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Marsaudon Composites, dans l’ancienne base sous-marine de Lorient

Publication : 16-06-2011
Le trimaran Idec II
Le trimaran Idec II

L’infusion carbone-époxy, en série ou à l’unité. Avec la technique de l’infusion, Marsaudon Composites (33 salariés, 3 millions d’euros de CA en 2010) séduit autant les constructeurs de bateaux de série rapide que les skippers de renommée mondiale. L’entreprise, implantée à Lorient dans l’ancienne base sous-marine de Keroman, ne jure que par la mousse de carbone, plus solide et nettement moins onéreuse que le « nid d’abeille ».

Créée en 1999 à Saint-Brieuc par Samuel Marsaudon, Marsaudon Composites se fait d’abord un nom dans les moules de bateaux. Puis elle s’installe en 2002 à Lorient, à la base sous-marine de Keroman, notamment pour répondre à la forte demande de Catlantech de moules de catamarans (à l’époque dirigée par Dominique Marsaudon, père de Samuel). C’est à cette époque qu’elle adopte le procédé d’infusion, en fabriquant des moules de mâts de bateau pour Lorima (société aujourd’hui dirigée par Vincent Marsaudon, frère de Samuel). « L’infusion époxy consiste à fabriquer un moule, puis à draper des tissus secs de carbone sans résine, puis une bâche, puis de la résine époxy, que l’on aspire ensuite par le vide », explique Samuel Marsaudon. « Par rapport à la fibre de carbone pré-imprégnée de résine, dite nid d’abeille, c’est plus solide car moins léger, et surtout bien moins cher ». A partir de 2002-2003, Marsaudon Composites applique le procédé d’infusion à la construction de bateaux de croisière légers, à l’unité ou en série, pour des clients amateurs de vitesse (série TS 50, catamarans Mrs B de 52 ou 59 pieds, et pas mal de « one of » pour des clients voyageurs).

Des records avec Idec II et Prince de Bretagne

« Un jour, Francis Joyon est venu nous commander un TS 50 », se souvient Samuel Marsaudon. Quand il s’est aperçu des performances du bateau, il a décidé de nous confier la construction d’Idec II, conçu par l’architecte Nagel Irens, trimaran de 30 mètres qui a coûté moins de 3 millions d’euros. Ce petit budget ne l’a pas empêché de battre le record du tour du monde en solitaire en 2007-2008, puis le record de la Route de la découverte en 2008, et en 2009 l’Odyssée des épices ! » Après Idec II, Marsaudon Composites fabrique Prince de Bretagne en 2009, trimaran de 50 pieds, avec lequel Lionel Lemonchois gagne la Route du Rhum en 2010. « Ces constructions de bateaux de compétition ont accaparé l’entreprise. Pendant ce temps-là, on n’a pas eu besoin de prospecter. D’autant que les résultats sportifs ont fait parler de nous dans le milieu de la voile, à l’échelle mondiale », souligne Samuel Marsaudon. En 2010, Marsaudon Composites est notamment sollicitée par un client américain, commanditaire d’un trimaran de 60 pieds de croisière rapide (Paradox).

« Je prends la concurrence comme de l’émulation »

Toutes ces activités, Marsaudon Composites les a accumulées au fil du temps sans en délaisser une au profit d’une autre. « On conserve différentes routes. On collabore à de beaux projets, mais la conjoncture est tout de même de plus en plus difficile, avoue Samuel Marsaudon. On est en concurrence avec des entreprises africaines, du Maghreb ou des pays de l’Est qui font du bon boulot avec une main d’œuvre peu chère. Il faut donc tisser des liens de confiance avec les architectes navals. C’est le cas avec Marc Lombard et Eric Levet basés à La Rochelle, avec lesquels on va lancer une série de petits bateaux de 34 pieds destinés à la croisière et à la régate. On n’hésite pas non plus à faire de la sous-traitance, comme actuellement sur le site d’Alliaura Marine à Lanester, pour la coque du Privilège 1000, un catamaran de croisière de luxe de 100 pieds, le catamaran de série le plus grand du monde ! ». Marsaudon Composites voit également d’un bon œil l’évolution du pôle de course au large à la base sous-marine de Keroman. « Plus il y a de monde, mieux c’est. Je prends la concurrence comme de l’émulation. Je préfère que l’on soit à côté de trois ou quatre entreprises qui font le même métier plutôt qu’aucune ».

Charlotte Viart
Numéro 207 mai 2011




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