sur la scène internationale. « A raison de 3 prélèvements de sperme quotidien, il a eu entre 300 000 et 400 000 filles, dans une soixantaine de pays », souligne Thierry Simon Directeur de Créavia. Jocko Besne est le résultat de 60 années de travail de sélection et de reproduction en race bovine. Aujourd’hui, si nous réalisons 25 % des inséminations en France et produisons 45% des meilleurs taureaux, c’est un peu grâce à lui ».


L’émergence génomique


La disparition de ce taureau d’exception marque aussi une véritable rupture technologique. Jusqu’en 2008, la valeur génétique d’un taureau était connue quand il atteignait l’âge de 5 - 6 ans, soit le temps que ses filles entrent en production. Il pouvait donc être élevé pour rien. « Désormais les reproducteurs sont sélectionnés à partir de tests ADN et la valeur génétique d’un taureau est connu dès l’âge de 13 mois », poursuit Thierry Simon. C’est à Saint-Aubin du Cormier, dans un pôle génétique animal flambant neuf que Créavia a développé cette nouvelle technique génomique. D’un côté, sont élevés 200 taureaux. De l’autre, est collectée et conditionnée la semence. Sur les 3 à 4 millions de paillettes que produit Créavia chaque année, 1 million le sont sur ce nouveau site, transfert de l’ancienne taurellerie de la Motte-Brûlon situé en plein cœur de Rennes (siège de Créavia). « Pour les femelles aussi, nous n’avons de cesse de perfectionner les technologies de la reproduction via la collecte et la maturation des ovocytes, le transfert des embryons ou encore la fécondation in vitro. Nous sommes à la croisée des chemins et adaptons nos outils de production de semence au nouvel outil de sélection qu’est la génomique. Nous aurions pu devenir les Kodak de la photo en ratant ce passage technologique ».



Alliance américaine


La prochaine étape pour Créavia est de pouvoir proposer aux éleveurs des semences sexées. Leurs usages revêtent de multiples enjeux. Pour une vache donnée, les éleveurs pourront désormais adapter le sexe du veau en fonction de sa destination commerciale. « Il existe encore très peu de machine au monde capable d’opérer ce tri. Nous serons, dès septembre prochain, les seconds en France à disposer de cette technologie. Pour ce faire nous sommes en train de construire un laboratoire contigu au nôtre sur le site de Saint-Aubin du Cormier. Il sera occupé par des techniciens de laboratoire (7 créations de poste) embauchés par la filiale française de Sexing Technologies entreprise basée au Texas. Nous leur fournirons les semences, à charge pour eux d’opérer le tri. » Cette innovation va de pair avec la mise en place d’une nouvelle dynamique internationale. L’équipe de Sersia France, la filiale export de Créavia va bientôt rejoindre le siège rennais. « Notre marge de progression est énorme puisque, aujourd’hui, sur les 74 millions de CA que nous réalisons, seul 1 million provient de la vente de semences de taureaux à l’export ! ». L’innovation technologique et l’international sont aussi pour Créavia les facteurs clé de croissance.


Véronique Maignant


Bretagne Economique n°214 Mai 2012


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L'évènement

Les mercredi 6 et jeudi 7 septembre, à Quimper, auront lieu les Blue Deiz. Cette académie de la Blue Economy en Cornouaille se tiendra à la CCIMBO, à l’Ecole de Management Bretagne Atlantique (EMBA) et aux Halles de Quimper. Au programme, des conférences, des workshop et des tables rondes, en présence de Gunter Pauli (Fondation Zeri).