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Mer Agitée, l’écurie de course de Michel Desjoyaux

Publication : 11-06-2013

Il y a quelques semaines, François Gabart remportait la septième édition du Vendée Globe. Une victoire que la quinzaine de salariés de Mer Agitée (La Forêt Fouesnant) a également célébré. C’est dans la société de Michel Desjoyaux, deux fois vainqueur du Vendée Globe (2001 et 2009), que le bateau vainqueur, Macif, a été pensé, préparé, optimisé. Portrait d’une écurie de course.

Dans le monde économique, Mer Agitée occupe une place à part. Cette société basée à Port-La-Forêt gère de A à Z des projets de course au large, principalement de type 60 pieds IMOCA (monocoques du Vendée Globe), pour des skippers intéressés par le savoir-faire du patron, Michel Desjoyaux. Le Forestois, détenteur du plus beau palmarès de la voile en France a, en 1999, créé une structure capable non seulement d’accéder à la meilleure technologie à la voile, mais aussi de prospecter les sponsors sur un projet sportif. "Dans le cas de François Gabart par exemple, c’est lui qui nous a sollicité pour décrocher le budget Macif, explique Jean-Paul Roux, directeur général de la société. Il sentait qu’il n’aurait pas pu décrocher seul, le budget." Michel Desjoyaux a rencontré les dirigeants de l’assureur, leur a décrit le projet sportif, le niveau d’intervention de Mer Agitée (maître d’ouvrage du bateau, de sa définition à la construction), ses infrastructures pour gérer le futur bateau et les retombées économiques de l’investissement. Le contrat entre Macif et Mer Agitée a été signé en 2010 pour 4 ans sur la base d’un budget total de 8 millions d’euros. Un investissement coûteux mais avec des retombées extrêmement positives pour le sponsor du bateau vainqueur.

Dans le petit monde de la voile, tout le monde sait que Mer Agitée a contribué à la victoire des 4 derniers vainqueurs du Vendée Globe : Michel Desjoyaux (2 fois), Vincent Riou et aujourd’hui François Gabart. Depuis 1999, l’entreprise a été maître d’ouvrage dans la construction de 6 bateaux de course, accumulant expérience et savoir-faire. Elle s’est progressivement structurée, créant des fonctions support en technique, finance, organisation, logistique. « 80 % de nos 15 permanents sont des techniciens, la plupart de niveau ingénieur pour intervenir en électricité, électronique, matériaux composites, etc., explique Jean-Paul Roux. Nous fabriquons nous-mêmes des petites pièces et nous nous adressons à des tiers quand nous n’avons pas l’outillage adéquat. »

Mer Agitée a parallèlement constitué une cellule de R&D en charge de la veille technologique, la conception et le développement de solutions nouvelles. Un exemple parmi d’autres : en 2007-2008, contraint par le temps lors de la construction de son second 60 pieds IMOCA-Foncia, Michel Desjoyaux s’est rapproché de Dassault Systemes De cette façon, il a pu accéder à leurs calculateurs et ainsi simuler son bateau en taille réelle en 3-D. Michel Desjoyaux a pu aussi valider plus rapidement son bateau. Le sponsor, lui, en a profité pour faire visiter aux journalistes, à ses salariés et ses clients le Foncia virtuel. Le chiffre d’affaires de Mer Agitée s’inscrit dans une fourchette se situant entre de 3 et 6 millions d’euros, selon les années. Cependant, le niveau d’investissement requis sur un programme complet en course du large ne risque-t-il pas d’effrayer des sponsors, en plein crise économique mondiale ? De ce point de vue, Michel Desjoyaux reste optimiste. "La voile coûte bien moins cher que les autres sports mécaniques, dit-il. Notre sport intéresse beaucoup de monde car peu de gens naviguent au-delà de l’horizon." Le chef d’entreprise a aussi d’autres formats à proposer aux investisseurs pour compléter l’offre. Via sa filiale Mer Forte, Mer Agitée cherche à promouvoir un circuit en monocoques de 16 m, les Ocean 50 (1 million d’euros la saison), qui s’insèrerait entre le circuit Figaro Bénéteau (250 à 300 000 euros la saison) et les prototypes du Vendée Globe de 18,28 m, à 2 millions d’euros la saison.

Franck Jourdain

Bretagne Economique n°221 Mai 2013




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