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TSO, le surgelé de l’Ouest en camions, moteur de développement

Publication : 15-06-2011

Spécialisé dans le transport de produits surgelés, TSO, Transports Surgelés de l’Ouest, a relevé avec succès le défi de l’installation en pointe bretonne. L’explosion du coût du carburant peut-elle remettre tout en cause ?

Quand il décide de lancer sa propre affaire en 1991, Michel Guilloré a une longue expérience du transport routier derrière lui, dont 15 années de cadre d’exploitation chez TFE. “Le surgelé n’était pas alors un produit noble comme aujourd’hui. Beaucoup de transporteurs le dédaignaient avec un symbole : la crème glacée. Une marchandise délicate que peu acceptait d’embarquer car tout aléa du voyage se verra dans sa structure. J’ai pris le problème dans l’autre sens : si on ne sait pas transporter de la crème glacée, on ne sait pas transporter. Et moi, je savais le faire !” L’aventure peut alors débuter à 6 dans des entrepôts loués à Carhaix avec quatre camions d’occasion. Deux ans plus tard, les 25 personnes et leurs 15 véhicules déménageaient à quelques kilomètres, à Cléden-Poher, dans des bâtiments neufs de 450 m² de froid positif (+2°) et 250 m2 de froid négatif (-23°). En 1998, il faut pousser les murs pour accueillir une autre chambre négative de 450 m², 650 m2 de quais positifs et de plus grands bureaux. Et en ce premier semestre 2011, des travaux ajoutent 700 m2 de positif, 680 m2 de bureaux, 300 m2 de salle de charge... de quoi donner de bonnes conditions de travail aux 100 salariés, dont 85 chauffeurs, qui avec 56 tracteurs et leurs remorques ont réalisé 12,5 millions de CA.

L’atout équidistance

“Ce développement s’est fait à la surprise de certains qui ne croyaient donc pas dans le surgelé et surtout dans notre implantation trop à l’ouest selon eux. Cela fut justement notre atout pour appliquer mes valeurs, à savoir : on se positionne sur des marchés qui vont s’ouvrir et on ne se bat pas pour piquer des marchés aux autres transporteurs.” Michel Guilloré croit en la solidarité de territoire, entretient des relations amicales avec les autres chefs d’entreprise de tout métier et est fier de montrer ses deux remorques aux couleurs des 20 ans du festival des Vieilles Charrues. “Si on ne fait pas de pub pour notre pays, qui le fera ?” Ces remorques, comme toutes les autres, circulent sur un vaste réseau de Dieppe en Normandie à Toulouse dans le sud-ouest. Avec depuis 3 ans, une agence à Bordeaux. “Démarrer à Carhaix m’a permis de progresser grâce à l’équidistance pour la collecte mais aussi l’ambiance dynamique dans ce pays qui vit et bouge.” Certains se sont ralliés depuis à son idée et se sont rapprochés de lui pour profiter de son implantation. Trois entreprises, les distributeurs de produits frais Brake et Pomona, pourtant concurrents, et le transporteur Chabas, ont ainsi installé leur base ouest chez TSO, générant 35 emplois supplémentaires sur le site.

Des coûts maîtrisés, mais...

Malgré l’explosion du prix du carburant, Michel Guilloré est plus que jamais certain du bien-fondé de son positionnement en pointe de Bretagne. “En temps normal, la facture carburant se monte à 3 millions d’euros HT annuels et aujourd’hui, c’est un plus 600 000 euros qu’il nous faut bien répercuter auprès des clients via les pieds-de-facture comme l’autorise la loi. Cela peut faire au final un plus 10 %, voire davantage, mais tous les transporteurs sont dans le même cas. C’est par une rigoureuse gestion globale du parc que nous supportons cette situation.” Ainsi, dès l’installation à Cléden-Poher, un système de récupération et traitement des eaux de lavage des camions a permis de faire des économies tout en étant en avance sur le concept de développement durable. Les tracteurs et leurs remorques sont systématiquement changés tous les quatre ans pour avoir les meilleures performances et un garage intégré en assume l’entretien à moindre coût. Une importante réserve de gazole rouge et jaune permet d’acheter en gros au meilleur prix. “Ces mesures nous permettent de supporter les aléas du marché du pétrole que nous ne maîtrisons en rien, conclut Michel Guilloré. Mais un nouveau coup se profile avec l’Ecotaxe que veut instituer le gouvernement pour regonfler ses caisses. Je crains que le monde du transport breton ne puisse y échapper et que Rennes n’aspire les entreprises... à moins qu’on sache se battre comme on sait le faire ici en pays de Carhaix.”

Yves Pouchard
Numéro 207 mai 2011




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