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SMV, créateur de matériaux pour l’agroalimentaire

Publication : 19-10-2010

Dans les métiers de la viande, SMV, à Carhaix, occupe une place à part et indispensable. Fournisseur de matériaux pour produits finis de l’agro-alimentaire, SMV maîtrise les savoir-faire nobles, et recherchés, du désossage.

Créateur de SMV en 2004, Steven Morio, ingénieur en micro-biologie et sécurité alimentaire, a déjà un parcours atypique. Après avoir travaillé en chimie et nettoyage industriel, il rejoint le groupe Jean Floc’h en 2002 comme responsable qualité de deux usines. Trois ans plus tard, on lui confie la direction de l’abattoir de porcs de Loudéac. Mais mi 2006, à la reprise du groupe, il ne fait pas partie du plan des nouveaux patrons. “Je me suis alors consacré à SMV que j’avais créé parallèlement à mes activités chez Jean Floc’h sur une niche très pointue : fournir aux ateliers de découpe des désosseurs ultra professionnels pour des actions ponctuelles.” Ces stars du couteau sont les perles rares que se disputent les industriels. L’équipe de trois des origines, toujours dans l’entreprise, que Steven Morio manageait depuis chez lui, compte aujourd’hui une trentaine de pro, dont un quart de femmes, qui interviennent pour des tâches spécifiques auprès d’essentiellement six clients industriels bretons quotidiens. “Cet activité représente maintenant 50% du chiffre d’affaires de 10 millions d’euros. Il était de 2 millions en 2006 quand j’ai décidé d’ajouter le désossage mécanisé.”

Une matière première
Durant un an et demi, Steven Morio s’associe, pour une machine, avec TDI qui possède de l’espace à Saint-Caradec (Côtes d’Armor). TDI se retirant au final de cette activité, l’entrepreneur part à la recherche d’un site adapté. “J’ai bénéficié du soutien efficace des gens de la CCI de Morlaix à Carhaix et de la Communauté de communes du Poher qui m’ont trouvé les locaux de la casserie d’œufs Ovonor qui fermait ses portes. Fin octobre 2008, tout était installé pour travailler en 2/8 sur deux lignes.” Ils sont une trentaine à préparer des viandes dites “3 millimètres” ou “gros grain”. Deux camions sillonnent l’ouest, de la Normandie aux Charentes en passant par la Sarthe, pour ramener 300 tonnes par semaine de pièces de porc et de volailles sur lesquelles ont été prélevés uniquement les morceaux intéressant des entreprises locales. “Il y a encore beaucoup de bonne viande sur ces carcasses, explique Steven Morio. Nos machines la récupèrent et nous la conditionnons en pains congelés de 15 kg dans une quarantaine de références, selon l’animal bien sûr mais aussi la texture, la couleur, le gras...” C’est cette matière première, de porc, poulet, lapin, dinde, pintade, canard..., qui servira à fabriquer ailleurs des nuggets, cordons bleus, raviolis, charcuteries, plats orientaux... sous de nombreuses marques souvent prestigieuses.

Les côtés nobles du métier
-  “Que ce soit avec nos désosseurs manuels envoyés dans les entreprises ou avec nos machines à l’atelier, nous ne pratiquons que les côtés nobles du métier. Pas question chez nous de viande séparée mécaniquement, technique de grattage des os qui produit un mélange de viande et cartilage bas de gamme, essentiellement exporté vers la Russie et les ex pays de l’Est pour produire des charcuteries à très bas coût !” Steven Morio est ferme sur cet aspect : “nous laissons ce créneau à d’autres industriels. On ne verra pas chez nous de steaks reconstitués. Y mettre le doigt, ce serait dévaloriser l’ensemble de notre activité”. En jeu aussi, les marchés à l’étranger emportés par SMV. “Nous exportons 40% de notre production, essentiellement vers l’Allemagne pour la charcuterie de qualité et vers Hong-Kong pour la cuisine asiatique.” Steven Morio, qui assure aujourd’hui seul l’aspect commercial, a en projet à court terme de recruter des assistants auxquels il transmettra son credo de haut de gamme. “Pour 2011, l’objectif est de créer notre propre unité de congélation en bout de chaîne au lieu, comme aujourd’hui, de devoir réaliser un transport vers un prestataire extérieur. Au delà, se posera la question de la saturation du site”.

Yves Pouchard
N° 202 septembre 2010



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