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Un duo atypique

Publication : 13-02-2012
Stéphane Charpentier à gauche et Michel Jeannetot à droite
Stéphane Charpentier à gauche et Michel Jeannetot à droite

Après dix ans d’activité, Michel Jeannetot a fait le choix, en 2010, de céder son entreprise, Mobhilis. Aujourd’hui, il en est salarié et occupe la fonction de directeur aux côté du repreneur, Stéphane Charpentier lui-même directeur opérationnel.

C‘est en pleine campagne, à Sainte-Marie près de Redon (35), que Mobhilis a installé ses locaux où travaille une dizaine de techniciens et ingénieurs. « Le Grenelle constitue les fondamentaux de Mobhilis, souligne Michel Jeannetot, 42 ans. Ici tous les gens font du covoiturage ou utilisent le train + vélo pour venir travailler. Je n’ai pas créé pour faire de l’argent, l’entreprise c’est avant tout une machine à passions. » Bureau de conseil en mobilité auprès des collectivités locales, l’entreprise dispose de deux pôles. Le premier est en charge de créer ou optimiser les réseaux de transports collectifs via des schémas et plans de déplacement intégrant tous les modes, du train à la marche. Le pôle accessibilité est lié, quant à lui, aux lois 2005 visant à rendre accessibles tous les lieux publics quel que soit le handicap des personnes. Son marché se répartit à 20 % sur le Grand Ouest et 80 % sur la France entière. Au 30 juin 2011, date de clôture de l’exercice, le CA de Mobhilis s’élevait à 500 000 euros, en hausse de 25 %.

 

« Michel porte l’ADN de l’entreprise, poursuit Stéphane Charpentier, 38 ans. Son maintien en tant que directeur pendant un minimum de trois ans (montage financier) était la condition de rachat. Nous nous sommes trouvés par l’intermédiaire de la CCI de Rennes, début 2010. Six mois plus tôt, j’avais été licencié pour la seconde fois d’une SSII. Après avoir constaté que le marché du travail ne me proposait rien en phase avec mes aspirations, j’ai commencé à réfléchir sur l’opportunité de reprendre une entreprise et me donnais 6 mois pour y parvenir. Cela a été beaucoup plus rapide, mais j’ai eu le temps de faire le tour de tous les cabinets intervenant sur ce marché, de m’inscrire au CCRE 351, de visiter tous les portails liés à la transmission dont celui de Reprendre en Bretagne et d’étudier 2 autres dossiers. »

 

Céder pour une nouvelle vie

De son côté, Michel Jeannetot cherchait à se désengager de l’entreprise qu’il avait créée pour retrouver une qualité de vie qui s’était amoindrie au fils des ans, en assumant tout, l’administratif, les finances, les RH, le technique et le commercial, seul à la barre, 15 heures par jour. « J’ai dit stop, d’autant que j’arrivais à une taille critique avec 10 salariés et qu’il me fallait trouver de nouveaux financements pour me développer. A moins de me vendre à une autre société, je ne concevais pas de quitter l’entreprise. J’aime ce que je fais et j’ai construit ma vie ici. L’arrivée de Stéphane a permis de mettre un cadre, de créer une dynamique et d’instaurer un contrôle de gestion totalement absent. Sur la valorisation, on m’a fait miroiter des chiffres comme 50 % de mon CA. En fait je n’ai souhaité récupérer que mon capital, 45 000 euros. »

 « Oui, reprend Stéphane Charpentier, le « feeling » est tout de suite passé, tant sur le plan humain que sur celui de l’activité. Dès février nous avons commencé à travailler sur le projet de cession-reprise, et le protocole a été signé en juillet 2010. Pour moi, le plus difficile a été de trouver le financement auprès des banques. A leurs yeux, le projet cumulait deux défauts : une activité méconnue, qui ne leur parlait pas, et un cédant qui devenait salarié tout en gardant la direction, bref un projet voué à l’échec. Je dois dire que j’ai eu la même réaction de rejet de la part des plateformes d’initiative locales. » Finalement, Stéphane Charpentier a obtenu un prêt auprès du CIC, qu’il a dû garantir lui-même. Il a également dû faire appel à sa famille. « Les banques n’ont pris aucun risque. Au contraire, en m‘obligeant à mettre de ma poche plus que prévu au départ et à entamer mes réserves pour l’avenir, elles auraient pu fragiliser le projet. »

 

Le bilan, après un an et demi de cohabitation et de collaboration est positif. Michel et Stéphane ont trouvé leurs marques. Un pôle recherche a été mis sur pied grâce à un appel à projet remporté et dont le financement est assuré par le Ministère de l’écologie. Son intitulé : « communication, information et billettique dans les transports collectifs : quelles conséquences sur l’usage par les populations ? »

La diversification des services et clients est en cours d’élaboration de manière à créer de la récurrence. Désormais, c’est Stéphane qui cumule les 15 heures de travail quotidien, pendant que Michel redécouvre famille et loisirs.

 

Véronique Maignant

Bretagne Économique n°211 Décembre 2011/Janvier 2012

 

CCRE 351 : Club des Créateurs et Repreneurs d’Entreprises d’Ille-et-Vilaine

 

 




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