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Le Houerff, serrurerie industrielle et charpente metallique, un avenir à transmettre. La course aux Drives dope l’activité

Publication : 25-06-2012

Depuis qu’elle a succédé à son père il y a 17 ans, Arlette Le Houerff a consolidé la structuration et la notoriété de l’entreprise Jean Le Houerff. Elle mise aujourd’hui sur ses bases solides, son savoir-faire et ses possibilités de développement pour passer la main à son tour.

 Deux activités complémentaires (serrurerie industrielle et charpente métallique) et trois marchés de niveau régional (industrie, grandes surfaces commerciales et marchés publics)… De ce point de vue, les choses n’ont guère changé depuis qu’Arlette Le Houerff a pris les rênes en 1995. Pas question de s’éparpiller, d’autant que les commandes se présentent sans grandes difficultés. « L’entreprise existe depuis 1956. Nous travaillons régulièrement avec une quarantaine d’architectes et de cabinets d’ingénierie, indique la chef d’entreprise. C’est notre point fort. Nous sommes sollicités pour les projets, excepté évidemment les marchés publics auxquels nous répondons ». Des marchés publics qui se partagent à part égale l’activité de l’entreprise avec les GMS et l’industrie, et qui permettent de maintenir un chiffre d’affaires quasi constant d’une année sur l’autre. « Dans ce département, nous ne sommes pas à plaindre, contrairement par exemple au Finistère qui souffre énormément, constate Arlette Le Houerff. Écoles, lycées, centres sportifs, etc., les projets sont nombreux. Cette clientèle variée nous permet de tirer notre épingle du jeu avec un CA qui oscille entre 2,4 et 2,8 millions ». Une exception à la règle en 2010 avec un chiffre de 2,2 millions. Une baisse assumée par la chef d’entreprise. « Les prix ont été particulièrement bousculés, des entreprises en grandes difficultés allant jusqu’à moins 30% ! J’ai refusé d’entrer dans ce jeu pouvant mettre en péril la pérennité de l’entreprise. J’ai donc laissé de côté ces marchés et si le chiffre d’affaires a été moins important, la marge a été maintenue ». L’an dernier, en augmentation de 27%, le CA atteignait à nouveau 2,8 millions. Certes les prix ont retrouvé un niveau de marché, mais la relance de l’activité dans le secteur de la charpente métallique est surtout liée à une nouvelle orientation de la grande distribution, lancée vers une véritable course aux Drives. « Nous avons plusieurs chantiers cette année et cela ne fait que commencer. Par ailleurs, l’obligation de mise aux normes pour les personnes en situation de handicap va également concerner notre activité serrurerie industrielle  ».

 

Un challenge à relever pour un repreneur

 

Une conjoncture qui pourrait permettre à l’entreprise de se développer davantage encore, mais Arlette le Houerff ne s’emparera pas de cette opportunité. « Il y a des chiffres charnières en terme d’effectif. L’entreprise compte une trentaine de salariés. Soit on en reste là, soit on passe directement à 50. Il ne peut y avoir de demi-mesure car il faut doubler l’encadrement, les commandes… J’aurai 61 ans le mois prochain. C’est tout à fait envisageable, mais si quelqu’un s’en charge, ce ne sera pas moi ». Un challenge qu’elle laisse donc à un éventuel successeur. Car si en 1997, la transmission entre père et fille a été réalisée sur le fil, dans une grande improvisation de dernière minute, pas question de réitérer, on ne réussit pas à tous les coups ! « Il est fini le temps où il ne fallait surtout pas dire qu’on allait vendre, au risque de perdre sa clientèle. Dans ma génération, on en parle. Je tiens à voir perdurer et prospérer cette entreprise. Elle a tous les atouts pour cela, même si la situation économique est difficile. Mes salariés sont informés et sont sereins, car ils savent que je le ferai dans de bonnes conditions ». La boucle semble bientôt devoir se boucler. 17 ans plus tard, Arlette le Houerff dispose d’un bel outil de production sur un secteur actif et dont elle vante l’excellent carnet de commandes, déjà 2 millions fin avril. « Notre activité est porteuse mais une personne qui reprend une entreprise, achète d’abord un avenir. Tout sera fonction des choix du repreneur ».

 Véronique Rolland

Bretagne Economique n°214 Mai 2012

 



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