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Distillerie Warenghem à Lannion, le pari du whisky breton à l’export

Publication : 10-06-2013

Depuis le lancement du premier whisky breton en 1987, la distillerie Warenghem a engrangé un savoir-faire qui lui vaut aujourd’hui une réelle reconnaissance. Ce savoir-faire lui permet à présent de jouer dans la cour des grands en s’attaquant au marché international et en intégrant le réseau des cavistes.

Meilleurs whiskies européens, blend et single malt, ce sont les prix remportés par Warenghem en mars dernier, lors des World Whiskies Awards organisés à Londres (les whiskies écossais et irlandais faisant partie d’une catégorie à part). Une véritable aubaine pour l’entreprise familiale de 15 salariés, à l’heure où elle oriente sa stratégie à l’export. Désormais, le whisky breton n’est plus une incongruité. Dans les chais installés aux portes de Lannion, les liqueurs, le chouchen, la bière et les produits de la pomme sont tirés par une locomotive qui gagne en puissance. « Aujourd’hui, le whisky représente 50% de notre chiffre d’affaires (2,6 millions en 2012), indique David Roussier, directeur général. Nous lui consacrons l’essentiel de notre action ». Une action renforcée par ces nouvelles lettres de noblesse ? « Obtenir des prix compte à plusieurs titres, répond-il. Cela accroît notre notoriété et ouvre des opportunités à l’export. Car dans l’esprit de nos partenaires, le whisky reste essentiellement écossais. » Ici, on réfléchit d’ailleurs à une IGP sur le whisky breton, confirmant un savoir-faire et une identité locale. Il s’agit de se démarquer sur un marché fortement marqué par les cousins d’Outre-Manche et la concurrence de Pays aussi divers que le Japon, le Portugal ou l’Italie. « Dans le haut de gamme, les clients sont à l’affût de produits « exotiques ». C’est notre premier argument à l’export, sachant que nous jouons sur la reconnaissance des grandes eaux-de-vie françaises telles que le cognac ou l’armagnac. Par ailleurs, la tendance du consommer local nous est favorable. Les Écossais étant actuellement tournés vers les marchés émergents, cela nous laisse d’autant plus d’espace sur les marchés locaux. » De nouveaux champs d’actions désormais possibles, alors que la qualité des produits s’est nettement détachée des whiskies bretons assez médiocres lors de leur apparition il y a 25 ans.

Le choix du haut de gamme

Si 85% du chiffre d’affaires est actuellement représenté par les blend d’entrée de gamme proposés en grande distribution (grand Ouest et région parisienne), Warenghem porte son effort sur le haut de gamme, les single malt ; particulièrement à l’export et dans le réseau des cavistes. « L’export/cave est un marché sur lequel nous étions peu présents, souligne David Roussier. Nous réalisons 15% de notre chiffre d’affaires à l’export, notamment en Allemagne et aux États-Unis. Notre objectif étant d’augmenter cette part le plus possible et le plus vite possible. » Optimiste au regard des premiers résultats, il mise sur une augmentation rapide des ventes. Le whisky devant être conservé en cave au moins 3 ans, il s’agit de produire beaucoup plus que les besoins actuels en prévision de l’avenir. « Nous produisons 100 000 litres d’alcool pur, soit 400 000 bouteilles, et nous en vendons 250 000, précise-t-il. Nous tâchons de sortir régulièrement un nouveau produit. Nous ne proposions qu’un single malt il y a 4 ans, aujourd’hui nous en avons 5 et nous en sortons encore 2 cette année. C’est indispensable, notamment sur les marchés matures, où les clients sont très demandeurs de nouveautés. » L’export est donc la stratégie première concernant le whisky mais il n’est pas le seul. La distillerie développe une fine Bretagne ainsi que des liqueurs destinées aux marchés internationaux, tout en gardant en ligne de mire une progression sur ses bases, la Bretagne. « Mais également en région parisienne car cela ne fait que deux ans que nous y travaillons. Concernant la grande distribution, il reste des progrès à faire ; quand on voit le succès de boissons comme Breizh Cola, on se dit que nos produits ont encore de la marge. » Et même qu’une certaine concurrence peut être bénéfique entre la douzaine de distilleries française, dont 4 en Bretagne. « Nous sommes sur des produits très différents, plus ou moins tourbés ou fruités. Cela permet une offre élargie en termes de whiskies bretons. L’Écosse recense près de 180 distilleries et tout le monde parvient à vivre. Dès lors, plus il y aura d’acteurs sur le marché, plus on parlera du whisky breton et plus il se vendra. »

Véronique Rolland

Bretagne Economique n°221 Mai 2013




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