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A Quimper Pesk § Co réunis les acteurs des filières agro-alimentaires et santé

Publication : 12-03-2013

Que faire des arêtes, de la peau et autres viscères des poissons ? Comment valoriser ces coproduits ? Telle est la mission de Pesk § Co, ambitieux projet à la fois de recherche et industriel, labellisé Pôle Mer en octobre dernier et Valorial en décembre.

Jusque-là, les coproduits étaient peu réutilisés, simplement dégradés ou transformés en alimentation animale. Pesk § Co a pour objet d’étudier les parties non-nobles du poisson, de définir et d’appliquer les procédés industriels pour extraire correctement les matières organiques intéressantes. Le projet concerne d’abord les salmonidés, avant de s’étendre à d’autres espèces, une fois le process éprouvé. Plusieurs partenaires sont regroupés : MerAlliance qui fournit les coproduits, leader français sur le marché des poissons fumés à marques distributeurs (son siège est à Quimper) ; Yslab, laboratoire quimpérois concepteur de produits d’hygiène et de santé à partir d’ingrédients issus des biotechnologies marines ; Diana, du groupe SPF, acteur scientifique et industriel dans la « pet food » (alimentation des animaux de compagnie) à Elven et Socofag, société rennaise de commerce international, notamment vers l’Asie. Sans oublier les partenaires universitaires : l’université de Bretagne occidentale (UBO) et le LEMAR (Laboratoire des sciences de l’environnement marin), basés à Brest. Sont réunis tous les acteurs clés de la filière, de la production du coproduit à la commercialisation des ingrédients qui en seront issus, en passant par leur transformation et la certification de leurs bienfaits. Montant total du projet : 5,44 millions d’euros.

De la médecine à l’alimentation

Pesk § Co est installé à la pépinière des innovations de Quimper Communauté, où il occupe des bureaux, un laboratoire et un espace pilote industriel. Les marchés visés ? Les applications biomédicales (notamment créer des structures moléculaires utilisables en chirurgie), l’alimentation animale et d’élevage, l’hygiène de vie et la santé humaine (fournir des éléments nutritifs adaptés aux différents âges de la vie, par exemple). « Nous espérons sortir les premiers produits d’ici six mois à un an », confie Marc Hémon, directeur d’Yslab. Le saumon contient des nutriments essentiels : oméga, polysaccharides, protéines, acides gras… « Le projet permet également d’assurer la sécurité alimentaire par des analyses régulières, ce qui est essentiel pour Yslab. Pesk § Co procurera des matières organiques de haute qualité et en quantité suffisante », précise Marc Hémon. Pour MerAlliance, si l’avantage est économique, il résulte d’une philosophie de développement durable. « Nous réalisons un bilan carbone depuis 2005. Or le saumon vient de loin, de Norvège en particulier. Et sur une tranche de saumon fumé, on « perd » 50 % du poisson. J’avais déjà réfléchi à la question d’une meilleure valorisation des coproduits, notamment pour l’alimentation animale. Pesk § Co est arrivé au bon moment », explique Vincent Gelamur, directeur des innovations chez MerAlliance. L’entreprise veut prouver qu’une production écologique peut être rentable : « Nous revendons le carton, les caisses en plastique ou les boues. Ce gain permet de faire baisser le coût du produit fini. C’est un cercle vertueux », relate-t-il. MerAlliance traite 8 000 tonnes de saumons chaque année, ce qui représente 2 500 tonnes de coproduits, dont une partie est déjà valorisée. Désormais, 1 500 tonnes seront consacrées à Pesk § Co.

Un projet ambitieux pour la Bretagne

Depuis vingt ans, de nombreux chercheurs se sont intéressés à cette matière, mais il était difficile de trouver des partenaires industriels en raison d’une ressource variable, de résultats scientifiques difficiles à transposer au niveau industriel… Si Pesk § Co concerne aujourd’hui le poisson d’élevage, le projet peut s’appliquer à la pêche. « Beaucoup de pêcheurs considèrent que leur métier est voué à fournir un aliment simple et direct au client : le poisson. Nous montrons qu’il est possible d’augmenter la valeur ajoutée et de mieux valoriser ce qui sort de l’eau pour, bientôt, pêcher moins mais pêcher mieux », indique Marc Hémon. Pesk § Co arrive dans un contexte de rareté de la ressource, de prix élevés et de forte demande d’ingrédients sains, naturels et de haute qualité nutritionnelle.

Agathe Trebern

Bretagne Economique N°219 Février-Mars 2013




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