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Filière Algues en Bretagne

L’algue, nouvel « or vert » ? Entre une bio-raffinerie inaugurée à Plouénan-29, directement exploitée par le nouveau consortium ULVANS (pour ULves VAlorisation Nutrition Santé), l’agrandissement annoncé de son usine par Cargill, ou encore la maîtrise de certaines entreprises dans sa valorisation à des fins cosmétiques, on pourrait le croire. Reste son exploitation à des fins alimentaires… pour l’homme. Le point sur ce « serpent de mer » qui tarde à faire son nid dans nos assiettes avec Olivier Bourtourault, dirigeant d’Aleor (Lézardrieux-22), Chantal Deschamps, Directrice du cluster Produits de la Mer Nutrition Santé, Pierre Karleskind, Vice-Président Mer à la Région Bretagne et Marc Danjon, directeur du CEVA.

Bretagne Economique - Les algues, dégustées comme « légumes de la mer » en Asie et trop souvent ravalées ici au rang de « salade » verte qui pollue nos rivages. De quoi être déprimé ?
Marc Danjon
- Je ne sais pas s’il faut opposer les choses ainsi… Le fait est qu’on a un souci en Bretagne mais aussi dans certaines régions, voire dans le monde, avec la prolifération des algues vertes. En revanche, quand on parle de légumes de la mer : effectivement les quantités consommées, essentiellement en Asie, sont importantes, mais le souci en France, c’est qu’on n’en a pas assez pour satisfaire les marchés, même faibles.
Demander aux entreprises spécialisées en algues alimentaires et vous verrez qu’elles sont toutes en déficit de matières premières et ce, depuis plusieurs années. Elles font, ou de la cueillette d’algues bretonnes, ou de l’importation d’algues, dont on ne sait trop sous quelles « étiquettes » elles sont vendues… Et ces entreprises n’ont jamais pris le taureau par les cornes pour développer de la culture.

Olivier Bourtourault - Non, notre marché a énormément progressé. Avec une précision : au début, quand on s’est lancés dans l’aventure, nous avons d’emblée été attentifs à développer le marché de l’algue alimentaire par la culture... Au début, on nous prenait pour des fous ! On maitrise maintenant, depuis notre écloserie, toute la chaine de production. Mais le problème n’est pas de trouver des marchés mais des capacités de production ! Et pour cela il faut avoir accès à des surfaces en mer : les concessions...
Et c’est là que le bât blesse !
Pour l’instant, nos clients sont essentiellement des entreprises qui revendent les algues sous forme de produits directement conditionnés. On leur vend des "paillettes", qui sont intégrés ensuite dans des recettes par le particulier au même titre que des légumes ou des épices. Nos clients, très localisés dans l’Ouest, sont en effet dans l’IAA à ceci près qu’ils conditionnent plus les produits qu’ils ne les transforment.

BE - Chez Aleor, vous disposez de quelle surface en 2013 ?
Olivier Bourtourault

On n’a "que" 7 hectares et actuellement, depuis Paimpol, je fais des demandes en vue de nous étendre auprès des Affaires maritimes. Ce sont elles qui peuvent accorder des concessions et ça n’est pas simple, croyez-moi ! Globalement, le système de gouvernance français des zones en littoral est complexe avec, il faut le dire, une relative méconnaissance des références scientifiques.
Par exemple, IFREMER m’a confirmé que les macro-algues ne sont pas vraiment leur sujet de prédilection. Par conséquent, dans cette ambiance, les uns et les autres "ouvrent leur parapluie".
En plus, côté administratif, il faut faire preuve d’imagination : beaucoup de choses se "superposent" en mer, des zones Natura 2000, d’exception, classées...

Propos recueillis par Serge Marshall

Bretagne Economique - N°224 Octobre-Novembre 2013




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