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Les normes : opportunités de marchés

Jean-Pierre Paviot, dirigeant de Buro Expansion Credit Photo G.SALIOU

Un peu de pédagogie s’impose.

Une norme se définit comme « un document de référence, approuvé par un organisme de normalisation reconnu, définissant des caractéristiques et des règles volontaires, applicables aux activités. Elle est issue d’un consensus entre l’ensemble des acteurs d’un secteur ». Une définition plutôt restrictive, pour un mot compris, dans le langage commun, comme l’ensemble des règles qui encadrent ou contraignent l’activité économique. 
« Il est facile de se perdre dans le maquis réglementaire, reconnaît Alexandre Colomb, responsable de l’Arist Bretagne, mais les normes ont pourtant une vraie utilité, qu’il s’agisse de définir un langage commun entre producteurs, utilisateurs et usagers, de préciser un niveau de qualité, de compatibilité et de sécurité, ou encore de cadrer les relations d’affaires ».

Prenons exemple dans l’industrie agroalimentaire : ECLOR, branche boissons (cidre et jus de fruits) d’Agrial, à Domagné (150 millions d’euros de CA et 550 salariés).
Comme l’explique David Cassin, Directeur Qualité Sécurité Environnement, « en alimentaire, la réglementation est très complète et complexe. Elle fait parfois directement référence à la norme, elle peut aussi prendre sa place. Par exemple, pour les jus de fruits, il existe un code d’usage, validé au plan européen, et utilisé comme une norme.
Il existe aussi des normes, en théorie non obligatoires, dans l’organisation de la qualité : ISO 9001 (qualité), 14001 (environnement), 26001(RSE), 18001 (sécurité des personnes) et 22001 (spécifique sécurité des aliments).
De plus, pour avoir accès à la distribution, il faut respecter des référentiels comme IFS, développé par la France et l’Allemagne ou BRC (pour le marché anglo-saxon). On peut intégrer des standards spécifiques si on travaille avec des clients comme Mac Donald’s ou Mark & Spencer’s.
Les signes officiels de qualité permettent aussi de protéger ses produits : l’AOP (appellation d’origine protégée), l’IGP (indication géographique protégée) ou la STG (spécialité traditionnelle garantie) répondent à un cahier des charges reconnu par l’Europe et publié au Journal Officiel.
Il faut arriver à garder sa lucidité face à ce mille-feuilles, être sûr que s’engager dans une démarche est profitable. Parfois, être trop en avance sur les normes peut mettre en péril la compétitivité. Mais il est intéressant de participer, au moins par sa fédération professionnelle, à l’élaboration des normes. Le temps qu’on y consacre permet de connaître l‘environnement concurrentiel, d’échanger et de se rassurer sur ses pratiques et ça fait avancer les dossiers qui défendent les intérêts de la profession ».

Accéder au marché

Concepteur et fabricant de mobilier de bureau pour les professionnels, Buro Expansion, (Auray-56) emploie10 salariés et doit obtenir la certification de sa gamme pour défendre sa place sur le marché français : « Nous sommes engagés depuis deux ans dans la certification NF bureau sécurité confortique (NF ameublement) et NF environnement car nous travaillons exclusivement sur le marché français. Nos produits sont bons, mais la norme est indispensable pour rester dans la course et pour répondre aux appels d’offres sur les marchés publics. La démarche nous a permis de structurer l‘entreprise autour du projet. En contrepartie, il a fallu débourser 40 000 euros, pour les essais dans des laboratoires indépendants, et consacrer du temps pour monter un dossier. On n’a donc pas les moyens, quand on est une petite entreprise, de tout certifier », souligne Jean-Pierre Paviot, dirigeant.

 

Clotilde Chéron

Bretagne Economique Juin-Juillet-Août 2012




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