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Anne-Marie Petit, codirigeante de la biscuiterie La Trinitaine à Saint-Philibert

Bretagne économique, le 09.02.2011

Anne-Marie Petit dirige en famille la biscuiterie La Trinitaine, entreprise créée par son grand-père en 1955. Depuis bientôt 25 ans, elle lui consacre l’essentiel de son temps, rendant difficile une frontière entre vie privée et vie professionnelle.

Et dire que c’est une erreur de recette qui est à l’origine du succès de la biscuiterie La Trinitaine « Mon grand- père, pâtissier à la Trinité-sur-Mer dans le Morbihan, s’est trompé dans le dosage des ingrédients et a confectionné, malgré lui, une pâte à gâteau sec. Ensuite, il a eu l’idée de la rouler à la main et ainsi est née La Trinitaine, la première cigarette à croquer. A l’époque, mes parents travaillaient déjà à ses côtés », raconte, pleine de tendresse et d’affection dans la voix, Anne-Marie Petit. Avec son regard scrutateur, elle cherche d’emblée à cerner son interlocuteur. Pas question de se mettre en avant, son témoignage doit refléter avant tout l’histoire familiale et donc celle de La Trinitaine. Celle-ci est devenue aujourd’hui un site industriel de 22 500 m² employant 140 personnes pour un CA 2010 de 32 millions d’euros. Membre de la 3ème génération, Anne-Marie Petit préside désormais, avec son frère Yann et sa soeur Gaëlle, aux destinées de l’entreprise.



« On n’avait pas d’argent de poche, on le gagnait »

« Je suis l’aînée et, dès l’âge de 11 ans, j’ai commencé à travailler avec mes parents, le soir après l’école mais aussi les week-ends et les vacances scolaires, poursuit Anne-Marie Petit, non pas par formatage mais tout simplement par esprit de famille. En 1973, j’avais 4 ans quand nous sommes venus nous installer à Saint-Philibert dans un bâtiment neuf de 2 200 m². La maison et l’entreprise ne faisaient qu’un et nous vivions dans l’usine. Très vite, la salle à manger a même dû céder sa place à un magasin car il fallait à tous prix faire rentrer l’argent. A cette époque, il n’était pas rare que mon père ne dorme que 2 heures par nuit. En voyant ainsi travailler nos parents, il était tout naturel qu’avec mon jeune frère nous cherchions par tous les moyens à les aider. C’était aussi la meilleure façon de passer du temps ensemble. » Ce pied, posé très tôt dans l’entreprise familiale, l’incitera à arrêter ses études au Bac. « A 18 ans, j’étais déjà tellement en immersion dans la vie professionnelle que j’ai décidé très vite d’intégrer l’entreprise pour aider à la comptabilité. Je sentais aussi combien les fins de mois étaient difficiles ! »Nous étions en 1990 et l’entreprise employait déjà une soixantaine de personnes.



Femme de dialogue

A 24 ans, Anne-Marie Petit met au monde Nicolas, bientôt suivi de Mélanie et Juliette, 3 enfants aujourd’hui âgés de 9 à 17 ans. Avec son ex-mari, ils se partagent leur garde. « J’adapte mon rythme de travail en fonction de cette garde alternée. La semaine où les enfants sont avec leur père, je travaille de 7 à 21 heures, de manière à être le plus disponible possible quand je les ai près de moi. Mon temps libre, je le consacre essentiellement au développement de l’entreprise. Par exemple, j’adore réfléchir avec mon frère à la création de nouvelles recettes. J’aime aussi concevoir et mettre en place des outils qui améliorent le quotidien de chacun. Enfin, naturellement portée vers le social et les relations humaines, j’essaye d’être à l’écoute des salariés. Même si sur ce dernier point, il m’a fallu prendre du recul. En ce moment (novembre au moment de l’entretien), nous préparons l’avenir, et nous sommes en pleine phase de création. Nous réorganisons l’entreprise en trois pôles et venons de recruter 3 cadres de direction pour nous seconder. Ils prendront leurs fonctions début 2011. Gaëlle, ma sœur cadette, pilotera les achats et le réseau de magasins, mon frère la production ainsi que le prochain laboratoire de R&D, et moi-même continuerai à diriger l’administratif et les finances avec en plus la communication et le marketing. On arrive à une taille d’entreprise où on ne peut pas rester dans le faire. C’est pourquoi nous mettons en place des échelons et une politique d’intégration des collaborateurs. Aujourd’hui, mon rôle est d’expliquer et réexpliquer pour faire comprendre aux gens notre projet », un rôle qui sied parfaitement à Anne-Marie Petit.



Yoga , plongée, déco …

Malgré ses 40 ans, cela fait bientôt 25 ans que la jeune femme travaille dans l’entreprise familiale. Cette expérience précoce des responsabilités professionnelles lui donne souvent l’impression d’être en décalage avec les personnes de sa génération. Aujourd’hui, elle veut aller à l’essentiel. « Le développement personnel m’intéresse beaucoup et je ressens toujours le besoin d’analyser et d‘expliquer pour avancer. » Dans une petite commune comme Saint-Philibert, on devine aisément l’enjeu économique et social que représente une entreprise de la taille de La Trinitaine. « Beaucoup de gens continuent à m‘appeler Marie car je reste quelqu’un de très accessible. Mais quoi qu’on fasse, on reste toujours « la fille de'. En conséquence, les réseaux professionnels auxquels je participe volontiers sont ceux où les gens ne me collent pas des étiquettes. Aujourd’hui, je privilégie les relations authentiques et surtout je ne veux plus qu’on décide à ma place. Sur le plan des loisirs, je pratique le yoga et la plongée, déjà quelque 500 heures passées sous l’eau. Avec François, mon conjoint, nous partageons la passion des bateaux en bois et celle de la déco, plutôt l’Ancien. Très créatif, il me donne des idées sur le plan marketing et me soutient dans mes projets', confie avec pudeur la dirigeante. Le terrain devenant plus privé, nous en revenons aussitôt l’entreprise. A l’évidence, c’est cette dernière qui l’a nourrie et construite. La jeune femme continue d’y puiser l’essentiel de son énergie.



L’amour du métier

« Mes parents restent mon modèle pour l’amour du métier et les valeurs qu’ils ont su me transmettre. Ils m’ont notamment appris le sens de la parole donnée. C’est une marque profonde de respect envers soi et envers les autres. Dans 10 ou 20 ans, je me vois toujours dans l’entreprise, entourée de gens qui auront un vrai plaisir à venir travailler. La société de demain passera par là. » Le conseil de direction de La Trinitaine est aujourd’hui composé de M et Mme Petit et de leurs 3 enfants. Anne-Marie ne le dit pas explicitement mais on devine qu’elle pense déjà au jour où la 4ème génération reprendra le flambeau. D’ailleurs, « tous mes enfants ont déjà travaillé dans l’entreprise », souligne-t-elle avec fierté. Ca passe d’abord par là, l’esprit de famille chez les Petit.



Véronique Maignant

Numéro 204 - décembre 2010 janvier 2011

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