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Relations Commissaires aux Comptes et PME : « Nous ne sommes pas un gendarme ! »

Missionné par la loi pour intervenir dans l’entreprise, le Commissaire aux Comptes a certes pour rôle de certifier - ou pas - les comptes de celle-ci. Mais c’est aussi un homme, ou une femme, qui se tient à la bonne distance. Ni conseil... ni radar, ce professionnel n’est pas là pour « juger » mais pour anticiper aux côtés de la PME-PMI les dangers qui peuvent la menacer. Rendez-vous avec Hervé Depouez, Président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Rennes. A ses côtés, Yves Oger, co-gérant de Fybolia (56).

BE Avec cette crise qui n’en finit pas de s’éterniser, n’êtes-vous pas, plus que jamais pour l’entreprise, une sorte de vigie ?

Hervé Depouez

Le rôle classique du Commissariat aux comptes consiste à se prononcer sur les comptes des entreprises avec des missions complémentaires dévolues par la loi. Mais nous avons aussi pour mission, en effet, d’attirer l’attention du chef d’entreprise sur certains phénomènes qui lui sont propres ou qui sont liés à un contexte général.

C’est pourquoi, dans sa fonction, existe la procédure d’alerte… à entendre ici dans un sens positif et non pas de sanction ! Celle-ci consiste à dire aux patrons de PME : « attention ! Votre outil de travail vieillit, votre clientèle aussi, vous êtes confrontés à une concurrence nouvelle... ». Notre procédure d’alerte est avant tout là pour anticiper les difficultés qui peuvent survenir dans 6 mois, un an ou deux.

BE De votre côté, Yves Oger, jugez-vous pertinent d’être ainsi « alerté » par votre Commissaire aux Comptes…

Tout à fait. Il faut savoir qu’on a connu des croissances fortes régulières. Financièrement, il faut les " avaler ". A titre d’exemple, notre Commissaire aux Comptes s’est toujours montré très vigilant sur les règlements de nos clients et nous a conseillé sur l’assurance-crédit : nous en avions souscrit une, avant de s’en passer… D’accord sur le principe, il a ensuite requis que nous soyons extrêmement pointilleux sur ce que nos clients nous doivent.
Aujourd’hui, nous sommes en alerte sur un autre point : celui de notre gestion de stocks. Elle n’est plus adaptée à la taille de notre entreprise et il est devenu essentiel de nous pencher sur de nouvelles solutions. Notre commissaire aux comptes insiste, veille à ce que nous rattrapions notre retard en la matière. Aujourd’hui, l’entreprise compte 100 salariés répartis sur 2 sites de production, à Saint-Malo des Trois Fontaines et Guillac ainsi qu’une salle d’exposition à Josselin. Nous sommes fabricant de menuiseries aluminium et PVC et avons réalisé en 2011 un CA consolidé de 10,7 millions d’euros en hausse de 19 %.

 

BE-Auprès de qui intervenez-vous, tant en volume qu’au regard des statuts ?

HD

La Compagnie de Rennes, qui a fêté l’an passé ses 40 ans, est la 5ème Compagnie au plan national en termes de taille, avec environ 720 confrères et consœurs répartis sur les 5 départements de la Bretagne historique. C’est donc une compagnie relativement importante qui reflète assez bien l’activité du territoire : on constate en effet, au regard de la répartition géographique de notre clientèle, que 2/3 se trouvent sur les 4 départements bretons et 1/3 sur la Loire Atlantique où, en effet, l’activité est supérieure à ce qui peut s’observer dans le Finistère ou dans les Côtes d’Armor.

Nous intervenons auprès des Sociétés anonymes - c’est un caractère obligatoire -, mais aussi auprès d’un grand nombre de SAS puisque la plupart dépassent les seuils exigés ou prévus par la loi, idem pour un certain nombre de Sarl... En fait, nous suivons assez bien la typologie de l’entreprise française : bien sûr il existe de grandes entreprises auditées par des cabinets internationaux, mais le champ d’intervention du commissaire aux comptes, c’est l’entreprise moyenne bretonne, de 10 à 50 personnes, voire 100 salariés. Nos seuils d’intervention sont les suivants : Pour une SAS, nous intervenons à partir de 20 salariés et pour un CA minimum de 2 millions d’euros. Dans le cadre d’une SARL, ces seuils sont respectivement de 50 et 3,1 millions d’euros.

Propos recueillis par Serge Marshall

Bretagne Economique Septembre 2012 






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