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Rattrapée par les Chinois, Mobiltron se spécialise dans l’E-logistique et la gestion électronique de documents

Publication : 18-10-2012
Claude Bertin et Stéphane Jamin
Claude Bertin et Stéphane Jamin

La diversification est en marche

Mobiltron est née en décembre 2002 de la reconversion industrielle du site de Mitsubishi Electric basé à Etrelles (35). Choisi à l’époque par les Japonais, pour mener à bien ce projet, Claude Bertin s’apprête à céder sa place à Stéphane Jamin. Ensemble, ils ont su opérer les choix stratégiques pour réaliser en 2011 un CA de 10,6 millions d’euros.

«  A l’origine, raconte Claude Bertin, directeur général, notre modèle reposait sur la personnalisation de téléphones standards que Mitsubishi fabriquait en Chine. Livrés en masse chez nous, nous devions les préparer (intégration logos et marques distinctes, réseaux, logiciels, garanties etc.…) pour les marchés européens. Ainsi, Mitsubishi était en mesure de répondre sous 72 heures à la demande de ses clients européens, au lieu des 35 jours qu’aurait nécessités le transport depuis la Chine. » Mais au fil du temps, les Chinois ont appris à s’adapter aux contraintes de leurs clients, et ce modèle est devenu beaucoup plus difficile à vendre. Malgré deux beaux succès rencontrés avec Novatel Wireless et Toshiba, entre 2005 et 2010, cette activité historique ne représente plus aujourd’hui que 5 à 10% de l’activité de Mobiltron.

 

L’E-logistique, relais de croissance

Dès 2007, la montée en puissance du commerce en ligne concomitante à celle de nouveaux opérateurs téléphoniques ont permis à Mobiltron de se diversifier dans l’expédition accrue de téléphones mobiles. Ce fut notamment le cas avec Omea Télécom, principal opérateur mobile alternatif qui commercialise les marques Virgin Mobile, Breizh Mobile, Télé2 Mobile ou encore Casino Mobile. « A cette époque, poursuit Claude Bertin, nous avons pris conscience combien le E-commerce se développait, touchait toutes les tranches d’âge et progressivement tous les secteurs d’activité. » Aujourd’hui, disposant d’un site de 8 000 m² à Argentré du Plessis (35) et d’un effectif de 72 personnes, la PME prépare et expédie entre 3 000 et 5 000 colis/jour essentiellement sur la France. Elle compte parmi ses clients des acteurs issus de la cosmétique, de l’habillement ou encore de la papeterie éducative. « Pour eux, poursuit Stéphane Jamin, nous réalisons du kitting. C’est par exemple, pour un de nos clients en cosmétique, la composition et l’expédition de coffrets de maquillages réalisées au fur et à mesure des commandes passées sur Internet. Nous travaillons avec tous les transporteurs, de Fedex à UPS en passant bien sûr par la Poste qui est notre plus gros fournisseur avec 80 % des colis expédiés. Cette activité de E-logisticien représente aujourd’hui 60% de notre activité et nécessite de grosses capacités de stockage. C’est pourquoi nous venons tout juste de louer 3 000 m² de locaux supplémentaires à Etrelles (35) et devinez où ? Dans les anciens bâtiments de Mitsubishi qui depuis s’est retiré du marché. »

 

Montée en puissance de la gestion électronique de documents

Au cours de l’année 2008, Mobiltron se lance par opportunité dans la gestion électronique de documents. Quatre ans plus tard, cette diversification représente son 2nd axe de développement stratégique et 30% de son activité totale. « A titre d’exemple, détaille Claude Bertin, nous prenons en charge la dématérialisation, le traitement, le suivi et l’archivage de contrats de certains opérateurs téléphoniques ou de fournisseurs de gaz alternatifs. Il s’agit de vérifier la validité de la commande (contrat bien rempli, chèque correspondant, garantie…) et ensuite, dans le cas d’un téléphone, de l’expédier avec la carte SIM correspondant au forfait payé… ». Ainsi, Mobiltron assure la numérisation et l’archivage des documents entrants ainsi que la gestion des courriers sortants (impression mise sous et affranchissement). 

Avec 37 000 euros de capital social mais 2,5 millions de capitaux propres, la PME bretonne appartient à un anglo-saxon basé à Hong-Kong. « Il nous laisse entière liberté. Nous investissons chaque année entre 500 000 et 1 million d’euros, uniquement par autofinancement. Depuis notre naissance jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons jamais fait appel à un seul prêt bancaire. » Un message sans doute adressé à Stéphane Jamin qui d’ici la fin de l’année prendra les commandes. « Il sera aidé par 4 autres cadres, tous anciens de Mitsubishi que j’ai pris soin de faire entrer au comité directeur pour préparer ma succession », conclut Claude Bertin, en situation de cumul emploi retraite depuis 2010.

 

Propos recueillis par Véronique Maignant

Bretagne Economique n°216 Septembre 2012




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