Accueil > Archives > Sécurisation des approvisionnem

 


Sécurisation des approvisionnements et stratégies d’achat : interview croisée avec des dirigeants de PME : doués en la matière ?

Loïc Hénaff

 

Flambée des cours, rétention, spéculation... Plus que jamais s’approvisionner en matières premières ne s’improvise pas. Et pourtant, à écouter Loïc Hénaff, Dg de l’entreprise connue pour son pâté du même nom* et Gilles Bocabeille, dirigeant de Soreal Ilou**, rien de moins simple que réussir à bien planifier ses achats. De la décision de lancer sa propre production de poivre en Afrique, pour le premier... à une politique de sourcing qui trouve appui sur deux partenaires étrangers, pour le second, les pistes s’élaborent. Le tout au moment où les poules pondent moins !

 

BE Manifestement, en 2012, le sourcing en matières premières est devenu un sport de combat ?

 

-Loïc Hénaff (LH)

Ca n’est pas nouveau mais c’est vrai que cela fait quelques années maintenant que, toutes matières premières confondues, on observe une vraie volatilité, notamment pour les matières agricoles transformées. D’autant que les marchés sont très réactifs à l’offre, à la demande, aux diverses crises qui se déroulent dans le monde, mais aussi à la raréfaction de l’argent qui rend les échanges plus difficiles.

C’est « macro » ce que je vous dis là, mais on sent bien une circulation plus difficile et une tension très vive sur certaines matières et zones. Chez nous, par exemple, le porc que l’on a connu "bas" pendant longtemps est maintenant monté "haut" : en 2011, il a augmenté de plus de 14% ! Ca n’est peut-être pas assez pour les producteurs mais c’est énorme pour l’entreprise Hénaff.

Surtout qu’en règle générale, les augmentations de matières sont sans commune mesure avec l’inflation ! Juguler des hausses qui s’établiraient jusqu’à deux fois l’inflation resterait de l’ordre du raisonnable, du répercutable et pourrait se gérer.

Mais, dans la mesure où les hausses de certaines matières premières dépassent de très loin cette inflation, cela devient compliqué.

-Gilles Bocabeille (GR)

Nous achetons 11 millions d’euros de matières premières et cela représente 450 références. La 1ère d’entre elles c’est l’huile. Sans oublier le sucre, le vinaigre mais aussi beurre, yaourts, fromages blancs et tomates, pour évoquer les grandes familles.

Et nous avons encore tous les emballages : matières plastiques, cartons, etc. Chez Soreal, nous avons enregistré une hausse de nos matières premières d’environ 5% ce qui nous a fait perdre des points de marge brute puisque nous avons fait le choix de ne pas répercuter cette hausse de façon proportionnelle sur nos prix de vente.

 

-L.H

Pour être très franc, depuis 3 ans, rien ne baisse. C’est ça qui est nouveau !

Il y a 4 ans on a connu une forte tension sur les aciers - + 30% - pour nos boites de pâté. Les transformateurs eux-mêmes étaient coincés, pris en tenaille, et certains ont beaucoup souffert. Cela dit, ça s’est un peu calmé car la demande est moins forte dans la construction ou l’automobile. Mais on a besoin de carton, de plastique, d’énergie… de tout ! Le gaz, industriel comme agroalimentaire, a augmenté très fortement.
En fait la tendance n’est pas à de très fortes hausses mais à des hausses partout. Avec une vraie observation chez nous. Concrètement, le surcoût d’une boîte de pâté Hénaff, est sans cesse variable : entre 4 et 10%.

 

Propos recueillis par Serge Marshall

Bretagne Economique n°214 Mai 2012




le dernier numéro

Découvrez vite le dernier numéro !!

JPEG - 215.1 ko

Le palmarès des entreprises bretonnes

Découvrez la 28 ème édition du Palmarès des entreprises bretonnes : hors-série-Edition 2016/2017

Hors-Série

Les entreprises bretonnes à la conquête de l’international


Portraits